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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Clé à foin

Objets de la vie pastorale et agricole
La clé à foin appartient à la famille des objets agraires.
 
Voici un intéressant petit outil qui a la forme d’une navette et la particularité d’être uniquement fabriquée en bois car c’est un objet des nos montagnes alpines et plus spécifiquement des deux Savoie.
Ces sont des objets « faits maison », durant les longs mois d’hiver.
 
Il existe de nombreuses formes de clés à foin mais rien ne permet de les attribuer à un village ou à un « pays » spécifique en fonction de la forme.
Il semblerait plutôt que chaque type de forme spécifique employée soit un signe d’appartenance à un propriétaire. Cela lui permettait de retrouver plus facilement ses outils de travail, lorsque les voisins venaient donner un coup de main, chacun venant avec ses propres outils. En plus de la réalisation de certaines formes originales, les propriétaires pouvaient marquer de leurs initiales leurs clés à foin pour mieux les reconnaître.
Certaines clés sont pourvues d'une petite poulie intégrée, dont vous comprendrez l'usage en finissant de lire cet article...
 
Comment se servait-on des clés à foin ?
Pour le comprendre, il est nécessaire de parler du barillon.
Un barillon est un filet qui constitue un système de transport pour le foin.
Le mot « barillon » est du patois local, tout comme « barrioun » ou encore « barrioù » et « trèpon » en dialecte du coté de Bourg-Saint-Maurice.
Ce filet de fabrication artisanale était utilisé pour le transport du fourrage et d’ailleurs quelques agriculteurs de montagne l'utilisent encore aujourd'hui.
Occasionnellement il pouvait être doublé avec un drap (le « buscail ») pour transporter des gerbes de blé.
Le barillon est un filet à grandes mailles formant des losanges, qui est refermé par deux bâtons, maintenus ensemble par un laçage lâche en zigzag.
Chaque ballot de foin était attaché au moyen d'une paire de cordes en chanvre munies de « troeilles » en bois taillé. Ces clés permettaient de réaliser très rapidement la ligature du « barillon », en assurant un serrage maximal.
Le barillon est étendu sur le sol, puis avec une fourche en bois le paysan étendait le foin. La charge est tassée en rapprochant les deux bâtons au moyen de la double corde passée entre eux.
L'homme obtienait ainsi un cylindre de fourrage prêt à être transporté.
Le «barillon» se portait sur le dos courbé, la nuque et la tête, un sac ou une veste protège la tête du porteur. Le chargement était maintenu à deux mains au-dessus de la tête.
(Informations issues du site : http://www.roudoule.fr/objets/filet-a-foin-barillon-barrioun-qbarriouq.html)
Plus tard et dans de rares villages, le barillon était accroché à une poulie, appelée « roulette », qui lui permettait de déplacer la lourde masse sur un câble, tout en émettant un bruit particulier, qui alertait les enfants du village. Les ballots arrivaient aux portes du village ou pour les plus aisés, aux portes de leurs granges.
La clé à foin servait aussi à serrer les bottes de foin sur les charrettes ou les bats des ânes qui pouvaient en porter jusqu’à 3 !
Par extension, le nom « barillon » fut donné à la meule de foin serrée entre deux morceaux de bois tendus de cordes.
Ceci explique qu’en Haute Savoie, on appelle plus spécifiquement les clés à foin « clés à barillon ». Plus rarement, cette clé se trouve sous la dénomination « d’aiguille à foin » ou « d’aiguillons à foin ».
 
Une clé à foin mesure entre 15 et 20 cm de haut.
Elles sont en bois de résineux, parfois en hêtre, en chêne ou réalisées dans un bois d’arbre fruitier.

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