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FLAMME DE VETERINAIRE



Je suis partie à la rencontre d’un nouvel objet et j’ai trouvé un article au sujet de cet objet, je peux le dire, parfait. Alors, plutôt que de broder autours, j’ai demandé à le reproduire. Vous le constaterez-vous-même, il n’y a rien de plus à ajouter.

 

Article de Bernard Givernaud, paru dans le magazine trimestriel « La passion des Couteaux » (N°87 de Mai/Juin/ Juillet 2006)".

Je remercie  vivement l’auteur pour son aimable autorisation à reproduire son article.
 

« Les habitués de brocantes et de salon d’antiquités à la recherche de couteaux anciens auront sans aucun doute remarqué les flammes de vétérinaire.
La flamme, instrument le plus usité dans la pratique de la saignée vétérinaire, est formée d’une tige en acier d’une dizaine de centimètres surmontée d’un triangle tranchant.
Le plus souvent dans un étui de laiton ou de corne comprenant trois flammes de tailles différentes, on les trouve également dans une trousse plus importante appelée « étui de maréchal ». Dans ce cas, deux flammes sont accompagnées d’autres outils à usage vétérinaires : lancette à saigner, bistouri droit, bistouri courbe ou serpette et rénette, instrument servant à curer le pied.
Mais on rencontre parfois la flamme sur les couteaux de poche régionaux à destination des populations rurales : en premier lieu le rouennais, mais aussi le pradel, le langres, le charretier … sans oublier le couteau de cavalier, ancêtre à sa manière du couteau suisse !
Il est par ailleurs étonnant de constater que les couteliers de Thiers ou d’ailleurs ont produit en masse des trousses de laiton sur lesquelles leurs poinçons s’étalent ostensiblement.
Ce qui nous semble d’autant plus remarquable, c’est que cet outil, contemporain de nos plus vieux canifs a su traverser le temps bien mieux que ces derniers du fait d’une utilisation plus réduite. Il en résulte qu’il n’est pas rare de trouver des jeux de flamme du XIX°, voire plus anciens, en très bon état et présentant des marques de toutes beautés.
Citadins que nous sommes, il n’est pas évident de se faire une idée juste de l’usage et du maniement de cet outil si populaire dans nos anciennes campagnes.

LA SAIGNEE

L’usage de la saignée vétérinaire, découle directement des théories et des pratiques de la médecine humaine. La saignée est un acte chirurgical correspondant à l’ouverture d’un vaisseau dans le but de prélever un certain volume de sang.
Au cours des siècles, la saignée n’a pas toujours été utilisée pour les mêmes indications, ni selon les mêmes techniques.
Il faut remonter jusqu’à Hippocrate (460-377 av JC) celui-là même qui est à l’origine du serment que prêtent les médecins, pour comprendre l’origine de l’usage de la saignée à travers son système reposant sur l’altération des humeurs de l’organisme.
Galien (131-201) affine et précise la théorie des humeurs et décrits différents tempéraments : sanguins, flegmatiques, colériques ou mélancoliques et les explique par la prédominance d’une de ces quatre humeurs chez l’individu. Tout déséquilibre humoral engendre une pathologie. L’explication de ces déséquilibres tient de l’influence des quatre éléments (eau, air, terre et feu), des quatre qualités physiques (chaud, froid, humide et sec) et de la position de la lune.
Mais malgré ce dogmatisme affirmé, Galien se montre résolument moderne : il préconise la diététique et ses médications reposent sur l’emploi de plantes médicinales et parfois la saignée.
La théorie humorale persistera jusqu’à la Renaissance où elle connut quelques variantes, qui donneront à la saignée, une place prépondérante dans la médecine tant humaine qu’animale. Les indications sont de plus en plus nombreuses, on l’utilise même à titre préventif.

