Nous utilisons des cookies pour garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser celui-ci, nous considérons que vous en acceptez l'utilisation. plus d'informations
fr
Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
Menu
Rechercher un objet
AccueilEspace documentaireCrochet de tablier

Crochet de tablier

Outils et instruments des métiers d'autrefois
Crochet de tonnelier
Ces petits crochets sont typiques d’une catégorie socioprofessionnelle : les artisans. 
Aujourd’hui collectionnés pour leurs décors, les crochets de tablier étaient utilitaires jusqu’au début du XXème siècle.
Les plus anciens dateraient de la fin du XVIIème siècle. Il s’en trouve d’ailleurs encore chez certains bons quincailliers, mais malheureusement, la qualité de la ciselure et la finesse du décor ne sont plus au rendez-vous.
L’artisan s’en servait pour attacher son tablier. Il  réunissait les deux liens, dont l’un était muni d’une boucle et grâce au crochet recourbé fixé sur l’autre patte, il maintenait son tablier (en tissu épais ou en cuir) serré autours de sa taille. Certains crochets possédaient en outre une chaîne (voir photo ci-dessous). 
Rendu bien visible par tous car positionné dans le dos de l’artisan, le crochet mettait en avant l’appartenance à une corporation.
Ce qui en fait des pièces de collection aujourd’hui, c’est précisément le décor de la plaque.
Chaque corps de métier avait ses propres attributs portés fièrement, tel un emblème.
La majorité des attributs peut aisément se reconnaître. 
Ainsi, pour les plus simples et évidents : le tonneau va au tonnelier, la marguerite au jardinier, le collier de trait au bourrelier, le coq à l’éleveur de volaille, la locomotive au cheminot ou au mécanicien vapeur, la tête de chien au ceinturier fabricant de colliers, le chien (en entier) au tondeur de chien, le polichinelle est attribué au fabricant de jouets et ainsi de suite…
En lire plus
D’autres demandent un peu plus de temps de réflexion pour les attribuer à une profession. Même pour les plus doués d’entre nous, il faut avouer qu’en reconnaître certains tient de la devinette. Un enchevêtrement d'outils et une surface parfois usée contribuent à rendre l’identification ardue. Une bonne connaissance des outils anciens est donc nécessaire.
 
Attention, il existe plusieurs variantes de décors pour un même métier. Par exemple, un serrurier pouvait porter un crochet représentant un serrurier avec son passe-partout, ou des clés, ou encore un vilebrequin, une serrure et des clés. 
Quel délice pour les collectionneurs d’exhumer toutes les facéties de ces corporations ! 
 
Voici un inventaire des métiers que vous pourrez reconnaître : armurier militaire ou armurier fourbisseur, apothicaire et préparateur en pharmacie, bottier, boucher, bourrelier, broyeur de couleurs, cavalier, ceinturier (ou fabricant de colliers de chien), charron, cloutier, boutonnier, charpentier, cheminot ou ouvrier vapeur, cordonnier, couvreur, débitant de boissons, éleveur de volailles, ferblantier, forgeron, jardinier, luthier, maréchal-ferrant, menuisier, lanternier, dinandier, peintre, corroyeur, plombier, relieur, rémouleur (ou coutelier), sabotier, facteur de chaise, tanneur, sellier, serrurier, serveur, tapissier, tondeur de chiens ou de moutons, tonnelier, tourneur, fabricant de jouets ou marionnettiste. 
Il se peut que d’autres corps de métiers aient été représentés mais la liste ci-dessus est celle des métiers les plus couramment rencontrés.
 
Une autre série de crochet existe, elle ne fait pas référence aux métiers.
Elle met en avant des notions de patriotisme, des idées politiques monarchiques, républicaines ou des idéaux.
Ainsi, la fleur de lys incarne le Royalisme, le cœur la charité et l’amour, le profil de Napoléon est un hommage à l’Empereur.
Des divinités grecques sont aussi représentées : certains profils font penser à Minerve, la déesse casquée grecque de la guerre ou à Zeus, dont le casque est en forme de crâne de bélier à cornes (les cornes du bélier, en forme de spirales, symbolisent l'éternel recommencement ou l'éternelle renaissance de la vie). L’étoile représente, quant à elle, le pouvoir politique à moment de l’Empire, tout comme d’autres attributs politiques tels que le tricorne de Napoléon croisé avec son épée.
On y retrouve aussi représentées des vues de la tour Eiffel ou un profil de Marianne, emblèmes, quant à eux, de la République.
 
D’autres motifs sont répertoriés. Ils sont parfois moins porteurs d’une symbolique que les autres tels que le joueur de flûte romantique, un couple enlacé, un visage de satyre, …
Entre ces deux séries, c’est celle des métiers qui est la plus recherchée car elle met en avant l’esprit de corporation.
 
En ce qui concerne les matériaux dont ils sont faits, pour les plus courants (à savoir ceux du XIXème siècle), les plaques décoratives sont en laiton et le crochet est, quant à lui, en fer. 
 
De nombreux crochets ont été cassés et ont été remplacés par des clous recourbés en fer. Cette réparation nécessitait souvent de percer la plaque décorative pour y fixer le nouveau crochet.
Quelques rares crochets sont en bronze, mais c’est vraiment peu courant car cela les rendaient lourds.
Parfois, la plaque décorative et le crochet sont fondus ensemble, pour un travail plus soigné.
Les plus anciens sont en fer ciselé, parfois non fondus, mais étaient fait d’un seul métal pour une plus grande solidité.
Le crochet peut être mobile ou fixe. 
Au dos des crochets, il peut se trouver des initiales, celles du fabricant. 
Les plus connues sont "CF" de part et d’autre d’une encre marine : elles appartiennent à la maison Camion Frères qui à travaillé de 1820 à 1886 à Vivier-au-Court dans les Ardennes. 
Une autre marque ressort : c’est GP mais elle n’a pas été encore attribuée à un fabricant.
 
Un crochet est plutôt petit : de 3cm de haut au minimum à un peu plus de 5cm pour les plus grands.
De nombreuses informations de cet article sont issues du document suivant : http://ofildutemps.aliceblogs.fr/_attachments/4210234/crochets-de-tabliers-jean-tremblotV2.pdf

Galerie photos