Nous utilisons des cookies pour garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser celui-ci, nous considérons que vous en acceptez l'utilisation. plus d'informations
fr
Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
Menu
Rechercher un objet

Bénette

Outils et instruments des métiers d'autrefois
Son autre nom est le « cassa-cou* » ou « bénéton ** » est une sorte de courte hotte de grosse paille, d’osier et de lamelles de bois fixée à l’extrémité de deux longs manches que l’homme cale sur son cou et ses épaules pour porter le fumier, des sarments de vigne, du raisin, remonter la terre … dans les terrains en pente !
La bénette est utilisée dans les régions montagneuses comme en Savoie, Haute-Savoie et dans tout le reste de la vallée du Rhône.
Il existe plusieurs tailles de bénettes et même des modèles enfants !
Pour le porter, l’homme se couvrait la tête et les épaules, à la fois pour amortir la charge mais aussi pour ne pas se salir.
 
Voici un complément d’information trouvé sur un site dont l’adresse est en dessous. Je vous invite vivement à le visiter car il présente de belles photos de la réalisation d’un bénéton (Haute-Savoie).
 
*Cassa-cou nm. (Albanais, Bauges pays de la Haute-Savoie) : casse-cou. Hotte en osier (portée dans le dos, soutenue sur les épaules par deux longs bâtons qui viennent se rejoindre en avant du corps) qui sert à remonter la terre dans les champs ou les vignes. Syn Bénette.
 
** « Ce qu’est le bénéton ?
Le bénéton ou « casse-cou » est une sorte de grand panier à large ouverture, porté‚ sur les épaules, et maintenu de chaque côté de la tête par deux bras de bois. Dans les terrains à forte pente, là où le cheval ne peut grimper, dans les côtes où la charrue, à chaque labour, pousse la terre vers le bas, il est indispensable de remonter cette terre au sommet du champ. On utilisait alors le « bénéton ». On s’en servait aussi pour transporter le fumier.
En lire plus
Le « bénéton » se compose de trois grandes parties :
-« les montants »
-« le coussinet » (morceau de bois de forme convexe qui vient se positionner dans le cou et sur les épaules)
-« les palettes » qui seront garnies d’osier ou « avan ».
 
Pour exécuter les montants, on préfère, dans la mesure du possible, choisir de petits « darbelo » (petits sapins) car ils assurent une meilleure solidité. Le « coussinet » est réalisé en fayard (hêtre), à l’aide de la hache, de la scie à chantourner et du « couté pariu » (plane). Les trous sont percés avec la « taravale ».
Le « gadon » (billot de bois) est fendu à l’aide du « fer essanliu » (fer à fendre les ancelles ou tavaillons). Les planchettes obtenues, de 40 cm de longueur et 1,5 cm d’épaisseur, sont d’abord dressées à la hache, sur un plot et taillées pour obtenir des « palettes » de 5 cm de largeur environ.
Ces palettes sont ensuite affinées sur le « ban du leu » (banc du loup) avec le « couté pariu » (plane). Chacune des palettes est taillée en son extrémité, au couteau Opinel, en forme de cheville pour permettre l’assemblage. Elles sont aussi façonnées en fonction de leur position (bords droits ou en biais) afin qu’elles puissent adhérer parfaitement au « coussinet », et affinées pour laisser un intervalle suffisant permettant le passage de l’osier. Une fois bien ajustées, les palettes sont fixées au « coussinet » à l’aide de coin en bois.
L’osier est un saule de petite taille. Il en existe plusieurs variétés, de différentes couleurs. On l’appelle en patois « avan ».
Les branches d’osier sont coupées à l’automne. Une fois cueillies, elles sont effeuillées et mises à sécher à l’ombre. Pour les travailler, il est nécessaire que les brins d’osier soient parfaitement secs, car, comme le bois, l’osier se déforme en perdant son humidité. Par contre, le moment du travail venu, il est indispensable de les tremper pour qu’ils retrouvent toute leur souplesse (huit jours à trois semaines suivant la température de l’eau). Un temps de trempage trop prolongé risquerait de les abîmer.
Les brins d’osier sont passés entre les palettes, en commençant à l’extérieur du « bénéton », par l’extrémité la plus fine. On termine par l’extrémité la plus épaisse, toujours à l’intérieur du « bénéton ». Les brins d’osier s’entrecroisent pour combler l’espace laissé libre entre les palettes. Les brins trop épais peuvent être affinés au couteau.
Lorsque la carcasse a été garnie sur une hauteur de 8 cm environ, on ajoute, sur les côtés, les palettes supplémentaires, en forme de pointe. On a pris soin au préalable de leur faire une encoche pour permettre aux brins d’osier de les maintenir bien en place.
Les palettes sont retaillées en longueur, si besoin est, et arrondies. Chaque extrémité supérieure est percée d’un trou, à l’aide d’une pointe rougie par le feu (une mèche risquerait de fendre le bois). C’est dans ces trous que seront passés les derniers brins d’osier qui achèvent le travail. »
 
Extrait du site : http://www.la-giettaz-patrimoine.org
 
Autre source : Architecture et vie traditionnelle en Savoie, Marie-Thérèse Hermann, Berger-Levrault

Galerie photos