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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Bocal à sangsues

Objets de la médecine et la pharmacie
Rare bocal à sangsues
La pêche à la sangsue, une rude épreuve!
 
La pêche à la sangsue était un travail de jeunes filles car peu de jeunes gens acceptaient les difficiles conditions de pêche!
Appelée « pêche au sang », cette activité était mal considérée car seules les miséreuses pêchaient la sangsue, dans le but de gagner trois sous.
Ce travail, répugnant pour certains, était alimentaire pour d’autres.
 
La sangsue ne se mange pas bien sûr, elle est pêchée pour ses vertus médicinales : autrefois on s’en servait pour faire des saignées et ainsi purger le mauvais sang ou les « mauvaises humeurs ». Aujourd’hui, elles sont parfois utilisées dans certains cas de greffes pour leurs propriétés anticoagulantes, anti-inflammatoires, vasodilatatrices et anesthésiques.
Ses différentes qualités médicinales sont connues et employées depuis l’Egypte Ancienne.
Un seul chiffre donne l’ampleur de la culture et de l’usage de la sangsue en France : à la fin du XIXème siècle, plus de cinquante millions de sangsues médicinales peuplaient les mares et les étangs français et plus de la moitié a été pêchée et a fini sa vie dans un bocal !
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Les sangsues se pêchent de deux manières. 
 
1-Le première consistait à fixer une boite de conserve repercée de trous à une canne et à racler la vase pour les y déloger. Cette méthode n’est pas la plus efficace pour les attraper en nombre et surtout elle nécessite un petit outillage, que les plus désargentées ne pouvaient pas de procurer.
2-La seconde technique de pêche est plus « naturelle ». Il suffisait à une pauvresse de retrousser ses jupes et de s’enfoncer dans l’eau jusqu’au genoux, en piétinant sur place.
Les sangsues venaient se fixer sur ses jambes pour sucer le sang.
D’ailleur, il arrivait fréquemment qu’une jeune demoiselle tourne de l’œil, affaiblie par la quantité de sangsues au travail !
La morsure de la sangsue qui se fixe sur la chair est équivalente à la douleur d’une piqûre.
La blessure cicatrise mal et reste douloureuse longtemps.
La plupart des pêcheuses de sangsues devaient se soumettre à leurs parents et ne pouvaient pas refuser de pêcher.
 
Lorsque le nombre de bêtes collées était jugé suffisant, la pêcheuse sortait de l’eau, s’asseyait et frottait les sangsues de cendre ou avec un grain de sel ou encre avec du jus de tabac pour les faire se décrocher.
Le produit de la pêche était ainsi directement proposé au pharmacien, qui les revendait parfois au médecin.
Elles étaient alors triées en fonction de leurs taille : les « sangsues-vaches » étaient les plus grandes et pesaient de 4,5 à 12 grammes et les plus petites étaient les « sangsues-filets ».
Lorsque le médecin voulait faire une application de sangsues, il les choisissait de moyenne grosseur et les laissait jeûner quelque temps avant de s’en servir.
 
Le pot et le bocal à sangsues
 
L’usage et la conservation des sangsues induit la création d’un contenant adapté aux bestioles.
Le « pot à sangsues » classique et ancien est généralement un petit récipient en céramique ou en métal (étain), de 10 à 15 cm de haut. Il est muni de petits trous d’aération sur la partie haute du corps et parfois sur le couvercle pour garder les sangsues vivantes.
Il est souvent sphérique, à fond plat, à couvercle plat ou bombé, à vis ou à baïonnettes. Le couvercle est souvent surmonté d’un anneau vertical pour saisir le pot facilement.
 
Il existe un autre type de pot plus communément appelé « bocal à sangsues ». Il est toujours en verre et prend la forme d’un aquarium globulaire sur piédouche, muni d’un large rebord qui permettait d’y fixer, au moyen d’un lien, un papier (gras) percé de trous pour empêcher les bêtes de sortir, tout en leur permettant de respirer tout de même.
Certains pots possédaient un couvercle en verre totalement amovible qui se fixait avec des charnières métalliques.
 
Le verre est toujours transparent et parfois coloré pour les pots anglais.
Le corps est éventuellement décoré : le décor est gravé sur le verre. Vous y verrez des sujets botaniques telles que de fougères ou des fleurs des champs.
Comme les pots à sangsues trouvaient leur place dans les étagères des officines, ils en existent  décorés à la manière des pots à pharmacie, c'est-à-dire avec un cartouche sur lequel se lit le nom du produit contenu dans le pot, le pourtour étant parfois joliment orné de rinceaux.
Certains d’entre eux portent la mention « Hirudines » : l'hirudine est un anticoagulant sécrété naturellement sécrétée par la sangsue. Par extension, il signifie « sangsues ».
Je ne ferai pas de généralités sur les formes des pots à sangsues car vous verrez ci-dessous avec les visuels une large gamme des formes employées.
 
Nos amis anglais ont très très largement utilisé les sangsues.
Ils possèdent donc un très large choix de pots, bocaux et boites à sangsues, que je vous présente plus bas, en photos.
Vous verrez que certains pots, d’une élégance toute anglaise, laissent peu présager du contenu !
 
Pour les amoureux des mots, sachez que l’élevage des sangsues s’appelle la "hirundiniculture".
 
TRADUCTION : « LEECHES » SIGNFIE « SANGSUES » EN ANGLAIS

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