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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Crachoir

Objets de la médecine et la pharmacie
Un crachoir est un récipient destiné à recevoir des crachats. 
Je dois être honnête, une seule chose me vient à l’esprit, c’est beurk !
Mais cet objet dont l’usage est tombé en désuétude, fait parti de notre patrimoine et mérite de trouver ici sa place. Alors, go, pas de chichis, faisons connaissance avec le crachoir !
Un crachoir est généralement circulaire, à fond plat, en métal ou en céramique. Il peut être couvert ou non, pour un coté plus hygiénique et cacher la vue du contenu... Il faut aussi souligner que le crachoir fut utilisé pour inspecter les expectorations, en apprécier la consistance et la couleur. Inversement, certains crachoirs contenaient de la sciure pour absorber les crachats et permettre un nettoyage plus facile du réceptacle.
Il peut aussi comporter une large collerette fixe ou mobile, peut encore être muni d’une longue fente ou des petits trous au centre d’un couvercle fixe ou mobile en forme de large entonnoir. Un tiroir ou un collecteur mobile situé dessous reçoit le crachat.
Le crachoir donc est vidé soit par son ouverture soit par une ouverture latérale soit encore, comme indiqué précédemment, par un tiroir placé au dessous.
Le crachoir peut comporter une ou deux anses ou bien des poignées ou prises.
 
Le crachoir fut employé dans deux situations distinctes : 
La première est sanitaire et médicale et relève d’un besoin d’expectorer et donc de cracher. L’usage du crachoir fut étroitement lié au traitement de la tuberculose et d’autres maladies pulmonaires infectieuses.
Il permettait au besoin, comme indique ci-dessus, d'en mesurer la quantité et d'en observer l'aspect.
Les patients des sanatoriums se déplaçaient avec leur crachoir de poche ou portatif, individuel bien sur. 
Ces crachoirs de poche sont en forme de tube en métal ou de petite bouteille munie de deux orifices, fermés par un couvercle ou un bouchon, un en haut et l’autre en bas. Celui du haut est large et permet de cracher dans la fiole, celui du bas est bien plus petit et permet la vidanger et un nettoyage de la fiole. 
Sur les champs de bataille lors de la guerre de 1914-1918, dans les infirmeries mobiles, les malades possédaient leur crachoir en tôle émaillé. 
L’autre usage est lié à la consommation du tabac et plus particulièrement à la mode du tabac à chiquer.
Chiquer c’est mâcher un morceau de tabac pour en extraire le jus, tout en crachant régulièrement le surplus, d’où la nécessité du crachoir !
Ce mode de consommation du tabac a perdu sa popularité au début du XXème siècle au profit du tabac à fumer, plus convenable en société, tout en permettant d’améliorer l'hygiène publique collective, car il était tout à fait permis et admis de cracher au sol dans un lieu public.
Ces crachoirs publics se distinguent des autres par leurs formes : ils sont en fonte, rectangulaires et forment des réceptacles grands et non couverts.
Ils prenaient place dans les bistrots majoritairement, puisque c’est un lieu social dans lequel le client chiquait à loisir et parfois même, le crachoir trouvait sa place directement sur le comptoir. Ils étaient alors remplis de sciure ou de sable et attendaient de recevoir les chiques.
Au milieu du XIXème siècle, il se vendait alors dans les magasins toutes sortes de crachoirs: crachoirs de poche ou sur trépied, crachoirs hygiéniques, combustibles, en carton, en verre, en porcelaine, en opaline, en faïence, …
« Après l'épidémie de grippe espagnole de 1918, l'hygiène et le savoir-vivre condamnèrent l'utilisation de crachoirs publics et son usage déclina rapidement. La cigarette fut alors considérée comme plus hygiénique, car elle ne faisait pas cracher contrairement au tabac à mâcher. Aux États-Unis, la gomme à mâcher (appelée chewing-gum en Europe francophone) remplaça le tabac à mâcher parmi de nombreux jeunes. »
Extrait issu de http://fr.wikipedia.org/wiki/Crachoir
L’usage du crachoir permettait de ne pas cracher par terre et ainsi prévenait la transmission des maladies contagieuses. 
Il se popularise dès la seconde moitié du XIXème siècle, si bien que l’on pouvait trouver des crachoirs partout, à la fois dans les maisons privées et dans les lieux publics.
Cracher, au XIXème siècle, ne revêt pas l’aspect dégoûtant qu’on lui confère maintenant.
En France, on connaît son usage depuis le Moyen Age, mais il servait alors de poubelle de table dans laquelle on jetait tout type d’ordures comme des pelures de fruits et de petits os et dans lequel on crachait bien sur !
On chique toujours dans certaines parties du monde, comme au Pakistan ou en Suède par exemple.
Et pour information, la Chine a décidé de supprimer les crachoirs des lieux publics seulement à la fin des années 1980.
Enfin, le crachoir est toujours utilisé en œnologie : c’est un genre de vase qui reçoit le vin qui a été grumé. Sa forme est vraiment différente donc ce type de crachoir se reconnaît aisément.
Et pour finir « tenir le crachoir à quelqu'un », c’est l'écouter sans pouvoir parler.

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