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DIABLE DE BESSANS



Le « Diable de Bessans » est une institution en Haute-Maurienne.

Au-delà d’être une légende et un « folklore » local, il s’agit plus d’une tradition séculaire, qui donne une délicieuse saveur à nos temps anciens.

 

Les bessanais (habitants de Bessans) ont de tout temps travaillé le bois à l'aide de simples couteaux ou poinçons, créant à la fois des objets usuels comme des rouets et quenouilles, des poules à sel, des jouets en bois mais aussi des statuettes religieuses. Ces objets étaient créés lors de la vie en alpage ou le soir au coin du feu. Le tout était inspiré de la tradition baroque si vivaces en ces lieux et de l'art alpin.

 

C’est à Etienne Vincendet, sculpteur sur bois, surnommé « Etienne des Saints » car il travaillait essentiellement dans les églises, que Bessans doit son premier diable.

Cette diabolique représentation remonte à l'année 1857.

 

Toute cette histoire débuta par une violente dispute entre le curé du village et Etienne Vincendet.

Les chantres de Bessans, dont il faisait partie, se voient alors refuser par le curé leur repas annuel.

Sacristain de la paroisse, Etienne est fâché contre le curé.  Pour se venger de celui-ci, il eut l’idée de sculpter un horrible diable grimaçant emportant sous son bras un curé.

Son travail terminé, il alla le déposer sur la fenêtre du presbytère. Le prêtre découvrit la statuette et se douta bien d’où provenait cette plaisanterie. Le matin suivant, ce dernier ramena le diable sur la fenêtre du sacristain. Le petit manège dura plusieurs jours entre les deux maisons, avant qu’un étranger de passage dans la vallée n’aperçoive l’étonnant personnage et ne l’achète (assez cher d’ailleurs pour qu’Etienne  « des Saints » ne décide de changer de registre et de sculpter des diables plutôt que des anges !).

A la mort d’Etienne, son fils Pierre François va faire perdurer la tradition.

Des générations de sculpteurs de diables se sont ensuite succédées, chacun apportant son style et depuis cette époque, il y a toujours dans le village un sculpteur pour perpétuer la tradition.

 

Mi-homme mi-bête, le diable de Bessans est le plus souvent représenté avec sa fourche ou son gourdin dans une main et un petit curé dans l’autre. Le haut de son corps est celui d’un homme portant des ailes de chauve-souris, il est couvert de poils peints et souvent orné de couleurs vives. Son air est terrifiant et son visage grimaçant, sa tête est surmontée de quatre cornes.

Mais vous le savez, le diable n’est pas né avec ces deux paires de cornes.

Il a hérité de la seconde paire après un tour de passe-passe d’un Bessanais avec lequel il avait passé un pacte.

 

Le diable est devenu une institution à Bessans et il trône même sur la place de la mairie.

Bessans est aujourd’hui reconnu village d'une extrême richesse tant en terme d'art populaire que d'art religieux.

Vous retrouverez aussi un démon griffu qui déploie ses ailes de chauve-souris sur les fresques de la chapelle Saint-Antoine à Bessans.

 


Pour les amateurs de légendes traditionnelles et populaires, voici celle qui donna au Diable de Bessans ses 4 cornes.

 

La légende du diable à quatre cornes

 

Il y a bien longtemps, Joseph, un petit entrepreneur bessannais,
s'était vu confier la construction d'un pont de pierre reliant deux ouvrages fortifiés:
la Redoute Marie-Thérèse et le Fort Victor-Emmanuel.

Les travaux n'avançaient pas vite et pourtant l'hiver arrivait.
Le malheureux bessannais se lamentait et, pour comble de tous ses tourments, deux jours avant la date de livraison du pont, ses ouvriers le quittèrent.
Ce coup-là était trop dur pour lui, jamais il ne pourrait terminer seul le pont et s'il ne remplissait pas son contrat, c'était l’emprisonnement dans l'un des deux forts ou pire encore, la déportation en Piémont.

"Que vais-je devenir, se lamentait-il, ce pont sera ma mort si je ne le termine pas avant demain.
Dieu sait si je reverrai ma femme et mon doux village de Bessans ?
Que dis-je Dieu ? Seul le Diable peut me venir en aide..."

Arrivant par la route de Modane, un homme de haute taille, coiffé d'un chapeau à larges bords, comme on en voyait dans la région, s'approcha de Joseph.
- Qu'as-tu l'ami à te lamenter ainsi ?
- Ne m'en parlez pas, Etranger, je dois finir ce pont avant demain, le travail n'avance pas et tous mes ouvriers m'ont quitté.
- Ce n'est pas bien grave, cela peut encore s'arranger.
- Mais je n'y arriverai jamais et on me jettera en prison.
- Tu as appelé le Diable à ton secours, eh bien, il m'envoie t'aider.
Tu veux éviter la prison, alors signe-moi ce papier et ton pont sera construit demain à l'heure dite
et toi tu pourras retourner à Bessans avec tous les honneurs et les écus qu'on te donnera.

