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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Battoir à linge

Objets pour les dames
La corvée du lavage du linge
Le battoir à linge est constitué d’une épaisse plaque de bois, souvent trapézoïdale, mais aussi rectangulaire, ronde, ovale, cordiforme, allongée, plus ou moins épaisse, prolongée par un manche plutôt court. C'est un objet monoxyle : c'est à dire réalisé que cet outil est sculpté dans un seul morceau de bois.
Il servait, comme son nom l’indique, à taper le linge mouillé pour désincruster les tâches et le laver en profondeur.
Le battoir s’employait pour la lessive « coulée », qui fut en usage jusqu’à la fin du XIXème siècle.
C’est la dernière phase de du grand nettoyage du linge qui voit l'utilisation du battoir à linge. Cette étape est la plus fatigante et elle avait lieu deux fois par an : une fois à la Saint Jean et une autre fois en septembre.
 
Le battoir à linge appartient à la famille des « présents d’amour » : il pouvait être offert comme cadeau de fiançailles ou de mariage car il était considéré comme des instruments nécessaires au jeune ménage, enfin, uniquement à la jeune épouse !
Le fiancé pouvait soit le fabriquer lui-même ou l’enjoliver une fois acheté, en l’ornant de motifs liés à l’amour (cœur, colombe, initiales, arbre de vie, un autel de l’Amour ou un temple de l’Amour …) pour sa belle et sur une seule face du battoir.
Les battoirs, tout comme les quenouilles, les fuseaux, ainsi que les passettes et les plioirs étaient ainsi offerts au moment de l'engagement amoureux et de l'accord des parents à cette future union.
Le battoir offert dans un cadre amoureux prend alors le nom de « battoir de mariage ».
 
Nombreux sont les battoirs décorés, sans être toutefois des présents amoureux, et certains sont même peints ce qui implique qu’on ne les utilisait pas.
Il existe une grande multitude dans les décors sculptés ou gravés : rosaces, chevrons, croix, symboles religieux (monogrammes INRI ou IHS, ou encore ostensoir), dédicaces avec le nom de la fiancée libre ou dans un cartouche, initiales, représentations animales, formes végétales, fleurs libres ou en pots comme des tulipes et des roses, arbres de vie, motifs géométriques,…
 
Dans le Lyonnais, le battoir s’appelle un « batillon ».
Il peut aussi prendre le nom de « bat-drap ». On l’appelle plus communément aussi «tapoir» ou « tapette » dans le Mâconnais. La lavandière mettait le linge en boule et « tapait » dessus avec une grande énergie : elle tapoueillait !
 
Un battoir à linge mesure entre 30cm et 45 cm de long, pour les plus grands modèles.
Ils étaient réalisés en bois de noyer, de frêne, d’orme, de hêtre ou un tout autre bois fruitier.
Il s’en est fait en Bretagne, en Alsace, dans les Alpes provençales, dans la vallée de la Loire, en Auvergne, en Lorraine et un peu partout en Europe centrale. Les plus recherchés, pour la finesse et la qualité de leur décor, sont ceux provenant d’Alsace.
 
En achetant un tel objet en bois, faites attention aux vermoulures et aux piqûres d’insectes xylophages!
 
Pour tout savoir sur la lessive coulée, je vous invite à lire l’article sur les « cuviers à lessive ». 

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