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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Briquet à silex

Objets pour les messieurs
De quoi faire un feu...
Ils portent aussi le nom de « briquets de berger » ou « fusil ».
Avant de parler de cet objet, il est important de dire qu’il existe trois techniques pour faire du feu, avec ses petites mains et sans briquet à gaz, ni allumettes.
 
-Par friction 
La friction générée par un bâton que l'on frotte dans le sillon génère de petites braises. Le mouvement doit être long, rapide, et dirigé dans les deux sens du sillon. Cette technique requiert beaucoup de temps, de biscotos et de l’endurance ! On peut utiliser des bâtonnets de bois mort et sec, des aiguilles de conifères, du lichen, ... Le combustible ne doit pas nécessairement être sec pour brûler, mais il est vrai que le bois humide génère beaucoup de fumée… et s’enflamme moins vite !
 
- Par magnification de la lumière du soleil
Qui n'a jamais entendu parler de l'utilisation d'une loupe pour allumer un feu ? L'utilisation d'une loupe, d'un miroir concave ou d'un ensemble de miroir permet de concentrer les rayons de la lumière solaire en un point unique situé sur un combustible et d'y allumer un feu. Pour démarrer un feu avec une loupe, il faut faire varier la hauteur de la loupe afin de concentrer les rayons du soleil en un seul point.
 
-Par percussion
En entrechoquant une pierre dure comme le silex sur un sulfure de fer, comme la pyrite ou la marcassite, une étincelle est produite. Contrairement à ce que l'on peut croire, le choc de deux silex entre eux ne permet pas d'allumer un feu, car ils ne produisent pas de projections incandescentes qui tiennent.
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C’est l’Homo Erectus qui domestique le premier le feu, vers 700 000 av JC, mais les historiens ne savent toujours pas s’il allumait son feu seul ou s’il savait le conserver et l’entretenir à partir d’un évènement climatique.
Ce que l’on sait précisément, c’est qu’en -18 000 av JC, les hommes utilisaient un morceau de marcassite et un grattoir en silex pour faire des étincelles et enflammer de l’amadou ou des brindilles sèches.
Le briquet à silex, dans ses formes variées que nous connaissons actuellement, permet d’allumer un feu par percussion et ceci depuis des centaines d’années, puisqu’on en a attesté la présence à l’époque gallo-romaine.
On peut en outre ajouter que les allumettes ne voient le jour, en France, qu’au XVIIIème siècle. Le briquet trouva donc sa place dans tous les foyers du pays avant cette date… et après aussi, car tout le monde ne pouvait pas s’offrir ces petits bâtonnets magiques.
 
Comme la maitrise du feu confère une certaine puissance, l'homme n’hésite pas à l’exposer clairement : « Les ducs de Bourgogne portaient le collier de l’ordre de la Toison d’Or, un collier fait de dizaines de briquets accrochés les uns aux autres et soutenant en sautoir un insigne représentant une dépouille de mouton doré. » Extrait du Dictionnaire des outils par D.Boucard, p.103 - 104
 
Comment faire fonctionner un briquet à silex ?  (Une méthode plus détaillée est donnée ci-dessous*)
Il faut pour cela un briquet en métal et un bel éclat de silex.
Il faut alors frapper sèchement le silex, par sa partie présentant des bords tranchants, directement sur la lame du briquet en métal. De petits morceaux d'acier sont alors arrachés par le silex et se mettent à brûler dans l'air, instantanément. La gerbe d'étincelles ainsi créée communique sa chaleur au combustible, qui est le plus souvent de l’amadou, ou encore une mèche de coton trempée dans une solution de chromate de plomb ou de salpêtre.
Vous noterez la présence d’un morceau de cuir, dans lequel on pose le fossile, et qui permet de protéger la main.
 
