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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Barrière de lit

Objets du quotidien
La barrière de lit, appelée en Lorraine, « servante de lit », est la complice des lits mi-clos.
Ce petit meuble mobile, le plus souvent fabriqué par son propre utilisateur, appartient à la famille des meubles dits « de protection ».
 
Il s’agit d’une petite barrière de forme rectangulaire, en bois, faites de deux montants, d’autant de traverses et de deux ou quatre montants intermédiaires. On la glisse puis la coince contre la façade ouverte d'un lit mi-clos, bloquée par le sommier ou la paillasse, à l'intérieur, pour empêcher les enfants de tomber du lit et la literie de se déplacer.
Ce type de barrière de lit fut employé dans les régions utilisant les lits clos ou mi-clos : à savoir l’Auvergne, le Dauphiné et la Lorraine, pour les principales.
 
La facture de ces meubles est toujours très simple, les montants et les barreaux sont soit tournés soit droits
L’ensemble était chevillé ou cloué avec des clous en fer forgés.
Les essences employées sont : le chêne, le châtaignier, le noyer, le charme, avec souvent plusieurs essences présentes sur une seule barrière.
Les décors rencontrés sont végétaux ou présentant des rosaces, des frises tournoyantes, des chevrons décalés et opposés, mais aussi des motifs géométriques ou religieux. Elles peuvent être monogrammées et datées.
Le tournage du bois en lécythe, en bobine, en chapelet fait souvent office de décor.
 
En moyenne, une barrière de lit mesure 50 cm de haut et 80 cm de large.
LE LIT MI-CLOS
 
Un lit mi-clos est un meuble imposant. La couche est enclose dans un meuble en forme d'armoire profonde juchée sur quatre hauts pieds. Le lit est ainsi placé en hauteur pour éviter l'humidité due au sol en terre battue.
Ce type de lit est fermé de tous côtés par des panneaux de bois, ajourés ou non, décorés ou non, sauf au en façade, ce qui constitue l’entrée.
Elle est occultée par un épais rideau, qui empêche le vent et l’humidité de rentrer, tout en maintenant une relative chaleur lorsque quelqu’un dort dedans.
 
Le lit clos et son cousin le mi-clos se rencontrent partout en France au XIXème siècle.
Les premières traces d’un meuble se trouvent en Bretagne, dès le XVIIème siècle et il est l’héritier en droit ligne des cabines des bateaux des pêcheurs du Nord, où l’on cherchait à se protéger de l’humidité froide.
Le fond, constitué d’un plancher en bois, est tapissé d’une paillasse faite de matières naturelles.
Dans le Forez, la paillasse est composée de balles d’avoine, elle prend alors le nom de « ballofière » (« baloffa » est le nom de l’avoine). La paillasse peut aussi être composée de feuilles de maïs, de blé, de foin ou de paille (dont dérive le mot « paillasse »), de copeaux de bois, de fougères, de feuilles de châtaignier, … le tout enveloppé dans un drap de chanvre ou de bure, pour éviter que ces matières naturelles ne grattent trop. Ces matériaux, sains mais rustiques, avaient l'avantage d'absorber l'humidité et d'isoler des sols froids.
Ces couches bon marché se changeaient deux à trois fois par an et il fallait tous les matins les battre pour leur redonner forme.
Par-dessus, on disposait un matelas de plumes, sur lequel on dormait.
Les plus aisés se couchaient dans un lit garni d’un matelas de laine, recouvert d’un drap et d’un édredon de plume d’oies, avec en prime des couvertures de laine et de coton.
Les matelas de laine et de crin animal voient le jour après la guerre de 14-18.
 
« L’inconvénient du lit clos, c’est qu’il n’est pas facile d’y mettre de l’ordre, étant donné qu’on ne peut pas tourner autour de lui, qu’il soit aligné entre d’autres meubles ou qu’il occupe un coin. » C’est certainement ce qui a causé la perte des lits clos et mi-clos, en plus du courant de l’hygiénisme, qui a permis de nombreuses avancées médicales et sanitaires dès le milieu du XIXème siècle.
 
Bon à savoir : les médecins du Moyen Age spécialisés en « litologie », science de la literie,  recommandaient la plume pour l’hiver, la laine ou le coton pour l’été, recouvertes de draps, couvertures, fourrures et autres courtepointes.
 
Les photos portant une *, sont issues du site : www.art-populaire.fr
Je remercie Monsieur Ziegler, propriétaire du site et des objets, pour son aimable autorisation à reproduire ses clichés.
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