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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Chevrette

Objets du quotidien
Chevrette, faïence, Nevers, Montagnon
La "chevrette" appartient à la famille des cruches.
Son nom vient de la forme de son bec verseur ayant l’apparence d'un bois de chevreuil. La chevrette est la femelle du chevreuil mais elle ne porte pas de bois, voilà donc une étymologie peu banale !
Elle est caractéristique des régions méridionales et de l’Uuest de la Catalogne. Elle se trouve aussi au Portugal.
 
Elle possède un corps en forme de poire (piriforme) et une large ouverture au sommet qui permettait de la remplir d’eau.
Elle possède un seul bec verseur dans la partie supérieure du corps. Elle est souvent agrémentée d'un anneau sous le goulot et une poignée au sommet, qui permet de la transporter.
Un couvercle totalement occlusif vient la fermer. Il est d’ailleurs souvent repercé d’un trou : nos ancêtres, économes et astucieux y passaient une ficelle, qui était elle-même nouée à l’anse. Cela évitait de perdre le fameux couvercle.
 
La chevrette permettait d’apporter de l’eau depuis le puits. Certaines sont munies d’une anse latérale : elle permettait alors de boire de l’eau à la régalade.
Elle servait aussi communément de réservoir à eau dans le foyer.
Une chevrette contient de 1 à 3 litres d’eau.
Tout comme la gargoulette, ce récipient typique des régions chaudes a la spécificité de conserver l’eau fraîche durant un long moment.
Réalisée dans un matériau poreux, à savoir de l’argile, l’eau humidifie la surface extérieure du pot, en passant par les pores de l’argile non vernissée.
Pour ainsi s’évaporer, elle utilise de l’énergie et évacue donc sa propre chaleur, tout en rafraîchissant l’intérieur de la cruche.
Par déduction, vous l’aurez deviné, la chevrette ne possède de vernis que sur le haut du corps et sur le début de la panse car cela facilite les échanges avec l’extérieur. Le vernis rend les surfaces imperméables.
 
Les chevrettes se trouvent très facilement lors de brocantes, des foires à tout et autres braderies, car elles ont été utilisées jusque vers les années 1940-1950. Cependant, elles sont très nombreuses à avoir perdu leur couvercle d’origine.
Une chevrette est un objet abordable et très décoratif, à défaut aujourd'hui d'être utilitaire.
 
Historiquement parlant, la chevrette est l’un des tout premiers contenants utilisé dans le domaine de la pharmacie.
La définition de la chevrette selon l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert est la suivante : 
"Chevrette, s. f. (Pharmacie.) espèce de vaisseau, ou cruche de fayence ou de porcelaine, ayant un bec, dans laquelle les Apoticaires tiennent ordinairement leurs syrops & leurs huiles."
 
« La chevrette est le récipient emblématique de l'apothicaire, seule corporation à avoir le droit et d'en posséder et de les exhiber dans leurs devantures, ce que confirme nombre de procès parisiens intentés à des épiciers qui ne respectaient pas la loi et qui étaient alors passibles d'amende. Elle apparaît au XVIème siècle en Europe, d'une adaptation de la cruche traditionnelle, bouchée d'un couvercle en faïence. La chevrette française a parfois une particularité, un anneau, appelé aussi noeud, entre la base du bec et le corps du récipient. On devait y glisser un index, pour un geste plus sûr. A partir du XVIIème siècle, la chevrette sera souvent dotée d'un piédouche. (…) La chevrette est utilisée pour les remèdes liquides : sirops, huiles, eaux distillées, qui seront mises plus tard en bouteille, vers la fin du XVIIIe siècle, récipient plus pratique à boucher et à verser les liquides et qui finira par transformer petit à petit la chevrette en élément décoratif.» 
Informations issues de http://www.encyclopedie-universelle.com/pharmacie-pots5.html

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