L’amadou est une matière cotonneuse que l’on trouve sous la cuticule dure d’un champignon nommé l’amadouvier (ungulina fomentaria). Ce champignon parasite, en forme de langue, pousse sur de nombreux arbres, mais le hêtre reste son hôte de prédilection.
L’amadou reste la matière préférentiellement utilisée pour être embrasée au contact des étincelles d’un fusil à silex. Différentes méthodes furent utilisées pour améliorer les qualités pyrotechniques de  l’amadou, comme un traitement au salpêtre, couramment effectué en Europe, dès le XIVème siècle.
 
Les briquets de formes « primitives » prennent de très nombreuses formes différentes, depuis toujours en réalité. Il y a deux constantes cependant : une prise en main simple, par une anse ou deux prises annulaires et une lame plane qui vient choquer le silex. Le travail du fer est très harmonieux : le briquet est alors réalisé dans une seule pièce de métal forgé. Les extrémités sont très souvent enroulées sur elles-mêmes, créant de jolies arabesques et d’élégants motifs même s’ils sont rudimentaires.
Ce n’est pas un outil de grandes dimensions, sa taille n’excède jamais 10 cm de large et 8 cm de haut : il se logeait dans un sac, dans une poche, sur le rebord de la cheminée, …
Mais au XVIIIème siècle, le foisonnement artistique permet la naissance de nouveaux modèles, plus décoratifs qu’auparavant : cochon, grenouille, chien, sanglier, … L’objet propose principalement des sujets masculins et le combustible se trouve intégré au briquet. Les amateurs sont toujours heureux de pouvoir acquérir un goret de la maison Gorin, datant des années 1880.
Ces pièces du XVIIIème siècle sont vraiment très intéressantes car l’objet des siècles passés, de forme tout à fait rustique, n’a connu aucune évolution artistique avant le XVIIIème siècle. Ils furent d’un seul coup propulsés au siècle des Lumières.
On trouve alors d’étonnants modèles couplés à d’autres objets : tire-bouchons, porte-monnaie, …
Et des étuis furent même crées pour ces ravissants objets portatifs.
 
Aujourd’hui, sur le marché, les briquets à silex se trouvent aisément, qu’ils soient de fouilles, de vrais anciens, de faux anciens ou de vraies copies contemporaines !
La gamme de prix est très variable, il est donc compliqué de donner une idée de la valeur qui soit le vrai reflet d’un marché existant, d’autant plus que le briquet à silex est international. Il existe des modèles orientaux, chinois, de l’Europe du Nord, … et même de Corse !
 
*Voici la technique, proposée par un site de reconstitution historique, dont l’adresse est à la fin :
« Faire du feu est devenue une activité banale au XIVème siècle, avec son briquet à silex ! Pour cela, il suffit de battre son « foisil » et le tour est joué !
La production du feu nécessite un morceau de marcassite (bisulfure de fer), un éclat de silex (2) et un fragment d’amadou (3).
A partir de l’âge du fer, la marcassite est remplacée par de petits objets en acier : les fusils (1) qui, percutés sur le tranchant d’un silex, produisent des étincelles qui mettent le feu à l’amadou.
En effet, lors de la percussion du fusil sur le silex de minuscules morceaux d’acier sont brutalement arrachés au briquet. Sous l’effet du choc ils produisent des étincelles de couleur jaune.
Pour que l’amadou prenne rapidement feu il est impératif de tenir le silex et l’amadou dans la main à quelques millimètres l’un de l’autre.
Une fois que l’amadou se consume, il faut rapidement le mettre en contact avec de la fibre de lin mélangée à de la paille. Il ne reste plus qu’à souffler énergiquement sur ces éléments pour que des flammes apparaissent.
Même si en apparence cette technique semble simple, elle demande un peu d’entraînement. Les premiers essais sont souvent laborieux et il n’est pas rare que le premier succès se fasse attendre un peu. »
Extrait du site : http://www.compagnons-duellistes.fr
 
De très nombreux modèles différents furent trouvés lors de fouilles archéologiques. Cette grande diversité de formes peut se consulter, en visitant ce site :
http://association-orchis.over-blog.com/categorie-10166756.html

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