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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Boille à lait

Autour du beurre et du fromage
Laitier bernois et sa boille
Une boille est un gros bidon en bois qui permet le stockage et le transport du lait.
La "boille" est la cousine montagnarde de la "canne à lait".
Ce type de bidon est aussi appelé « bouille ».
En Suisse, vers Neuchâtel et dans le Tyrol, tout comme en Franche Comté ils sont appelés « bouille », prononcée « buj ». Le reste de la Suisse romande dit « boille ». J’ai aussi trouvé le dénominatif français de « hotte à lait ».
 
Ce mot appartient à une famille d'origine discutée, probablement pré-romane, (...) répandue dans les parlers dialectaux de l'Est du domaine gallo-roman ainsi qu'au Tessin et dans les Grisons. Parmi les plus anciennes attestations, on trouve en Suisse romande: « bolie », qui signifie « mesure pour le raisin et le moût » (datant de 1353) et « boillie à laict » (1664).
Hors de Suisse, dans l'usage régional contemporain, on a relevé, toujours dans le sens de « grand bidon servant à transporter le lait », le mot « bouille » en Franche-Comté, dans le Haut-Jura, dans l'Ain, en Haute-Savoie et dans le Val d'Aoste.
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Une boille se porte sur le dos, à l’aide de deux bretelles, comme un cartable. Elle servait au transport du lait, du lieu de traite jusqu’aux fruitières, où étaient fabriqués les fromages, ou encore à la laiterie. Les hommes s'en servaient aussi pour le transport de la crème.
 
Une boille peut être en métal ou en bois. On la trouve plus spécialement faite en bois dans le Jura français et Suisse. Les exemplaires les plus anciens sont, bien évidemment, uniquement réalisés en bois et il faut bien le dire, ce sont les plus beaux modèles.
Pour maintenir les douelles entre elles, la boille est cerclée soit de larges ceintures en bois (faites en alizier bien souvent), soit par des ceintures métalliques, comme sur les tonneaux. En fait, la technique de fabrication de la boille est très proche de la celle d’un tonneau, car ce sont de très, très proches cousins. Une différence cependant en ce qui concerne la forme (ovale) mais aussi au sujet les douelles ainsi que du couvercle, réalisés en bois de résineux.
La boille est de forme cylindrique, aplatie : un ovale plat, en somme, pour les modèles en bois.
Elle est chapeautée d'un petit couvercle bien étanche, pourvu d’une anse. Une courroie en cuir est fixée de chaque côté, pour la porter sur le dos.
 
Sur les modèles métalliques plus modernes, elle est simplement munie d’une anse ou de deux poignées. Ces modèles, plus étanches, moins fragiles, plus pratiques en somme, furent très largement diffusés.
 
Quelques boilles en bois ont été décorées de motifs sculptés ou réalisés en clous de laiton. Pour ces modèles, il a y collectionneurs !
Et lorsque la boille est décorée, c’est un point important car le prix en est d’autant « bonifié » !
Mais, pour les novices, il faut se méfier : de très nombreuses boilles ont été postérieurement décorées et le résultat est souvent plus kitch qu’artistique, surtout pour les modèles en métal, qui pour les plus gros modèles, se retrouvent systématiquement en porte-parapluies peinturlurés et décorés de portraits de bovins, baroques à souhait !
 
Une boille d’homme, c’est 40 litres de lait, soit un bidon d’une cinquantaine de centimètre de haut.
Pour la petite histoire, la boille à lait a servi longtemps… pour la contrebande d'alcool ! Vive les grands contenants !
 
Une boille (pas « à lait »), c’est aussi un récipient de forme analogue, muni de courroies pour le transport à dos d'homme, employé pour le sulfatage de la vigne. On dit alors « boille à sulfater ». Ces modèles sont souvent en cuivre rouge et se trouvent par centaines dans les vide-greniers des régions où pousse la vigne.
On parle aussi de « boille » pour un récipient de forme analogue servant à transporter le poisson vivant, comme un vivier portatif.
 
Avec l’usage et le temps, les mots « boille » et « canne » ont désigné le même objet : un bidon métallique, servant au transport du lait, quelle que soit sa forme.
Finalement, ce type de bidon qui était porté sur le dos s’est retrouvé à bât, c’est-à-dire de part et d’autre des flancs d’un âne, ou encore sur des carrioles qui servaient au transport de plusieurs boilles en même temps, pouvant être tirées par des chiens.
 
Je vous invite à lire l’article sur les cannes à lait, sa cousine germaine, pour faire le tour du sujet!

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