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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Botte-cul

Objets de la vie pastorale et agricole
La traite des vaches en Normandie
Voici encore un objet d’Art Populaire dont le nom est savoureux !
Le « botte-cul » est un tabouret à un seul pied, ou monopode, et qui s'emploie lors de la traite des vaches.
Dans la famille des tabourets pour la traite manuelle, voici le seul et unique unijambiste !
La traite à la main demande un peu d'expérience pour être efficace et ce siège si particulier est un allié précieux dans cette opération délicate.
Le « botte-cul » est un siège rustique, en bois, surtout utilisé dans les vallées alpines. Il permet de se déplacer de bête en bête les mains libres. Il est aussi le compagnon indispensable des sols de guingois des étables (en comparaison des traditionnels tabourets de traites tripodes).
Pour s’en servir, il convient de se l’attacher autour des reins, avec une sangle ou une ceinture, fixée directement sur l'assise. 
Le siège tient alors tout seul, dans le bas du dos ou sur le derrière et au moment de s’assoir, le tabouret vient se positionner sous les fesses, en basculant tout seul, emporté par le mouvement.
Le pied est souvent terminé par une petite pointe de fer lui permettant une bonne stabilité. Une virole métallique vient terminer la protection du pied, lui évitant ainsi l'humidité.
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e botte-cul s’appelle « bote à cul » en savoyard  et « bout à cul » en Suisse Romande ou plus élégamment « tabouret de vacher » et encore « selle à traire » en Auvergne et en Provence.
Ce type de tabouret se trouve dans les toutes les Alpes, en Auvergne, en Aubrac, en Alsace et dans le Tyrol.
Les modèles du Tyrol sont légèrement différents en terme de forme : les bords sont relevés, comme sur une selle.
Les modèles provenant du Cantal et de Provence se reconnaissent par leur forme de selle et la manière de les attacher : les sangles sont fixées sur le tabouret au niveau du dos et de l’entrejambe. Le fermier le maintient ainsi fixé à son arrière train, attaché tel un baudrier d’escalade.
En France, les assises affectent différentes formes, mais elles ont souvent une chose en commun : elles sont très souvent ergonomiques.
Tout en bois, le « botte-cul » est réalisé dans deux morceaux assemblés ensemble : l’assise et le pied. L’assemblage est réalisé avec des clous, à chevilles ou à vif.
Certains sont dotés d’une encoche centrale qui permet de les prendre en main.
Les plus beaux modèles, ceux du Tyrol, sont ornés de belles sculptures, parfois polychromes.
Ils sont très richement travaillés pour certains.
En France, le peu de modèles enjolivés se trouvent dans les Alpes. Certains portent date et initiales du propriétaire, parfois un arbre de vie ou une vache, mais guère plus. Le pied a été tourné en balustre ou en toupie, ou plus simplement à pans (octogonaux) ou laissé simplement droit.
En Provence, les modèles sont plus fins, plus aériens et plus joliment décorés. Vous en verrez deux modèles ci-dessous.
 
Au moment de la descente des alpages, qui est une fête pour les ceux qui étaient « emmontagnés » mais aussi pour leur famille et pour le village, le botte-cul était fixé entre les cornes de la vache, à l’envers, l’assise sur la tête de la bête. Le pied, ainsi mis en l’air, servait à fixer le bouquet de fleurs. La vache était ainsi parée pour l’occasion.
 
Un tel objet mesure environ 30-35 cm de haut et l’assise à peu près 30 x 26 cm.
Ils furent réalisés en bois de sapin, de frêne, en pin cembro, en érable, en aulne, en bouleau, …

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