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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Cocarde de conscrit

Objets pour les messieurs
Bon de tirage au sort de conscrit
Le conscrit est un jeune homme qui est appelé à servir son pays, lors d’une guerre.
C’est au tout début du XIXème siècle que la conscription bat son plein.
La loi Jourdan l’institut en 1798 (an VII) : tous les hommes peuvent être mobilisés en temps de guerre, tandis qu’en temps de paix l’armée fait principalement appel à des engagés volontaires.
Pour mettre en œuvre cette décision, tous les hommes âgés de 20 ans (sauf les hommes mariés, les infirmes, etc.) seront inscrits ensemble sur une liste de recrutement, d’où le terme de "conscription".
Ce système de l’obligation militaire sera supprimé au moment de la Restauration.
Et avec le service militaire obligatoire, disparaissent des mœurs et des coutumes inhérentes à l’enrôlement et qui ont donné naissance à divers objets, comme l’épinglette « bon pour les filles », la quille du libérable ou encore la cocarde du conscrit, sujet de cet article.
 
La conscription prenait la forme d’un tirage au sort. Cependant le tirage au sort n'offrait pas de possibilité d'échapper au service militaire, car seul le nombre d'années de service était une question de hasard : le service militaire pouvait durer jusqu'à cinq ans, le tirage au sort déterminait alors la durée individuelle pour chaque conscrit.
Après le tirage au sort fatidique, puis le conseil de révision qui éliminait ceux de mauvaise constitution ou ceux dont la santé mentale était chancelante ou encore les « soutien de famille », les hommes aptes partaient servir sous les drapeaux.
La conscription, à défaut d’être bien vécue par le jeune homme devienait alors un rite de passage de l’enfance au monde adulte, un évènement ultra-fêté. Cette « fête » était, implicitement, peut-être la dernière chance de voir un ami, un frère, un voisin ou un cousin car qui saivaitt s’il en reviendrait un jour ?
Le mythe des conscrits, joyeux, insouciants, partis fleur au fusil est tenace : les photos présentant une bande de conscrits joyeux et fêtards sont bien nombreuses. Mais derrière cette façade de circonstance, en 1914, c’est avec la peur au ventre que les conscrits iront au front se faire massacrer.
Les nouveaux engagés recevaient alors leurs insignes, leur épinglette  « BON POUR LES FILLES ! » et une cocarde tricolore, signes de leur nouvelle virilité acquise.
Vous pourrez trouver de très nombreuses informations sur ces cocardes : l’année d’enrôlement et de la classe, les mots « reçu », « bon pour les filles », « bon », « vive la classe », « vive la France », « gloire aux conscrits », « honneur à la classe 1905 » … En son centre, il y a parfois une médaille, sur un pompon plat pailleté, avec d'un côté Marianne et de l’autre la République française, ou une épinglette avec un décor symbolisant la République, épaulé d'un blason et les initiales RF.
Elle peut être agrémentée de plusieurs étoiles métalliques colorées mais aussi de pompons dorés ou argentés.
Les dernières cocardes datent de 1960 : à cette époque, le conseil de révision disparait.
N’oubliez pas d’être exigeants lors de vos achats : la cocarde doit être complète, en parfait état, avec le moins de tâches et de lacunes possibles et pour les plus récentes, dans leur boite d’origine. 

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