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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Fer à coque ou à balloner

Objets pour les dames
FER A BALLONNER OU A COQUE
 
C’est grâce à l’évolution du costume que le « fer à coque » vit le jour. Il appartient à la vaste famille des fers à repasser.
En effet, à la fin du XIXème siècle, les robes des dames se parent de manches ballons, d’une multitude de volants, de rubans de soie et de satin et de pièces de dentelle et cela entraine inévitablement l’apparition d’instruments spéciaux pour l’entretient, le repassage et le lissage de ces délicates parties de vêtements : les fers à coque sont nés.
 
Le fer à coque classique se reconnait facilement : il s’agit d’un œuf en fonte, lisse, qui peut avoir différentes tailles (voir photos ci-dessous). Il est monté au bout d’une relativement longue tige métallique, à l’extrémité de laquelle se trouve soit une prise (ou poignée) en bois, soit un cône de bois ou en fonte (celui-ci est parfois de forme trapézoïdale). Ce cône permettait de fixer le fer sur un support vertical, en l’enfonçant dans celui-ci. Le support pouvait être de différents types : un repose-fer (un trou était ménagé au centre de celui-ci pour recevoir le cône), un support en bois, un trépied pour les plus anciens ou un étau fixé sur la table. Ce support devait avoir deux qualités essentielles : être stable et robuste !
 
Le fer à coque peut aussi prendre la forme d’un champignon, lui aussi de dimensions variées. Il se reconnait car il ressemble à une tête à chapeau, mais il est en fonte.
Notez au passage que la tête (l’œuf) est vraiment très lourde.
La repasseuse avait ainsi les mains libres pour repasser les pièces compliquées et lisser la dentelle, les fonds de bonnets, les manches bouffantes, les parties bouillonnées des vêtements.
C’est au gré de ces différents usages, que le fer à coque s’est doté de différents noms tels que « fer à ballonner », « fer à repasser les fonds », « coque à repasser », « fer à godronner ».
D’ailleurs, il se dit que l’expression « fer à coque » vient du fait que cet instrument facilitait le repassage des coques de bonnet.  Ces fers, bien que particuliers dans leurs formes, se chauffaient comme des fers ordinaires.
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Le fer à coque était employé par les repasseuses, les lingères et les blanchisseuses. Il semblerait aussi que certaines fleuristes s'en servaient pour modeler à chaud des fleurs artificielles, ainsi que les  modistes, pour thermoformer le feutre des chapeaux.
 
Il est important de noter que l’ancêtre de ce fer est « le fer girafe » ou « fer à ruban » : l’œuf situé au sommet est remplacé par un petit cylindre rectiligne ou légèrement arrondi. Il permettait de repasser les fonds étroits ou des rubans. Ce type de fer a été employé dès la fin du XVIème siècle.
Dans la même famille, on peut noter la présence du  « fer kabyle », qui est un fer à ballonner. Il est fixé au bout d’un manche et présente une petite semelle plate entièrement ovale ou à nez pointu (voir photo ci-dessous).
L’ultime évolution du fer à coque fut le fer à repasser de la marque Babeth, électrique bien sûr !
 
Le fer à coque appartient aux objets de la vie domestique et c’est aussi un objet issu de la métallurgie. Aujourd’hui, il n’est pas rare d’en croiser lors de ventes aux enchères d’Art Populaire.
 
Pour les accros du repassage : le « ballonnage » c’est la mise en forme des parties bouffantes des vêtements, presque sphériques comme les manches ballons, le haut des manches bouillonnées, les fonds et les rubans de bonnet.
 
Une grande partie des informations de cet article sont issues des ouvrages suivants :
-« Les fers à repasser », par Edith Mannoni, édition Massin, p114
-« Objets civils et domestiques », de C.Arminjon et N.Blondel, p.374

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