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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Doigtier de moissonneur

Objets de la vie pastorale et agricole
Doigtier de moissonneur
Un doigtier de moissonneur a pour but de protéger les doigts de l'homme qui coupait une brassée de céréales, lors des moissons.
 
Voici plus d'informations à son sujet, pour mieux connaitre cet objet déjà oublié.
La plupart du temps, vous le trouverez sous la forme d’un  morceau de bois évidé et sculpté dans une forme assez élégante : fuselé avec de jolies lignes épurées, dont l’extrémité est fine, élancée et pointue. Cette extrémité permet de rassembler un grand nombre de tiges dans un seul mouvement ample et se frayer un chemin entre les tiges par sa forme effilée.
Dans la cavité de l’étui, le moissonneur peut loger 3 à 4 doigts, les protégeant ainsi contre les coupures dues à l’emploi de la faucille et contre les piqures de chardons. Le pouce, quant à lui, est libre pour saisir les javelles, qui sont les gerbes de blé, de seigle ou d'avoine), qu’il laissera au sol, pour que les épis sèches et que le grain jaunisse.
 
Dans l’étui, il peut se trouver 3 ou 4 logements individuels très nettement sculptés ou un espace collectif.
Le doigtier est porté sur la main opposée à la celle qui tient la faucille.
Vous noterez aussi qu’il y a deux trous sur le dosseret, afin de pouvoir l’accrocher au poignet durant son emploi. Ces trous sont sur la face qui est sur la main. Le lien servait aussi à le suspendre à la ceinture, pour ne pas le perdre car chaque moissonneur possède son propre matériel, qu’il ne prête pas. Le protège-doigt est un bien personnel, adapté à son propriétaire et fait par lui-même, tout comme la faucille, le coffin et la pierre à affuter. Il était fabriqué par son propre utilisateur, patiemment sculpté durant les longues veillées d’hiver.
 
Dans certaines régions de France, les faucilleurs fabriquaient cette protection avec de simples tronçons de canne de Provence ou de roseaux enfilés sur les doigts, mais le plus souvent il prend la forme d’un fourreau en bois. On rencontre également des modèles en cuir et en corne.
Les modèles en cuir se ferment par des boucles métalliques, permettant un meilleur ajustement. En outre, le cuir offre un meilleur confort, plus de souplesse et de flexibilité dans le geste. Il existe un nombre de protection de doigts variables, de 3 à 4, comme sur le modèle en bois.
 
Vous pourrez tout à fait remarquer sur certains modèles en bois, de belles entailles laissées par la lame de la faucille. La protection remplissait alors fort bien son office.
Cet étrange objet se trouve partout en France mais aussi en Espagne, où il s’appelle « zoqueta », en Grèce, en Bulgarie, en Roumanie, …
Il est appelé également : « protège doigts », « onglet », en catalan « esclopet », « dedaou » en Provençal, …
 
Il faut bien garder présent en mémoire que le moissonneur d’autrefois coupe inlassablement des sillons entiers de céréales, à la seule force de ses bras, le dos courbé, de longues heures durant. C’est un travail pénible et uniquement masculin, qui nécessite parfois l’emploi de journaliers pour aider sur l’exploitation. Ces hommes qui louent leurs services au jour sont en quelques sortes les emplois précaires d’autrefois. Pour se faire embaucher, il fallait se présenter tôt le matin, avec son casse-croîte, son bousset (tonnelet portatif qui est une gourde) et ne pas rechigner à la tâche. Seuls les plus efficaces et les plus dociles étaient réembauchés le jour suivant, en fonction du travail restant à faire. Entre voisins, on s’aidait mutuellement, au gré du murissement des parcelles.
 
Source : http://vieux-outils-art-populaire.blogspot.fr

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