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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Essuie-plume

Objets pour les dames
Un essuie-plume est un accessoire autrefois indispensable pour l’écriture, mais, qui est, aujourd’hui, tombé en désuétude. Dommage…
J’aime particulièrement ce genre d’objets, aujourd’hui insolites, mais qui ont une belle histoire à raconter.
 
Rien que son nom nous en dit long sur son usage : il servait en effet à retirer de la pointe de la plume l’agglomérat de particules de papier arrachées de la feuille, qui finissait par constituer un tas de cochonneries qui empêchaient l’arrivée de l’encre, faisait baver la plume, qui de ce fait, traçait un trait plus gros et irrégulier. La cata, quoi !
 
De tous temps, l’outil affûté et pointu qui servait à écrire avec de l’encre  comme le calame, puis  la plume d’oie et enfin la plume métallique se sont encrassés, à cause du frottement ou plus précisément du grattage de la pointe sur le papyrus, le parchemin, le papier.
 
Il a donc fallu, dès les débuts de l’écriture, trouver quelque chose qui permettrait de nettoyer rapidement la plume, sans dommage pour celle-ci.
Scribes, écrivains publics ou privés, moines copieurs, instituteurs ont donc utilisé un chiffon de tissu non pelucheux, une brosse ou une peau fine pour essuyer la pointe de leur outil et ainsi lui rendre son efficacité.
 
Au milieu du XIXème siècle, trois éléments se combinèrent pour rendre l’essuie-plume plus utile que jamais :
-          la production de masse de papier de qualité médiocre dont les fibres se détachaient facilement,
-          la production d’encre bon marché, mal stabilisée, qui laissait un dépôt pâteux au fond de l’encrier
-          l’arrivée massive de la plume métallique dont le bec dur et pointu arrachait plus de fibres que la plume d’oie, ceci combiné, comme indiqué ci-dessus, avec un papier de mauvaise qualité, … la plume s’encrassait donc tout le temps !
 
Le chiffon devint plus indispensable que jamais, dans les milieux simples et peu fortunés.
Cependant,  dans les intérieurs bourgeois de l'époque, un chiffon taché d’encre posé sur le bureau n’était pas du meilleur effet. Il se développa alors une petite industrie d’essuie-plumes plus ou moins décoratifs, création qui perdurera jusque dans les années 1920, époque à laquelle elle disparut avec l’arrivée du stylographe dont la plume arrondie n’arrache pratiquement pas le papier.
 
Il existe différentes types d’essuie-plumes. Ils se composent principalement d’un médium peu couteux sur lequel on frotte l’extrémité de la plume pour retirer les résidus qui s’y sont collés. On en trouve en papier, en tissu, en peau, en fibres végétales ou en poils d’animaux.
Les plus simples et les plus courants sont constitués de rondelles de tissu ou de peau de diamètres souvent différents maintenus ensemble par une attache centrale qui peut être décorative (bouton, petite statuette). Les bords des ronds sont parfois crantés pour éviter l’effilochage du tissu.
Il existe un autre modèle peu onéreux, qui est constitué d’une bande de papier adsorbant enroulée serrée en spirale est insérée dans une simple coupelle à hauts rebords évasés ou dans un vase miniature. La plume est nettoyée en la piquant entre les spirales de l’enroulement.
 
L’essuie-plume le plus répandu est très certainement celui qui est composé d’une brosse sommitale, donc qui est recouvert de poils. Grâce à la créativité des hommes,  ce type d’essuie-plume  se prête à toutes les formes décoratives, surtout les formes animalières, comme le sanglier, la tortue, ... Le support en bois qui retient les poils est en effet inséré dans un contenant ou dans une figurine décorative, se retrouvant de fait, poilue !
 
Les collectionneurs n’oublieront de compléter leur collection par les essuie-plumes plus fonctionnels mais sans décoration, qui ont été fabriqués pour les entreprises et les administrations. Il existe aussi des essuie-plumes publicitaires, qui peuvent, eux-aussi venir compléter une collection.
On retrouve aussi des essuie-plumes sur les nécessaires à écrire de voyage, les écritoires portatifs et sur certaines écritoires.
 
Les prix sont abordables, il y a donc moyen de se faire plaisir sans se ruiner !

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