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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Cantir

Art religieux
Cantir espagnol XVIIème
Le cantir est l’un des plus beaux contenants à eau. Et pour cause, il contenait de l’eau bénite !
Les objets d'autrefois liés au culte sont souvent de très beaux objets, car religion à longtemps rimé avec pouvoir et donc argent.
Le cantir appartient à la famille des cruches et à celle des biberons par sa forme spécifique.
C’est, tout comme le porron, un objet totalement espagnol.Son origine est catalane, pour être tout à fait précis. Les frontières étant quelque peu lâches, les objets et les savoir-faire ont circulés, jusqu'à atteindre le Sud de la France, seule région dans laquelle il est possible de le trouver.
Il est important de garder en tête que l’Espagne est un pays avec une foi catholique très ancrée.
Cet objet est donc l’expression de cette foi et les riches décors que portent certains cantirs expriment bien cet attachement sincère et profond à la Chrétienté.
 
Les cantirs étaient utilisés lors des baptêmes.
L’eau bénite était versée sur le front du catéchumène ou du nourrisson grâce à cette superbe cruche.
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Cette carafe se reconnaît au premier coup d'oeil.
En voici les principaux aspects : son corps est en forme de toupie, ovoïde ou piriforme. Le pied est plat, en forme d’entonnoir à cul rentrant ou de cloche inversée.
Il est muni de deux goulots tubulaires situés latéralement sur le corps: l’un est large et possède une lèvre supérieure ourlée, comme le goulot d’une bouteille : il sert au remplissage de la cruche. L’autre, dont le corps se rétrécie pour n’être qu’une toute petite ouverture, sert de bec verseur.
Une poignée sommitale ronde ou ovale permet son transport et une prise en main facile.
 
Le cantir est en cristal ou en verre, transparents tous deux, parfois colorés (vert, bleu).
Les cantirs sans décors sont souvent français.
Mais lorsqu’il est décoré, le travail est généralement d’une grande beauté. Pas de chance pour nous, ces cantirs là sont espagnols !
 
Voici un panel des décors qui ornent de cantir : des inclusion de filigranes blancs (dit à latticini), des éléments rapportés à chaud tels que des oiseaux, des cabochons ou des boutons de couleur (souvent bleu), des semis de fleurs ou d’étoiles, des flammes, d’épais rubans ou des filets de verre crantés, pincés, torsadés, ....
La poignée n’est pas laissée en reste : elle est souvent ornée d’une crête joliment travaillée, interrompue par un oiseau, à son sommet.
Tous ces décors sont travaillés à la pince et à chaud.
Plus tardivement, les décors gravés feront leur apparition.
Certains cantirs ont été fabriqué en paire, ce qui explique que deux cantirs aient le même décor!
 
Certains de ces décors sont porteurs d'une symbolique.
Par exemple, l’oiseau peut être identifié.
Il s’agit soit d’une colombe, figurant de Saint Esprit, qui descend sur le nouveau baptisé au moment de son baptême. Il peut aussi s’agir du pélican, symbole chrétien du sacrifice du Christ qui versa lui aussi son sang pour les autres,  puisque le pélican perçait sa propre chair et nourrissait ses petits de son sang.
Ces riches décorations laissent supposer que le cantir n’était pas utilisé quotidiennement : il est bien trop fragile pour cela.
 
Le travail du verre en Espagne remonte à l'occupation arabe.
Au XVIème siècle, les productions catalanes sont expédiées jusqu'à Rome. Et par leur raffinement, elles pouvaient rivaliser avec celles de Venise, avant de décliner au cours du XVIIIème siècle.
 
La taille moyenne se situe entre 25 et 30 cm.
Pour constater l’ancienneté d’un cantir, il faut bien l’observer.
La trace du pontil au cul est un bon indice, il vous permet de savoir si l’objet a été soufflé à la bouche.
L’aspect du verre et sa couleur rentrent aussi en jeu : bulles et imperfections sont de bons signes !

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