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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Coffret de mariage normand

Objets pour les dames
L’origine de ce coffre, appelé généralement "coffre de marin", est restée longtemps mystérieuse. Cette tradition est très comparable à la tradition des coffres de marins peints de Vendée.
Ce type de coffret se trouve aujourd'hui le plus souvent sous l’appellation de « coffre de mariage normand » ou « malle normande ».
Fabriqués en Normandie, ils étaient destinés à contenir les menus objets et effets précieux de la femme (coiffes et mouchoirs de cou par exemple). Il prenait place à l’intérieur de la grande armoire, apport en dote de la jeune fille à son nouveau foyer. 
Un certain nombre d’entre eux possèdent encore au dos du couvercle une étiquette portant un nom de fabricant et une adresse, généralement à Rouen. Leur décor comporte sur un fond uni, bleu, vert ou ocre, le plus souvent des fleurs, des cœurs, des oiseaux, mais aussi des draperies, des nœuds de ruban, peints à la peinture à l’eau donc fragiles. Leur fabrication se situe entre 1750 et 1850 environ. »
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Voici quelques généralités au sujet de ce type de coffre :
 
-Le couvercle est presque toujours bombé, à 99%, pour les malles, pas pour les coffrets (lire texte du musée Martainville reproduit ci-dessous).
 -Les coffres et coffrets sont réalisés en bois de hêtre.
 -Ils sont polychromes, dans une gamme de couleurs vives, rendues pastelles avec le temps!
 -On trouve une petite poignée de préhension au sommet du couvercle bombé, retenu par deux petites agrafes métalliques, ce qui implique que le coffret ne devait pas être lourd ni trop chargé car les agrafes n’auraient pas tenues longtemps.
-Les coffrets n'ont jamais de poignés ou prises latérales.
-On ne trouve pas de compartiments, ni d’étages amovibles dans ces petits rangements.
-Le coffre est toujours doté d’une serrure en métal, à moraillon, pour les plus gros. Les plus petits se contentent d’une simple fermeture par fils de fer.
-Les décors peints sont presque toujours les mêmes : fleurs sauvages, tourterelles ou oiseaux branchés, végétaux, lambrequins, rinceaux feuillagés ou végétalisés,autel de l'amour, cœurs, vases fleuris et fleurs, le tout peint de manière très naïve.Les scènes religieuses sont extrêmement rares sur les coffres normands. Tous ces ornements sont porteurs d’un message : il suffit de prendre le temps pour en comprendre la signification, en observant attentivement le décor.
-La totalité du coffre (partie extérieure) est peinte, elle constitue le fond du décor. L’intérieur n’était pas peint.
-La peinture employée est d’origine naturelle (pigments naturels), elle s’apparente à de la gouache. Ceci explique son altérabilité et le fait que les couleurs, vives à l’origine, soient très souvent fanées.
-Pas de charnières sophistiquées pour maintenir le couvercle au corps mais deux fois deux anneaux métalliques imbriqués et maintenus à la caisse de bois à la manière des attaches parisiennes.
-L’assemblage de la caisse et du couvercle est plus que simple : montage à vif, le tout cloué.
-Ce type de coffre est presque toujours de petite taille : hauteur moyenne : 30 cm – largeur moyenne : 60 cm – profondeur moyenne : 33 cm
 
En complément de cet article, voici un texte du musée de Martainville, sur ce type de coffret : il distingue deux tailles : les coffrets et les malles. Or dans mon article, j’ai mélangé les deux genres.
 
« Malles peintes de Rouen
Les malles et coffrets peints furent très utilisés entre la seconde moitié du XVIIIesiècle et 1870 pour contenir des effets vestimentaires, des coiffes, des colifichets, etc.…
Diffusés dans les campagnes et les bourgs par des colporteurs, ils connaissent un vif engouement auprès d’une clientèle modeste : paysannes, domestiques, marins.
En 1848, on comptait à Rouen 16 coffretiers employant probablement plus d’une centaine d’ouvriers.
Coffrets et malles sont en hêtre de la forêt de Lyons, débité dans les scieries locales et peint à Rouen. Les coffrets ont un couvercle plat et sont de taille variée le plus petit ayant la dimension d’une boîte d’allumettes. Ils se ferment par un simple crochet de fil de fer plié.
Les malles, de taille supérieure, ont un couvercle bombé et une serrure à moraillon. Une anse prend place au milieu du couvercle. La décoration est une peinture à la détrempe exécutée à main levée et vernie. Les motifs sont végétaux ou animaliers et empruntent au répertoire de l’armoire la symbolique de l’amour et du mariage. Parfois des événements politiques ou des faits locaux ponctuent la décoration. Ces objets sont un des symboles de l’art populaire rouennais. »
 
Je remercie vivement Madame LOUE, attachée de conservation au Musée de Martainville, pour le temps qu’elle m’a accordé et pour les précieuses informations qu’elle m’a fournies.

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