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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Fer à hosties

Art religieux
Fer à hosties XVIIIème siècle
Le fer à hosties est une matrice qui permet de réaliser plusieurs hosties, en même temps.
Il s’agit d’un genre de gaufrier, dans lequel la pâte est versée sur une des deux plaques, les deux étant préalablement chauffées. Le tout est maintenu fermé sur les braises, trois minutes pour une juste cuisson.
Le fer à hosties est muni de deux grands bras métalliques, qui permettent de s’en saisir et de le manipuler sans risque de se brûler. Le fer à hosties est en fonte de fer, il est donc lourd.
Sur certains fers, un seul des plats du mors (une seule plaque) est gravé en creux, le plus souvent les deux plaques sont gravées, de motifs religieux bien sûr. Les plus beaux moules étaient gravés pour produire un dessin en léger relief.
Voici un petit panel des scènes que l’on peut y voir : le Christ, au milieu des douze apôtres, qui montre ses plaies, diverses scènes de sa vie comme, par exemple, la Cène, la Flagellation, la Crucifixion, mais aussi le Christ bénissant, des monogrammes « IHS » et « IHC », l'Agneau Pascal, le Christ Pantocrator, la Sainte Face,…
Les plaques sont le plus souvent rectangulaires. Elles peuvent cependant être carrées, ovales ou rondes, dans cette dernière, on y cuit une seule et grande hostie.
On peut généralement faire cuire plusieurs hosties à la fois : en règle générale de 2 à 18 hosties, panachant grandes et petites.
Une fois la plaque de pâte cuite, on découpe les hosties avec un rondeau, pour une découpe nette et franche.
 
En France, le fer à hosties a été utilisé jusqu’en 1900.
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HISTOIRE DE L’HOSTIE ET DU FER A HOSTIES
 
L'hostie, dans les rites liturgiques chrétiens, est du pain azyme sans levain que l'officiant consacre pendant la célébration de l'Eucharistie pour le partager avec les fidèles au cours de la communion
Pour produire les hosties nécessaires à l'eucharistie, on utilisa, à partir du IXe siècle au moins, des moules en métal. Ceux-ci sont formés depuis toujours de deux plaques fixées à des tiges articulées, le tout en forme de pinces.
 
L'hostie fut aussi appelée « oblata », « oiste » en ancien français, « oublie », « pain d'autel », « pain à chanter », « pain des anges », « pain de communion », « agneau ».
 
Le Christianisme connait, comme d'autres religions, la notion de sacrifice et d'offrande à Dieu mais à la place de l'immolation d'une « hostia » (victime) constituée souvent par un animal, il utilise le pain pour représenter le corps de Jésus-Christ, victime « après laquelle nulle autre ne doit plus être immolée », pendant la messe, au moment de la consécration.
Le pain destiné à la consécration a gardé ce nom de « hostie ». Il s’agit d’abord d’un pain ordinaire dont les fidèles font l'oblation volontaire, offrande qui devient obligatoire au VIème siècle après le deuxième concile de Mâcon. La totalité du pain apporté par les fidèles n'est pas utilisée pour la consécration. Ce qui reste est béni, prend le nom « d'eulogie » et est distribué aux personnes qui n'ont pas communié le jour même. On prête aux eulogies la vertu de fortifier le corps et l'esprit contre les maladies.
 
L'hostie est ensuite faite d’un pain sans levain, spécialement préparé pour la messe. Le seizième concile de Tolède décide en 693 que le pain qui va être consacré doit être petit, entier, propre et fabriqué expressément. Jean Mabillon écrit dans « De azymo », que l’on utilise des fers dès le IXème siècle pour le faire plus petit, plus net et plus commode. Ce sont alors des femmes vouées au service de l'église qui le confectionnent.
Dès le XIIème siècle, l'hostie est devenue une rondelle de pâte cuite entre deux plaques de fer, tout comme l’oublie faite par les oubloyers (ou oublieurs).
Une oublie est une pâtisserie qui date du Moyen Âge. Mince et de forme ronde, elle est composée de farine et d'eau, de lait ou de vin blanc, d'œufs, de sucre ou parfois de miel. Elle est cuite entre deux fers par l'oublieur, comme une gaufre. Elle est vendue plate ou roulée.
Les oublieurs ont le droit de fabrication de l’oublie, alors que les pâtissiers ne l'ont pas. En 1270, le livre des métiers de Paris nous apprend que les « oubloiers » excellent dans la fabrication d'hosties décorées d'images et d'inscriptions pieuses les dimanches.
Finalement, les statuts de la corporation précisent, en 1406, que les oubloyères ne peuvent plus « faire pain à célébrer en Église ».  
La fabrication de l’hostie se fera désormais par des religieux.
Edmond Martène décrit, dans « De antiquis monachorum ritibus libri 5 collecti ex variis ordinariis, consuetudinariis ritualibusque manuscriptis », la fabrication de l'hostie par les moines telle qu'elle s'est pratiquée dans les monastères jusqu'au XVe siècle : tri des grains, un par un, séchage au soleil, moulage entre des meules lavées, pétrissage de la fleur de farine avec de l'eau froide sur une table à bords relevés, cuisson de six hosties à la fois dans les fers sur un feu clair, découpe des hosties avec un rondeau avant dépôt dans un plat couvert d'un linge blanc. Cette fabrication se faisait quand on en avait besoin, mais surtout peu avant Noël et avant Pâques.
Après la Révolution française, les oublieurs français perdent définitivement le commerce des hosties, fabriquées notamment par les Clarisses et les Carmélites, qui sont devenues les plus gros fabricants d’hosties en France.
 

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