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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Bassinoire

Objets du quotidien
Lit clos savoyard
La bassinoire…
Qui n’en n’a pas vu chez une grande tante, chez ses grands-parents, ou remisée dans un grenier ?
Il n’y a pas si longtemps, les draps étaient bien plus épais car réalisés en lin, en coton ou en métis et ils devenaient facilement humides lorsque la pièce n’était pas chauffée.
Franchement, quelle horreur de se glisser dans un lit froid et moite !
La bassinoire est donc l’outil indispensable des mois hivernaux, c’est l’aide précieuse qui permet de réchauffer les draps et la literie.
 
La bassinoire est une sorte de grande poêle circulaire couverte munie d’un long manche. Le bassin est rempli de braises incandescentes. L’usage en est simple : elle était passée entre les draps et la literie pour à les réchauffer, d’où l’utilité du long manche pour aller jusqu’au fond du couchage.
Le couvercle, fixé au corps par une charnière, est repercé de nombreux trous qui permettent à la chaleur se diffuser.
Vous l’aurez donc déduit, c’est une lointaine cousine des chaufferettes.
Sus à ceux qui croient que l’on mettait de l’eau chaude dans le réceptacle : ils forcent celui qui s’en servait à être fort adroit pour ne pas inonder le lit !
C’est au XVème siècle qu’elle fait son apparition et c’est au XVIIIème qu’elle devient un objet incontournable car il y a à cette époque une nouvelle notion qui se répand : le confort !
Cet ustensile précieux a été employé dans toute la France, même dans les régions méridionales.
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Les bassinoires sont principalement en cuivre jaune ou rouge.
Il en existe cependant en fer, en laiton, en étain, en bronze ou en céramique et plus exceptionnellement en argent (voir illustration ci-dessous : bassinoire de la Reine Marie Antoinette).
La bassinoire en céramique se reconnaît par un gros rebord arrondi et elle possède un couvercle libre.
 
Le couvercle est plat mais peut aussi être bombé. Il s’orne de divers motifs décoratifs du plus simple et courant au plus raffiné et élégant. Ce sont ces bassinoires-ci, avec un décor joliment travaillé, parmi une foultitude d’autres très communes, qui sont les plus recherchées.
Le décor est obtenu par gravure au burin, martelé ou repoussé, les motifs sont toujours repercés afin de permettre une bonne aération de la braise.
 
Parmi un vaste ensemble de bassinoires toutes plus semblables les unes que les autres, il existe le modèle provençal qui est plus particulier et donc identifiable.
Il s’agit d’une bassinoire à long manche, sa cuve est plus profonde, un peu comme un pot et elle ne possède pas de couvercle mais un système de double U inversés en fer forgé fixé sur les bords qui évide que les draps soient mis en contact avec la braise.
Un autre modèle est reconnaissable : il s’agit du modèle dit Louis XIII. Il est composé d’une cuve plus profonde que les bassinoires classiques et dont la bordure est repercée de gros trous. Ce modèle est lui aussi dépourvu de couvercle.
 
La bassinoire, comme beaucoup d’objets anciens et de surcroît régionaux, possède divers noms : « rechauffoir de lit », « bassinoelle », « chauffe-lit » et plus lointainement « escau-leytet », « eschauffelit » ou « escaufelit » qui furent usités au XVIème siècle.
 
Dans le Bordelais ou la région gasconne, divers inventaires mobilier du XVIIème siècle ont permis de découvrir que la bassinoire fût longtemps un nom masculin, donc sans E final, soit : un bassinoir.
 
En 1770, Granchez importa chez nous la bassinoire anglaise. «Cette bassinoire, écrivait-il au Mercure Galant, reçoit la chaleur de l’eau chaude qu’elle contient ; elle est fermée hermétiquement et n’est, par conséquent, point sujette à laisser dans le lit aucune impression de moiteur. Sa chaleur se conserve plus longtemps et peut ainsi servir pour plusieurs lits.» Ce système fut inventé pour palier le manque de bois de chauffage en Angleterre et prévenait des potentiels incendies.
 
En ce qui concerne les prix, bonne nouvelle, voilà un objet ABORDABLE !
Et en plus, elles sont nombreuses à être dans un excellent état car, devenues objets décoratifs, elles ont été prudemment préservées des mauvais coups.
 
Et pour finir, vous ne vous êtes jamais demandé d’où venait l’expression « bassiner quelqu’un » ? C’est une simple allusion aux allers et venues de l’objet sous les draps, c’est donc agacer quelqu’un en revenant à la charge…

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