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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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AccueilEspace documentaireCoiffe de Sainte Catherine

Coiffe de Sainte Catherine

Objets pour les dames
Catherinette
Le 25 novembre, c’est le jour de la Sainte Catherine. Pour nombre d’entre nous, ce nous rappelle l'adage : « A la Sainte Catherine, tout bois prend racine » et les plus jardiniers d'entre nous filent dans leur jardin mettre en terre tout un tas de plantes. 
 
Mais le 25 novembre, c’est aussi le jour béni des Catherinettes.
Ah… Les vieilles filles…  Aujourd’hui, le célibat est plutôt mal vécu et être Catherinette, c’est plutôt vu comme étant une tare. Cependant, il suffit de repartir au début du XXème siècle pour se rendre compte à quel point cette fête était joyeuse et porteuse d’espoir pour toutes ces jeunes filles, en attente de fonder un foyer.
 
Mesdemoiselles, portez haut votre célibat et soyez fières d’être fêtées le 25 novembre !
 
Pour être catherinette, rien de plus simple : être une jeune fille de 25 ans et ne pas être mariée.
La tradition moderne veut que ces belles demoiselles portent un chapeau extravagant aux tons jaunes et verts confectionné pour ou par elles, à leur image.
La tradition plus ancienne permettait aux catherinettes de porter un chapeau tout à fait improbable, aux formes loufoques, ce qui avait le don d’attirer le regard sur elles.
Les plus sages se faisaient offrir une coiffe ou un bonnet assez typique : il est blanc, en dentelle simple, parfois très joliment rebrodé de motifs fleuris. Sa particularité tient dans sa forme : il possède deux sortes d’oreilles ou excroissances,  qui pendent ou d’étalent en éventail sur les côtés. Les bords du bonnet sont agrémentés de fleurs en tissu, blanches, roses, vertes et jaunes et de petits rubans noués aux mêmes couleurs. Le blanc est le symbole de la pureté, le jaune de la sagesse et le vert de l’espérance (et le rose c’est la couleur des filles !!!)
Cette tradition était très suivie dans le monde de la confection : couturière, modiste, grisette,…
 
Mais quelle est l'origine de cette tradition? 
Et, bien, elle s’inspire directement de la vie de Sainte Catherine d'Alexandrie.
Née à Alexandrie au sein d'une famille noble, Sainte Catherine se convertit au christianisme à la suite d'une vision. Jésus, ému par sa ferveur, contracte avec elle un mariage mystique sous les yeux de Marie et de la Cour céleste. 
Très intelligente, elle suit les cours des plus grands maîtres chrétiens et on dit qu'elle réussit à démontrer à 50 grands philosophes d'Alexandrie la vanité des idoles et la fausseté de leur foi, jusqu'à les convertir tous.
Impressionné, l'empereur Maxence lui propose un mariage royal, qu'elle refuse par fidélité envers son mari mystique. Humilié, l'empereur lui fera subir le supplice de la dislocation des membres sans succès, puis le supplice de la roue duquel elle sort indemne. Elle finira décapitée le 25 Novembre 307 et deviendra la seule Sainte du paradis à posséder trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des docteurs de l’Eglise et la rouge des martyrs. 
 
Sainte Catherine est donc aujourd'hui la sainte patronne des filles à marier.
 
Cette tradition festive remonte au Moyen-Age. A l'époque, les filles de 25 ans qui n'étaient pas encore mariées revêtaient des tenues et des chapeaux extravagants et se rendaient en cortège dans les églises ayant une statue de Sainte Catherine pour la parer de fleurs, rubans, chapeaux ... Elles coiffaient la statue Sainte Catherine dans l'espoir de trouver un mari ! On appelait cela « coiffer Sainte Catherine ».
Puis, elles allaient au bal, danser et s’amuser, et celles qui voulaient trouver un mari se mettaient un chapeau complétement fou sur la tête. Elles y accrochaient des objets jaunes et verts pour se faire remarquer.
Dans le nord de la France, les jeunes filles s'envoyaient entre elles, uniquement ce jour-là, des cartes postales figurant une catherinette, se souhaitant bonheur conjugal et entretenant ainsi de doux espoirs.
 
Et les Messieurs alors ? Et bien la tradition leur avait donné Saint Nicolas, comme patron protecteur. Et donc point de chapeau mais une crosse ! Et oui, eux aussi peuvent indiquer à toute la société qu’ils sont bons à marier ! Ils devenaient alors les « rois de la Sainte Catherine » ou les « rois Sainte Catherine »

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