Nous utilisons des cookies pour garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser celui-ci, nous considérons que vous en acceptez l'utilisation. plus d'informations
fr
Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
Menu
Rechercher un objet
AccueilEspace documentaireBouquet de Saint-Eloi

Bouquet de Saint-Eloi

Croyances et coutumes
Exceptionnel bouquet de Saint Eloi
"Bouquet de Saint Eloi" est le nom donné au chef-d’œuvre réalisé par l'élève maréchal-ferrant lors de la fin de son Tour de France. Grâce à cette pièce exceptionnelle et si son travail est apprécié par ses pairs, il sera reçu compagnon.
Ce bouquet de fers en tous genres réunissait toutes les difficultés d’exécution possibles et envisageables : polychromes, enseignes, plats, en ressaut, sabots accidentés ou difformes et orthopédiques, pieds d'âne, de mulets, de poneys, de boeufs de trait de vaches ou que sais-je encore.
Il était réalisé par le compagnon lui-même. Il devait refléter l'habileté de ce dernier car y figuraient tous les différents modèles de fers découverts au cours de son apprentissage. Ces fers, pour certains très peu courants, étaient disposés en éventail, en un ou plusieurs registres superposés, soudés ou rivetés les uns aux autres, le tout parfois surmonté de l’effigie du saint patron de la profession : Saint Eloi.
Le bouquet de Saint Eloi est entouré, selon l'usage, d'une guirlande de lauriers, qui rappelle la couronne traditionnellement installée chaque 6 décembre dans les forges. Des scènes champêtres, pastorales ou de vie de compagnonnage pouvaient venir enjoliver le pourtour, le centre ou le bas du bouquet. Il existe des bouquets très foisonnants et richement ornés et autres très dépouillés, présentant uniquement les fers. Le panel de choix est donc vaste pour les collectionneurs.
En lire plus
Les compagnons maréchaux-ferrants fêtaient leur profession le 1er décembre, dans leurs ateliers. Ils se rassemblaient alors pour recevoir et accueillir les nouveaux compagnons. Le bouquet de Saint Eloi était, à cette occasion, apposé au-dessus de l'entrée de la maréchalerie d'un compagnon qui se sédentarisait.
Ainsi vous l’aurez compris, le bouquet de Saint Eloi servait d’enseigne. Chef d'oeuvre et enseigne "publicitaire", il permettait de montrer les qualités de minutie de l’artisan. 
Les bouquets ne se répandent réellement qu'au début du XIXème siècle, en raison de l'important développement de la maréchalerie.
Voici quelques informations au sujet de Saint Eloi :
Il nait vers 588 à Chaptelat et meurt à Noyon le 1er décembre 660.
Patron des orfèvres et des métallurgistes, c’est également celui qui veille sur les maréchaux-ferrants, les forgerons, les taillandiers, les bijoutiers et les électriciens. Orfèvre lui-même et trésorier de Clotaire, il devint évêque de Noyon-Tournai en 641.
Saint Eloi est un saint patron très populaire, vénéré par les artisans du fer. Il était, par extension, protecteur de tous ceux qui maniaient la charrue ou la bêche : laboureurs, cultivateurs et jardiniers parfois même par les commerçants. 
Dès lors Saint Eloi est devenu le protecteur des chevaux et le patron des maréchaux-ferrants, des maquignons, des cultivateurs, des vétérinaires ainsi que de tous les corps de métiers qui, jadis, avaient de près ou de loin un rapport avec les chevaux (et maintenant avec les chevaux-vapeurs) : bourreliers, charrons, carrossiers, charretiers, mécaniciens et garagistes.
En terme d’iconographie, Saint Eloi est couramment représenté en orfèvre dans sa boutique, avec les outils de son métier ou ceux de la maréchalerie. Parfois en habits épiscopaux, il a parfois à ses côtés un cheval, auquel il enleva et remit une patte pour la ferrer plus commodément.

Galerie photos