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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Couade

Objets de la cuisine
Voici un joli objet ancien que j’aurai mis, à m’en couper la main, au masculin. 
Après réflexion et recherches, je préfère garder ma main et je le mets au féminin, puisque c’est ainsi qu’il en est. Il faut donc dire « une couade ».
 
La couade est une sorte de louche, dotée d’un long manche tubulaire, creux et percé sur toute sa longueur, du louchon à  la pointe du manche.
Avec le louchon, on puise de l’eau puis on pose la couade en équilibre sur un rebord. Le long goulot est en fait légèrement incliné et donc l’eau s’écoule en petit filet, plus ou moins à la manière d’un robinet.
Indissociable d'un contenant de type seau, la cassotte (son nom charentais) trouvait sa place sur un évier en pierre ou la margelle d'un puits.
Son usage est, comme dit précédemment, multiple : on s’en servait pour faire sa toilette, se laver les mains, boire à la régalade, à la fois grâce à la louche mais aussi grâce au fin filet d’eau obtenu par le goulot, comme celui d’un robinet finalement. Une fois utilisée, on reversait le trop plein d’eau contenue dans la couade directement dans le seau. Ainsi, point de gaspillage !
 
Utilisé dans de très nombreuses régions du sud de la France, on trouve cet objet sous les noms et l’orthographes suivants : « quouado » en patois bas-limousin (en Corrèze),  en français, on le nomme « godet », « louche à eau » et je l’ai trouvé dans un catalogue de ventes aux enchères sous le nom de « poche à eau ».
Vous le trouverez aussi sous l’appellation « cassotte » en Charente ou encore « coussotte », « lo couado » dans le Cantal et encore « canole » en Dordogne.
 
En ce qui concerne l’étymologie, le mot « couade » vient directement de « quado », qui signifie littéralement : écuelle en bois et sans oreilles. Mais la couade tient plus, en terme de forme, d’un godet que d’une écuelle. En outre, on appelle « casso », en Occitan, un « poêlon », le même qui a donné casserole et cassoulet.
Avant l'arrivée de l'eau courante, l'évier était constitué par un énorme bloc de pierre pris dans le mur de la cuisine, nommé « ayguière ». Il était doté d’un déversoir dépassant à l'extérieur, drainant les eaux usées dehors, appelé quant à lui, « coussotte ». Et voilà une autre piste !
 
Apparue vers le XVIIIème siècle, la cassotte a progressivement disparu avec l'installation de l'eau courante. Relégué parmi les antiquités et autres objets dont on ne sait plus quoi faire, le mot lui-même est alors tombé en désuétude. Cependant, il est important de préciser qu’on a utilisé les couades jusque vers les années 1980, dans les régions les plus rurales et les plus isolées.
 
C’est donc dans les vide-greniers et autres brocantes, que l’on trouve aujourd’hui les couades.
Vous pourrez en chiner des modèles en tôle de fer, en fer étamé, en cuivre rouge étamé, en laiton, en fer blanc, en terre cuite, en bois monoxyle, en écorce et les plus récents en plastique.
Il est d’ailleurs établi que les couades étaient fabriquées avec du bois de noyer ou de châtaignier, bois qui ne craignent pas l'eau ou d'écorce de bouleau.
 
Source pour cet article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cassotte

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