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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Affiquet

Objets pour les dames
Qui sait encore à quoi sert un affiquet? 
Allez une petite aide : le mot « affiquet » possède une double définition. 
Il peut s’agir d’un petit bijou qui se fixait sur le corsage, le chapeau ou la toilette d’une dame.
Dans ce cas précis, le mot « affiquet » est un brin péjoratif, il est assimilé à « babiole de mauvaise qualité, peu chère, clinquante et vulgaire », comme un colifichet.
La définition qui nous intéresse aujourd’hui est celle qui suit : « petit objet que l’on place au bout des aiguilles à tricoter, souvent suspendu au cou de l'ouvrière et dans lequel elle insère les deux pointes de celles-ci, pour ne pas perdre ses mailles et ainsi mettre son travail en attente ».
Sur Internet, on trouve aussi : « petit ustensile affectant la forme d'un sabot lilliputien, que les vieilles femmes attachent à leur ceinture, et au fond duquel elles appuient le bout d'une de leurs aiguilles à tricoter, celle que dirige la main droite », 1908.
D’après le Larousse Encyclopédique, il s’agirait d’un : «  protège-pointe de buis ou de matière plastique utilisé dans le tricot à la main pour empêcher les mailles en attente de glisser des aiguilles où elles sont montées ».
Extrait du site : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/affiquet
 
Ce petit « capuchon » ainsi stratégiquement placé permet d’éviter de faire glisser le tricot déjà constitué en perdant les aiguilles : il empêche de perdre ses mailles montées en les retenant par le poids du tricot.
Fixé sur le côté droit pour une droitière et inversement pour une gauchère, l’affiquet pouvait se fixer au moyen d’une épingle ou se pendait autour du cou. Dans ce cas, il est alors doté de deux trous pour y glisser un petit lien, passé autour de cou. Certains modèles se fixent à la ceinture, eux sont alors munis d’une encoche.
Il semblerait aussi qu’il pouvait servir à caler la base de la quenouille, mais je n’ai pas pu confirmer cette information.
L’affiquet fait partie des présents d’amour : il était réalisé, sculpté et décoré par le fiancé, qui l'offrait à l’élue de son cœur, en guise de cadeau de fiançailles. Les cadeaux étaient autrefois très souvent utilitaires et utilisés!
De nombreux marins ont sculptés de petits affiquets dans des os de cétacés ou de l’ivoire marin.
Ces objets bien particuliers appartiennent à la famille des scrimshaw : objets sculptés par les marins lors des campagnes de pêche.
Ce petit ustensile peut être en différents matériaux : bois, liège, métal, os et ivoire. Certains sont même polychromes et marquetés. Les amateurs recherchent aussi de ravissants modèles en noyaux !
Les formes sont très variées : sabot, botte, bouteille, buste féminin, gland, divers animaux comme l’oie ou le chamois, la baleine, la mouette, ...
Certains sont en deux parties reliées par une chaînette ou un ruban.
Ils sont soit droits soit légèrement courbes et mesurent entre 2/3 cm jusqu’à 10 cm de long... et jusqu’à 25 cm dans des rares cas. Ils sont en général peu larges et peu épais.
Issu des travaux paysans féminins, l’art du tricot est arrivé dans les boudoirs des maisons bourgeoises, ce qui explique que certains affiquets soient réalisés dans des matériaux nobles, comme l’ivoire.
Les affiquets se trouvent en France mais aussi partout en Europe. La Grèce est un vivier de beaux modèles ! Il existe en outre de superbes collections d’affiquets en Angleterre.
Très utilisé dans le Yorkshire dans les années 1800, il permettait aux tricoteuses, d’accroître leur rapidité et de ne pas emmêler le fil de laine. Elles vendaient par la suite leurs ouvrages, réalisés le soir en dehors de leurs heures de travail, pour arrondir leurs fins de mois.
Amis puristes et les chauvins, ouvrez l’œil ! En effet, il y a beaucoup d’affiquets étrangers sur le marché français. 

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