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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Boite à coiffes

Objets pour les dames
Boite à coiffe
Il n’est pas toujours évident d’identifier une boite à coiffe, surtout que nombre d'entre nous ne savent pas que cette boite a existé.
 
Comment identifier une boite à coiffe?
Il s’agit d’un coffret en bois ou en carton, plus haut que large. Il comporte une poignée sur le couvercle pour pouvoir le transporter.
Cette boite, en apparence très classique, est munie d’un système d’ouverture frontale, en plus du système d’ouverture sommitale, présent sur quelques rares modèles. Pour résumer, il y a donc, sur certaines boites, un couvercle et une porte, ce qui n’est pas courant. En règle générale, ce type de boites s'ouvre par la porte.
Le couvercle de la boite à coiffes est souvent bombé, ce qui lui confère un aspect plus précieux.
Sur le plancher, deux rainures sont incisées. Un pied coulissant vient s'y fixer et peut se retirer complètement. Ce pied porte le doux nom de « champignon porte-coiffe », car c’est sur son dôme que la femme pose sa coiffe, la maintenant ainsi propre et dans un parfait état de conservation.
Voici donc précisemenent l'utilité de cette coiffe : maintenir parfaitement repassées les coiffes et pouvoir les ressortir au besoin et à l’envie.
 
Les boites sont assez simples et dépouillées : l'aspect utilitaire a donc primé sur l’aspect esthétique !
Vous rencontrerez couramment ces boites le long du littoral : en Bretagne, dans les Deux-Sèvres, dans la région Centre. Cependant et pour être tout à fait honnête, il y en eu partout en France!
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La boite à coiffes est intimement liée au métier de lingère.
 
J’ai découvert un très bon site Internet qui traite des coiffes. Je me permets d’ajouter à cet article plusieurs extraits, qui complèteront très bien mon propos ci-dessus . Je vous laisse les coordonnées du site ci-après, que je vous invite vivement à consulter.
 
« Dans certaines régions, elles se déplaçaient dans les familles apprêtées, d’autres ne travaillaient que chez elles. Les coiffes se repassaient généralement deux fois dans l'année, d'abord à la belle saison, puis à l'entrée de l'hiver, de préférence par temps sec pour un séchage rapide des matériaux.
La lingère commence par démonter la coiffe, en lave tous les éléments à l'exception de la carcasse, les ré-amidonne en prenant bien soin de ne pas dévoiler ses secrets concernant les dosages d'amidon et de borax, de gomme arabique et autres poudres de perlin-pinpin, les repasse et procède selon le modèle au paillage, au tuyautage, au plissé à l'ongle. Enfin, elle remonte les différents éléments en les épinglant. »
 
 « Madame Régnier, l'ancienne lingère de Rochefort déjà citée, nous a laissé sa recette et sa technique de repassage. Sa recette consistait à délayer une cuillerée à soupe d'amidon, et une cuillerée à café de borax pour obtenir une pâte claire. On utilisait de l'amidon cuit pour les dentelles, de l'amidon cru pour la mousseline, et de l'amidon cuit épais pour coller les rangs tuyautés entre eux. Il ne fallait amidonner que les rangs, trois à la fois. Elle les trempait dans la solution puis les pressait. Elle posait ensuite un linge et l'étirait pour éviter qu'il ne colle. Il fallait le conserver mouillé jusqu'à ce que les 3 rangs soient repassés. Ensuite, elle passait le fer à température sur de la cire d'abeille puis sur un chiffon et elle formait les tuyaux du bonnet les uns après les autres. Puis elle repassait les attaches et le fond.»
 
« Il fallait 2 heures pour repasser un bonnet. Alors que Madame Reigner en repassait 3 par jour, sa patronne pouvait en repasser jusqu'à 9.
Une lingère habile et expérimentée met une demi-journée pour traiter une coiffe. Mais le plus souvent elle travaille par séries, traitant plusieurs coiffes à la fois comme le laissent penser les initiales au fil rouge, ou les noms écrits au crayon, que l'on retrouve sur les différents éléments des coiffes qui servaient de repères. »
 
« Dans les Deux-Sèvres, la lingère ne remonte pas toujours la coiffe. En effet, les femmes possèdent parfois jusqu'à 40 garnitures (dentelles et fonds brodés. Aussi le rôle de la lingère se limite-t-il à laver, amidonner, repasser, plisser, tuyauter les différents éléments pour les ranger ensuite dans un carton. La femme remontera elle-même les éléments au fur et à mesure de ses besoins, ce qui peut expliquer le montage assez grossier ou malhabile de certaines Pèleboises. »
 
Extraits du site http://parole-et-patrimoine.org/coiffes/coiffes-ici-et-la/les-acteurs/17-la-lingere.html?start=2
Autre source : « Objets civils domestiques », C.Arminjon et N.Blondel, p. 294

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