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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Croix des Villards

Bijoux régionaux
La croix plate des Villards est une des plus anciennes croix de Savoie et certainement l’une des plus recherchées !
Et d'ailleur les amateurs ne s'y trompent pas, les prix de vente sont vraiment à des années lumières de toutes les autres croix régionales. 
 
« La grande croix de Saint Colomban ou des Villards est certainement l’une des plus anciennes de Savoie. Fabriquée tout d’abord selon la tradition par les artisans de la vallée, elle est en argent et plate, et présentait autrefois la forme parfaite de la croix grecque. Elle peut mesurer jusqu’à 15 cm dans les deux dimensions. Vers 1830 environ, l’usage s’est établi de décorer d’un trèfle l’extrémité des bras, d’où son appellation de croix en trèfle. Depuis les années 1850-1860, les femmes ont pris l’habitude de faire graver leur nom et prénom sur une face de la branche horizontale, sur le côté figurent les instruments du crucifiement et le monogramme du Christ. Plus tard, la mode s’est répandue de porter des croix Grille à figurine du Christ, de taille semblable à la croix en trèfle. »
Extrait de l’ouvrage : « Bijoux des régions de France », par Claudette Joannis, Flammarion, p.186
 
C'est donc en Maurienne, à Saint-Colomban-des-Villards, que les femmes portaient ce bijou unique par sa taille et sa forme, sur leur costume traditionnel. C’est un bijou régional simple, efficace, et quelque peu rustique, mais démentiellement imposant, par sa taille hors norme !
 
Il se dit que les croix anciennes étaient fabriquées à partir de pièces de monnaie en argent fondues, offertes à la future mariée.
Pour être complète, la croix des Villards doit être portée avec son coulant en forme de cœur. Il est lui aussi de belle taille et festonné sur les bords. Cet ensemble était porté sur ruban de satin noir, sur un ruban tricoté, sur une chaine en or, un ruban brodé de perles de rocaille multicolores.
 
Sur le revers, il est possible de trouver parfois les initiales de la femme qui la portait, pas uniquement son nom en entier et parfois, il est accompagné d'une date. Regardez attentivement les cartes postales anciennes, vous noterez avec intérêt que les jeunes filles portaient elles aussi cette belle et grosse croix... Ce n'est donc pas uniquement une question de mariage, comme pour les autres croix régionales. Or, à ce sujet, il y a très peu d'informations. Pourquoi? Il n'est pas question de secret mais de discretion nous dirons. Les bijoux se transmettent de femme en femme, en dehors de toute règle d'héritage ou de passage chez le notaire. C'est un patrimoine caché, qui se donne et c'est comme cela depuis toujours. D'une manière générale, le montagnard est discret sur ses biens, il ne communique pas sur ses revenus ni sur ses possessions. Un bon moyen de ne pas se faire embêter!
 
Aujourd’hui ce type de croix est très rare et bien sûr recherché des collectionneurs.
Si vous en avez une qui traine dans vos tiroirs, je suis acheteuse!

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