Joseph, l'entrepreneur, n'était pas rassuré.
Mais d'aller en prison à Turin ne l'enchantait pas.
Après avoir réfléchi, il dit à l'envoyé de Satan :
- D'accord, je signe, mais cela me semble trop beau ! Que me demandes-tu en échange ?
- Voilà, demain, le pont sera fait, mais à une seule condition, la première personne qui passera sur le pont, appartiendra à mon maître.
Joseph était affolé, il ne pouvait faire une chose pareille !
Mais la peur de moisir en prison avec les rats fut la plus forte, et... il signa...

Revenu à Bessans, sa femme lui trouva un air tourmenté et à force de questions, elle finit par savoir toute l'histoire.*
- Ne t'en fais pas, Joseph, on trouvera bien un moyen d'empêcher le Diable de faire cette sinistre besogne...
Et le lendemain matin, quand Joseph et sa femme arrivèrent près des forts, ils eurent la surprise de voir un magnifique pont tout en belles pierres de taille, qui enjambait l'Arc de plus de cent mètres au-dessus de l'eau.

Mais quand ils regardèrent à l'autre bout du pont, ils virent avec frayeur une bête monstrueuse,
la bouche grande ouverte sur des dents horriblement longues, avec sur la tête une crinière de lion d'où sortaient deux grandes cornes pointues, c'était le Diable !...
Il attendait la première personne passant sur le pont.
- Mon Dieu ! Marie !... Le bonhomme n'avait pas menti ; le pont est là, mais le Diable aussi ! Qu'allons-nous faire, mon Dieu ? Qu'allons-nous faire ?...

Déjà, venant de Modane, toute une troupe de soldats approchait ; ils devaient se rendre au fort en passant par le pont. A leur tête venait un petit tambour, un gamin de 12 ans, tout fier d'avoir été choisi pour passer le premier.
- Ce malheureux gosse ! C'est lui qui va être la victime, pleurait Joseph... Ce n'est pas possible !...

C'est alors que Marie aperçut à quelques pas de là, un troupeau de chèvres, broutant entre les rochers, et au milieu de ce troupeau: un bouc !
Mais pas un petit bouc de rien du tout. Non !
Un grand bouc noir, aux sabots luisants et aux cornes redoutables.
Marie eut une idée: ramassant un bâton qui traînait sur le chemin, elle écarta les chèvres et arrivant derrière le bouc, elle lui donna un tel coup que celui-ci partit comme une flèche en direction du pont.

Le bouc stoppa net avant de traverser... De l'autre côté, il avait vu la bête !...
- Un autre bouc, se dit-il, en apercevant les deux cornes du monstre ; il veut prendre mes chèvres !...
II se rua si fort sur le Diable, qu'il en traversa la tête avec ses deux cornes et celles-ci restèrent plantées sur le crâne du monstre.

Plus jamais on ne vit le Diable dans la région, mais c'est depuis ce jour, qu'à Bessans, il porte quatre cornes...
Bien des années se sont écoulées depuis cette histoire, le beau pont de pierre s'est depuis longtemps écroulé, il fut remplacé par une passerelle de fer.
Mais cette passerelle s'appelle toujours : " Le Pont du Diable".

 

Histoire racontée par Lucien Personnaz "de Damien", doyen de Bessans.
Recueillie et adaptée par Maxime Gautier, maire de Bessans (de 1971 à 1977) et par Georges Personnaz, animateur de la station et que vous pouvez retrouver à cette adresse :

http://www.bessans.com/fr/decouvrir-bessans/le-village-bessans-joyau-de-la-haute-maurienne/legende-de-bessans/la-legende-du-diable-a-quatre-cornes.html

 

Deuxième fin co-existante :

 

*Il avoue alors à sa femme la terrible réalité. Elle de dire : - Que lui as-tu promis ? - La première créature qui passera sur le pont. - Malheureux, tu vois : l'armée s'avance ; au-devant il y a un garçonnet qui joue du tambour, un enfant ! Mais c'est bien une créature que tu as lui promis ? - Oui. répond-il enfin !

Elle va alors chercher son chat noir. Elle saisit un bâton, tape sur le dos du chat qui fait un bond prodigieux, arrive près du diable et le griffe profondément. Le diable a été joué. Il part dans un grand fracas dont l'écho se propage dans toute la vallée. Morale : à Bessans, les femmes sont plus rusées que les hommes, et même plus rusées que le diable.



Informations complémentaires


DIABLE DE BESSANS

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DIABLE DE BESSANS

DIABLE DE BESSANS vu de dos

DETAIL DU PETIT CURE

DIABLE PRESENT SUR LA PLACE DU VILLAGE