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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Ex-voto

Art religieux
Ex-voto de Notre-Dame-de-la-Garde
Le terme est composé du latin « ex » (« à la suite de », « selon ») et de « voto » (qui signifie « vœu »), dérivé de « vovere votum » (littéralement : « faire un vœu ») et est directement issu de l’expression « ex voto suscepto » signifiant « en conséquence d’un vœu », sous sa forme contractée. 
Le mot latin « ex-voto » est donc la traduction de « selon le vœux fait ».
Un ex-voto est une offrande matérielle faite à un dieu en demande d'une grâce ou en remerciement d'une grâce obtenue.
Les ex-voto étaient offerts et déposés sur les lieux de culte. Ces objets peuvent prendre de multiples formes : plaques anatomiques représentant la partie du corps malade et guérie, bijoux, entraves de galériens, plaques de remerciements, tableaux de facture souvent très naïve, mais aussi, selon les régions, les sujets de remerciements et les époques : maquettes de bateaux, broderies, couronnes de mariées, volants d'automobile, béquilles, …
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Origine et histoire des ex-voto 
La notion d’"ex-voto" est originellement en corrélation avec la dévotion envers une divinité. 
Selon les historiens, il serait possible d’en faire remonter la pratique dès les premières ères néolithiques, mais il faut encore pouvoir le prouver. Les sujets anciens les plus frappants, attestés et reconnus mondialement prennent siège dans les civilisations égyptienne et mésopotamienne. 
De ce fait, les premiers dépôts votifs « attestés » sont localisés à Chypre aux environs du Ier millénaire av. J. C., en droite filiation, semble-t-il, de l’usage qu’en firent les Grecs, les Étrusques et le monde romain qui usèrent abondamment de l’ex-voto. L'ex-voto romain et gallo-romain est parfois revêtu de la formule latine abrégée V.S.L.M. qui signifie « Votum Solvit Libens Merito », traduit par "il s'est acquitté de son vœu, de bon gré, comme il se doit".
Il paraît attesté, en outre, que l’ex-voto n’a pas pris part aux rites religieux gaulois. Il sera, a contrario, parfaitement assimilé en Gaule romaine, particulièrement dans le cadre du culte de l’eau et des divinités guérisseuses.
Directement héritées du paganisme, ces coutumes perdureront au sein du haut christianisme. Dans un premier temps combattu par l’Église durant le Haut Moyen Âge, le dépôt d’ex-voto sera normalisé sans être toutefois rattaché à aucun exercice liturgique officialisé. Dans toute la chrétienté, le fait votif sera intégré aux manifestations cultuelles et aux pèlerinages. En aparté des cultes officiels, la religion populaire usera abondamment d’ex-voto, dans un culte parfois aux frontières avec la superstition. 
L’ex-voto est un fort symbole de foi et de reconnaissance en vers un ou plusieurs dieux/déesses.
Il est bien souvent il est lié à une fortune dans une situation de fort danger, comme en mer (exemple : bateau en perdition dans la tempête), lors d’une expédition militaire lointaine et très souvent aléatoire, lors d’un voyage au long cours pour les bâtiments de commerce, mais aussi pour une guérison, pour une vie sauvée dans un accident (accident de carriole, de cheval…). L’homme, démuni face à la maladie, face à la nature et souhaitant préserver sa vie et celle de ceux qui l’entourent, se vouait alors à un dieu, celui qui saurait intercéder le mieux en sa faveur. 
Puis, le Christianisme recouvrant et s’appropriant l’ensemble des pratiques païennes, c’est vers la Vierge Marie ou vers des saints spécifiques, que l’homme s’est tourné. 
En guise de remerciement pour la grâce obtenue ou pour le vœu formulé, le requérant offrait quelque chose.
Le bon exemple, c’est l’ex-voto marin : nous en avons tous croisé un, une fois dans notre vie, au cours de la découverte d’une église ou d’une chapelle de bord de mer. De très nombreux bâtiments religieux ont « hérité » d’ex-voto que les marins et/ou leur famille confectionnaient eux-mêmes. Ils pouvaient aussi en passaient commande auprès d’artisans spécialisés, lorsqu’il s’agissait de peintures, par exemple.
Sachez qu’il existe cependant 4 différents types d’ex-voto : 
-l’ex-voto « suscepto » : le bien matériel est offert en remerciement d’un vœu exaucé ou d’un engagement pris.
-l’ex-voto « propiatoire » : le don est fait afin de solliciter la grâce ou la protection d'un saint ou d'une sainte.
-l’ex-voto « gratulatoire » : le cadeau est remis par simple dévotion.
-l’ex-voto « surérogatoire » : le cadeau est fait car conseillé ou recommandé en matière de dévotion.
Ces différents gestes révèlent l’unique nature de l’ex-voto : l’échange d’un bien matériel contre un désir. 
L’ex-voto est en quelque sorte un contrat caractérisé par la création d’un lien sacralisé entre le déposant et la divinité sollicitée ainsi que par l’engagement spirituel et/ou la gratitude du requérant.
L’ex-voto n’a d’autre valeur que celle qui lui est accordé par le déposant. 
L’objet en lui-même est très souvent plus symbolique que qualitatif. 
Les plus beaux ex-voto sont très souvent de facture naïve, faits main ou sans grand intérêt artistique. Mais, c’est justement cela qui les rend très touchants et les intègre pleinement dans l’Art Populaire.
L’évêque d’Aoste, qui inaugura une exposition d’ex-voto en 1983 dira : « La simplicité de la foi se lie à l’ingénuité de l’art. »
 
Je vous invite à lire le long article à ce sujet, qui retrace l’histoire de l’ex-voto et donne de très nombreuses précisions : « Dictionnaire des objets de dévotion, dans l’Europe catholique », édition de l’amateur, article p.159-166
Sources : 
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ex-voto
http://www.ex-voto-marins.net/pages/origine.html

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