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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Coiffe bressane

Autour du beurre et du fromage
Coiffe bressane
Cette coiffe est bien étonnante par sa forme et sa couleur : voilà une coiffe noire qui n’est pas une coiffe de deuil !

 

Elle tire son origine du grand chapeau de feutre que portait autrefois les bressanes, au XVIème siècle, c’est vous dire à quel point c’est ancien.  C’est sous le Second Empire qu’elle devient telle qu’on la connait aujourd’hui mais son existence a été bien fugace : elle fut portée uniquement de 1850 à 1870.
 
Pourquoi, alors lorsque l’on tape « coiffe bressane » sur Internet, apparait-elle en premier ?
Simplement parce que, à cause de sa forme très atypique, les groupes folkloriques des années suivantes en ont fait un emblème régional. Mise en avant, exposée, portée lors de rassemblements présentant les costumes typiques et locaux, la coiffe bressane, a joué la carte du local. Franchement et pour l’avoir portée, cette coiffe, qui est parfaitement plate, se porte difficilement car elle tombe sans cesse et il faut se tenir bien droite pour qu’elle siège sur le haut du crâne, sans basculer.
 
Malgré ce détail, il est important de souligner que cette coiffe est relativement légère. La base plate est faite de carton et la cheminée est constituée d’une armature métallique recouverte de dentelle. Vous pourrez le constater, les formes des cheminées varient : c’est un élément distinctif pour identifier la région de provenance de la coiffe. Les cheminées de ces coiffes rappellent d’ailleurs les cheminées sarrasines de la région, elles perchées sur les toits des fermes.
Sur la coiffe, vous noterez 6 rangs de dentelle. Les fonds des broderies rivalisent de beauté car ils sont souvent brodés de fleurs ou de motifs végétalisant. Lorsque le fond est brodé, le motif est présenté à l’infini. La dentelle est généralement mécanique, car c’est la matière principale de la coiffe et cela aurait représenté une somme bien trop importante que d’acheter de la dentelle faite à la main. Trois larges pans de cette fameuse dentelle pendent, depuis le plateau, bien en dessous des  épaules. Devant, il y a une frange plissée, réalisée dans la même dentelle. Parfois, elle est tellement longue que celle qui voudrait la porter aujourd’hui n’y verrait rien et ça a été mon cas : la frange s’est muée en rideau ! Cette voilette, par sa longueur apportait une information importante sur celle qui la portait : plus elle était longue, plus la propriétaire était aisée.
 
La base de la coiffe, au niveau du pied de la cheminée, pouvait être rehaussée d’une chaine en métal doré, fini par des glands, symboles de force et de prospérité financière.
Sous cette encombrante coiffe, les femmes portaient une autre coiffe ou un bonnet, avec un peu de dentelles, qui constituent tout de même trois rangs.
 
Les coiffes étaient un élément distinctif social très puissant : plus ou moins de dentelle, plus ou moins de plis, votre niveau social et surtout financier se jaugeait en un coup d’œil.
 
Une fois que cette étonnante coiffe tomba dans l’oubli, pour ne pas rester tête nue, les femmes ont porté un « mouchoir de tête »

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