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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Carte porcelaine

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Carte porcelaine
La carte porcelaine est un type de carte de visite apparue au XIXème siècle, principalement en France et en Belgique. 
 
Il s’agit d’un petit carton, de la taille d’une carte de visite ou d’un carton de correspondance, imprimé à partir d'une pierre lithographique. Cette carte possède la spécificité d'être recouverte de céruse, qui lui donne l'aspect de la porcelaine.
La céruse, encore appelée "carbonate de plomb", "blanc de Saturne", "blanc de plomb" ou encore "blanc d'argent" est un pigment blanc à base de plomb.
« L'industrie de la carte porcelaine est florissante en Belgique, tandis que l'Angleterre, la France et l'Allemagne n'en produiront que très peu. À Bruxelles, Anvers, Mons, Liège et surtout à Gand et à Bruges, plusieurs ateliers ouvrent à la fin des années 1830.
La carte porcelaine peut servir de carte de visite au commerçant, de carte de vœux au cafetier ou à la société musicale, voire encore de carnet de bal.
Le danger de la céruse ayant été démontré, vers les années 1860, pour celui qui la manipule, les autorités finissent par l'interdire et la carte porcelaine s'éteint vers 1865. »
 
Extrait issu du site : http://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_porcelaine
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« Comme indiqué ci-dessus, c’est dans les années 1860 que la fabrication s'arrête définitivement. Il existe cependant des cartes, imprimées plus ou moins de la même façon, jusqu'au début des années 1870.
Ce qui était vraiment nouveau pour l'époque, c’est ce procédé mis au point par les lithographes belges, qui permettait d’imprimer plusieurs couleurs en une seule fois, avec une seule pierre lithographique.
L'illustration des cartes est gravée dans la pierre lithographique, ce qui en soi, est déjà très inhabituel. La gravure est alors imprimée «juste une fois» sur le carton porcelaine, avec une encre gluante (en général bleue) qui met quelques heures à sécher. Les différentes poudres métalliques sont alors appliquées «à la poupée» (c’est-à-dire au tampon), la carte est mise à sécher, puis les excès de poudre enlevés à la brosse.
Ce procédé long et complètement manuel fait que les cartes avec plusieurs couleurs ne sont jamais totalement identiques. Les couleurs les plus utilisées sont l'or, l'argent, le bleu et une couleur métallique à reflets rouges.
Parfois ce procédé typique était combiné avec une coloration à l'aquarelle (au pinceau) et/ou avec des éléments chromolithographiques. Ce dernier procédé, aussi très nouveau pour l'époque, utilise une gravure séparée pour chaque couleur.
La beauté des cartes porcelaines ne peut pas totalement être capturée par la photographie ou avec un scanner, puisque la plupart des couleurs comportent des minuscules paillettes métalliques brillantes. Vu de face, par exemple, l'or ressemble à un brun terne, ou le rouge métallique à du rouge foncé. Les vifs reflets métalliques ne prennent vie que lorsque l'on laisse la lumière jouer sur la surface. L'extrême qualité d'impression et la magnifique imagination des illustrations, font que ces cartes sont les plus beaux objets éphémères imprimés de cette époque.
 
Gand, Bruges et Bruxelles étaient les centres de production les plus actifs. Mais il est possible de trouver des cartes imprimées dans beaucoup de villes provinciales différentes. Il y en eu en Allemagne et en France, mais elles ne sont jamais aussi colorées ni aussi illustrées que celles imprimées en Belgique.
Les meilleurs lithographes et des ateliers les plus productifs étaient :
    - Hemelsoet, Jacqmain, Gyselynck et Defferrez à Gand
    - Daveluy et Delay-Demuyttere à Bruges
    - Bevernaege à Audenarde
    - Heger, Schildknecht et Hannotiau à Bruxelles.
 
Les types de cartes
 
Le procédé servait aussi bien pour illustrer des cartes de visite parfois très curieuses que des annonces de mariage, de funérailles, de festivités et de bals, parfois avec des magnifiques illustrations. Ces cartes servent aussi comme cartes de vœux ou de calendriers imprimées pour la nouvelle année par des associations, théâtres, cafés, etc. D'autres encore étaient de superbes menus pour de riches banquets, des cartes d'entrée pour clubs, courses, etc.. Il existe une rare carte trouvée par un collectionneur, éditée pour remercier les voisins de leur aide lors d'un incendie. 
 
Les cartes et la publicité
 
Les cartes publicitaires sont certainement les cartes porcelaines les plus intéressantes et les plus impressionnantes. Elles nous en apprennent beaucoup sur le caractère et sur les coutumes parfois oubliées de la moitié du XIXème siècle. Quelques cartes furent produites en Belgique pour des commerces situés dans d’autres pays. Il y en existe une très belle pour un hôtel de Moscou ! Ces cartes étaient probablement commandées par des hommes d'affaires de passage, attirés par la beauté de ces cartes.
Les illustrations montrent des ateliers, des usines, des artisans au travail, des intérieurs de boutiques, des inventions, une multitude d'objets et d'outils. Elles nous révèlent souvent des vues de rue, de bâtiments ou d'endroits qui n'avaient pas assez d'attrait pour figurer dans les illustrations historiques, régionales ou touristiques de l'époque.
 
Ces cartes étaient certainement un produit de luxe. Sans aucun doute coûteuses et distribuées avec grand soin et parcimonie.
Certaines cartes, rares, étaient d'un format extravagant, allant parfois jusqu’à 30 x 40 cm. Cela indique probablement qu'elles étaient aussi utilisées comme affichettes publicitaires.
On dit des Belges qu’ils sont particulièrement friands de fanfreluches plutôt kitsh.
Il est donc facile d'imaginer l’engouement pour ces cartes et d’imaginer une sorte de concurrence entre commerçants, pour avoir la carte la plus belle, la plus grande, la plus fine, etc…
 
Pourquoi les cartes ont-elles survécu jusqu’à nous ?
 
Les cartes porcelaines ont été collectionnées intensément au XIXème siècle, et probablement dès l'époque à laquelle on les a fabriquées.
Il existe de rares albums originaux, datant des années 1830/1860 ayant survécu et se trouvant actuellement dans les bibliothèques publiques et dans quelques grandes collections belges.
Les cartes étaient souvent collées sur des grandes feuilles de couleur reliées dans de grands albums oblongs. Ces albums étaient fabriqués spécialement pour cet usage et contenaient parfois jusqu'à 800 cartes diverses. Il y a 2 ou 3 cartes porcelaine faisant la publicité pour "Olin", papetier à Bruxelles, qui montrent très distinctement un album de collection, avec le texte : «Choix de cartes pour albums». Malheureusement, lorsqu’ on trouve un album, les cartes en ont généralement toutes été enlevées.
A notre connaissance, il existe un seul ouvrage* sur les cartes porcelaines avec de nombreuses et superbes illustrations mais peu de texte et surtout aucune explications techniques complémentaires.
Il existerait un catalogue, édité par le musée d'Ypres, que l’on imagine illustré, de leurs collections. »
 
*. RENOY GEORGES. Bruxelles sous Léopold Ier, 25 ans de cartes porcelaine 1840-1865. Bruxelles, Crédit Communal de Belgique, 1979, in-4°, 192 pp,
 
Extrait du site : http://www.bellenger.fr/Cartes/

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