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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Cire habillée

Art religieux
Voici une petite pépite du beau patrimoine culturel de la Lorraine.
Dans la liste non exhaustive des objets de dévotion, voici que la ville de Nancy s’est distinguée grâce à l’atelier des Frères Guillot.
Tableaux religieux ou profanes, les cires habillées de Nancy sont l’expression d’une création naïve et populaire du XVIIIème siècle.
Les cires habillées sont des tableaux en bas relief, composés d’un ou plusieurs personnages dont le visage et les mains sont en cire, le corps est quant à lui recouvert d’étoffes. Ces figurines sont disposées dans caisson profond permettant une mise en scène avec un fond décoré et vous noterez toujours la présence de rideaux.
C’est à l’initial, en Allemagne que ces compositions étaient d’habitude réalisées par des religieuses. Ces œuvres étaient d’ailleurs appelées « travaux de cloître ».
Nicolas et François Guillot sont les deux frères qui firent la réputation de cet art dans la ville de Nancy.
Nicolas Guillot, né en 1701, commença par habiller des images de dévotion. Rencontrant un succès tel, il diversifia sa création avec l’ajout à son catalogue de personnages en cire habillés.
Son travail, là encore, d’une très grande qualité, fut présenté à la cour de Stanislas, duc de Lorraine et là, succès! Encensé par les plus hautes personnalités, son art fut alors reconnu par tous et l'artiste et son travail étonnant devinrent extrêmement prisés.
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La Lorraine était une région très dévote depuis toujours. Par exemple, Saint Hubert y était particulièrement prié par las paysans car le saint protègeait autrefois de la rage. Ces magnifiques tableaux de cire ont ainsi permis l’expression d’une foi profonde et sincère.
 
François Guillot, le cadet de la maison, fut à son tour répertorié comme marchand de figures en cire. Les historiens pensent alors qu'à cette date, il commença certainement à travailler avec son frère. Il réalisait à la fois des personnages en cire à fixer sur de petits rochers ou dans de petits paysages, nommées "paradis", parfois en mode "kit à faire soi-même", ainsi que des moulages de personnes vivantes, dont Nicolas s’était fait la spécialité bien avant lui. 
Finalement, François, aidé de son fils Charles, se lancera dans la création de cires imitant la porcelaine de Saxe, domaine dans lequel il excellera.
 
Mais revenons à l’objet même que constitue une cire habillée et à ses caractéristiques.
Il y a une toute chose importante à évoquer : ces tableaux en bas relief sont toujours protégés par un verre. Il ne faut garder en mémoire que la cire est un matériau fragile, qui se casse (mais se restaure bien) et prend facilement la poussière. La cire qui composait ces personnages religieux était toujours de provenance locale.
 
Les figurines de cire sont comme de petites poupées.
Les yeux sont en verre. Les cheveux et les cils sont naturels et implantés de manière très particulière, de telle sorte que les cils soient le prolongement des cheveux, insérés dans le corps même de la tête.
La tête et les mains des personnages sont en cire dure, le corps est rembourré puis habillé de riches étoffes.
Pour ce qui est des autres composants du tableau, le fond et les décors étaient crées avec des papiers de couleur, des rubans, des brillants, des morceaux d’étoffes, des galons et de la dentelle et quelques matières naturelles comme du bois ou des coquillages.
Pour être fixés correctement, les personnages et les vêtements étaient cousus sur le fond de la boite.
Dans les rues situées autours de leur atelier, il est amusant de noter que s’y trouvent un cirier, un perruquier, plusieurs tailleurs d’habits, un chandelier, un passementier, des merciers, un tapissier, un brodeur, bref, vous l’aurez compris, la matière première et des mains adroites n’était pas difficile à trouver! Comme les quantités nécessaires à la fabrication de ces tableaux étaient ridicules, des chutes suffisaient à la réalisation d’un tableau.
 
La diffusion de ces tableaux de cire s’est faite par le colportage et grâce aux marchants ambulants.
Dans divers inventaires de maisons bourgeoises et aristocratiques lorrains, il n’est pas rare de trouver des « cabinets de cire », des « grottes » ou des « tableaux creux ». Ces petits théâtres, par leur raffinement et le travail qu’ils représentaient à créer, trouvaient leur place auprès d’un public de goût, ayant de l’éducation pour les apprécier et les moyens de les commander. Elles ne s’adressaient pas du tout au monde rural.
De nombreux cabinets sont d’ailleurs des commandes : saint patron de la famille, saint personnage prié pour une maladie, une grâce, …
Les Guillot n’ont pas été les seuls à créer ces tableaux de cire, d’autres confrères nancéiens ont aussi participé à cet élan créatif lorrain.
A Paris, un atelier se serait aussi spécialisé dans la création de ce type d’objets. Des religieuses cloîtrées ont aussi réalisé de tels objets de dévotion.
Grâce à la restauration de certaines pièces et aux étiquettes trouvées sur celles-ci, les Guillot sont les plus connus et les mieux identifiés, car leurs travaux sont maintenant correctement identifiés.
 
L’ensemble des informations de cet articles ont été collectées dans la brochure intitulée : « Les cires habillées de nancéiennes, tableaux de cire et d’étoffes », éditée par le Musée Lorrain, Nancy, n°2bis/1989, le Pays Lorrain.
Toutes les images ici présentées sont issues du site : www.tresorsdeferveur.fr
 
Je remercie l’association Trésors de Ferveur de leur aimable autorisation à reproduire leurs visuels.
Vous pouvez, en vous connectant à leur site, admirer d’autres cires habillées.
« Les cires habillées de nancéiennes, tableaux de cire et d’étoffes », éditée par le Musée Lorrain, Nancy, n°2bis/1989, le Pays Lorrain 
Visitez le site http:www.tresorsdeferveur.fr 
Vous y trouverez de belles cires habillées!

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