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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Bonde à souffrer

Objets du vin et de l'alcool
La bonde à soufrer sert à désinfecter les tonneaux, au moyen des vapeurs dégagées par la plaquette de soufre enflammée, au bout de laquelle elle est fixée.
 
Elle se présente sous la forme d’une bonde classique mais est complétée par une tige métallique, dont la terminaison, en forme de crochet, permet d’y fixer une bande de papier soufré. Le manche en bois est suffisamment large pour obturer totalement le trou de la bonde. En mettant le feu au soufre, les fumées et vapeurs tuent les germes présents dans le tonneau.
 
« Avant toute mise en tonneau, il règne toujours une odeur de soufre dans le chai. Le soufre sert à désinfecter après un bon lavage et un bon rinçage  à l’eau bouillante pour supprimer les moisissures éventuelles et faire gonfler le bois, et les rendre étanches : « ceux qui étaient vides, il fallait les rouler dans la cour, les rincer à l’eau du puits deux fois au moins jusqu’à ce que la crasse déposée à l’intérieur soit sortie par la bonde. L’homme y secouait l’eau contre son ventre, tenant le fût par les bouts, bras écartés, ou si trop large, les mains à plat sur le renflement cerclé de plusieurs tours en bois de châtaignier (…) Après seulement on introduisait les cendres et trois chaudronnées d’eau bouillante. La bonde fermée, solidement cognée, on vérifiait que le fût était bien étanche, sinon la vapeur faisait fuser entre les douelles ajointées un peu d’eau chuintante, il fallait resserrer les cercles, peut être mener le fût à l’atelier du charron, hissé sur une charrette attelée ; de toutes façons l’eau chaude restait jusqu’au lendemain, que les cendres décapent, que le bois se regonfle. 
Les cuves elles aussi, avant de recevoir le moût, ont subi leur grande lessive par un énergique flambage : les parois ont été mouillées avec de l’eau de vie, ensuite enflammées. Toutes ces précautions sont indispensables pour éviter le développement des germes qui donneraient mauvais goût au vin. » »
 
Extrait de l’ouvrage : « Les objets de nos campagnes » Jean-Noël MOURET, France Loisirs, p.56

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