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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Brassard de Première Communion

Art religieux
Le brassard de communiant se présente comme un large nœud de soie, de taffetas ou simplement de tissu blanc, synthétique, qui imite joliment un quelconque tissu « précieux ». Ce relativement gros nœud  est fixé par un large ruban qui se fixe par un jeu de crochets, de pressions, de Velcros ou par une couture définitive, le tout invisible car situé sous le nœud lui-même.
Les pans du nœud, plutôt longs, tombent un peu en dessous du coude et se terminent toujours par une frange de fils blancs (soie, coton ou synthétique). Les fils libres sont souvent noués entre eux pour réaliser un motif géométrique. Les plus beaux modèles sont agrémentés de morceaux de dentelle ou de broderie anglaise surajoutés, situés entre le tissu et la frange. 
De très nombreux brassards sont ornés d’un monogramme brodé (IHS) et il est entouré d’une élégante frise de ligne chantournée, de grappes de raisin, d’épis de blé, d’étoiles, de fleurettes, tous de forts symboles religieux. Certains modèles présentent ce même enjolivement, mais peint. Un seul pan porte ce décor.
La couleur blanche est impérative : elle symbolise la pureté de celui qui est officiellement autorisé à communier.
Cet élément religieux prend place sur l'avant-bras gauche du jeune communiant. Et, c’est uniquement un attribut masculin, porté jusque dans les années 1950.
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Cet attribut du premier communiant apparaît à la fin du XVIIIème siècle, lorsque la première communion devient un événement non plus privé, mais publique et paroissial. C'est aussi l'occasion d'étrenner un costume neuf, même dans les milieux modestes. Le costume était souvent offert par les gentilshommes ou les notables de la paroisse, pour les plus pauvres mais encore par la marraine ou par la grand-mère dans de très nombreux foyers.
Le nœud attire l'attention sur le jeune communiant. La couleur blanche de cette « stola candida » symbolise la pureté de celui qui approche pour la première fois la Sainte Table. Le nœud est ensuite conservé dans la famille ou peut être offert en ex-voto, dans un sanctuaire.
 
Au début du XXème siècle, lorsque sont dissociées en France, les cérémonies de la communion - l'une étant dite « privée »* (elle se faisait dans le cercle familial) et l'autre dite « solennelle »**  célébrée au seuil de l'adolescence - le brassard est porté à nouveau pour cette deuxième cérémonie dite « communion solennelle ».
Le brassard disparaît en France et en Belgique vers 1955, lorsque l'aube devient le costume du communiant. »
Sources : Dictionnaire des objets de dévotion - Docteur Berthod - Editions de l'Amateur - 2006. (J’ai légèrement modifié l’extrait)
*La communion privée est aujourd’hui la Première Communion.
**La communion solennelle est aujourd’hui la Profession de Foi.
 
Autrefois, le confirmant qui se présentait devant le pontife, portait son brassard au bras, celui reçu lors la Première Communion. L'onction reçue sur le front, le pontife ou son aide, défaisait le brassard en tirant sur un pan, pour le mettre autour de la tête du confirmant. Le but étant de conserver ainsi l'huile sainte sur le front. Enlevé plus tard, il était soigneusement conservé en souvenir ou offert à la Madone de la paroisse. Cette pratique semble dater du XVIème siècle.
Comme indiqué ci-dessus, pour sa communion, le garçon recevait un nouvel habit : le brassard de communiant était uniquement porté par les garçons. Les jeunes filles portaient une aube et un voile, agrémentés d'une paire de gants.
La communion permettait à la famille et aux amis de se retrouver à l'occasion de la cérémonie religieuse qui réunissait tous les enfants du même âge dans une même commune.
Puis, tout le monde se retrouvait autour d'une table bien garnie, dans la joie et le partage. Le communiant occupait bien sûr la place d'honneur du banquet.
Il ou elle attendait avec impatience, le moment où était servi le gâteau, la pièce montée car au sommet de celui-ci, le pâtissier avait pris soin de placer une petite figurine censé le/la représenter. Pour immortaliser ce grand moment, le communiant passait chez le photographe pour une séance - photo. Les clichés étaient ensuite offerts à la famille (frères, sœurs, oncles, tantes, parrain, marraine,....) qui les glissaient dans leur missel.
C'est d’ailleurs à l'occasion de sa communion que l'enfant recevait son premier missel, doré sur la tranche, dans lequel il placerait plus tard et avec plaisir toutes les photos de communion de ses frères, sœurs, cousins, cousines, amis de la famille, ....
La communion était autrefois considérée comme l'un des grands rites religieux, que l’on peut considérer comme initiatique ou de passage, qui permettait l’intégration dans la société.

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