La saignée n’a jamais tort : si le patient expire sous la lancette, c’est que l’intervention a été trop tardive ! Cette démesure est à l’origine des farces de Molière qui dénonceront ces excès médicaux. Les quantités de sang prélevées défient parfois l’entendement : Amboise Paré, Chirurgien français du XVI° siècle retire ainsi 2,5 litres de sang en quatre jours à un homme accidenté. Quelques voix s’insurgent contre ces quantités déraisonnables, mais il faudra plus de deux siècles de progrès scientifiques pour mettre fin aux excès sanguinaires et revenir à quelques médications plus raisonnées.
La médecine vétérinaire, plus lente à abandonner des pratiques ancestrales vivement souhaitées par une clientèle rurale, verra ces procédés obsolètes perdurer jusqu’à la seconde Guerre Mondiale. L’essor des moyens thérapeutiques modernes (chirurgie, chimiothérapie) ne laisse que peu de place à la saignée mais on y recourt parfois à l’aide d’un trocart et pour des indications très précises …

FLAMMES, FLAMMES, FLAMMES …

Il existe différents instruments pour pratiquer la saignée. Si le patient est humain, elle s’effectue à l’aide d’une lancette. En médecine vétérinaire, on lui préfère la flamme puis le trocart. On a vu que l’étui ou « chasse » renferme généralement trois flammes, utilisées selon l’épaisseur de la peau. La flamme s’accompagne d’éléments indispensables à la réalisation de l’acte chirurgical : en premier lieu le bâton à saigner, sorte de batte de base-ball en réduction. Cette tige de bois dure à l’extrémité rétrécie pour une bonne tenue dans la main sert à frapper le dos de la flamme. On peut également utiliser le bord latéral de la main (pour les karatékas). Le vase à sang, gradué en litres, permet de connaître la quantité de sang prélevé. Les épingles permettent de refermer la plaie, le porte épingle aide à les mettre en place si besoin. Du fil ou du crin (du patient) maintiennent les épingles. Une cordelette est parfois nécessaire (toujours chez les bovins), pour faire gonfler la veine, mais dans nombre de cas, ce sont les doigts du vétérinaire qui exercent une compression destinée à faire gonfler la veine. La quantité de sang spoliée dépend de l’indication thérapeutique, de l’animal concerné (cheval, bovin, cochon, mouton, chien …), de sa taille, de son âge, de son état d’embonpoint. De même, le lieu d’élection de la saignée dépend du symptôme, les animaux étant généralement saignés le plus près possible du siège présumé de la maladie ou de la souffrance.

APERCU HISTORIQUE

Dès 1750, certains Maîtres couteliers parisiens se spécialisèrent dans la fabrication de matériel d’hippiatrie. Jutot, le plus célèbre d’entre eux tenait boutique rue du Louvre et marquait ses flammes à « la croix dorée ».
Mais les premières descriptions de flammes vétérinaires nous viennent du Maître coutelier Jean Jacques Perret et datent de 1772. Elles montrent une implication de la toute récente école vétérinaire d’Alfort (1765) dans la fabrication du matériel. Par la suite, le titre de coutelier officiel sera décerné à certains comme Cochet ou Bertin, couteliers à Paris.
D’autres centres couteliers produiront leurs flammes telles que Thiers ou Nogent. A noter, les recherches d’Alain Théry, docteur vétérinaire qui a rédigé un chapitre très documenté sur les flammes thiernoises dans le livre de Marc Prival « Couteaux et Couteliers ».
 

Ces couteaux à lames multiples, apparus en 1870, étaient utilisés par les vétérinaires mais aussi par les maréchaux, les bergers, les hongreurs. Les plus complets montrent des plaquettes en laiton, signées du fabricant et contiennent 6 lames différentes : 3 lancettes à saigner, une sonde losangique pour percer la panse des animaux météorisés, une curette, un couteau courbe à corne, un scalpel.

Les plus anciennes flammes sont en fer.

Certaines sont dotées d’un réservoir pour ranger des lames de rechange ou interchangeables.

On peut verrouiller les lames par une bague mobile et on les détend par un système à poucier.

Il en existe un grand nombre, sur le marché français, d’origine anglaise.

Comptez entre 10 et 300 € pour acheter une flamme de vétérinaire. Le prix varie selon le décor, la matière de l’étui, des flammes, le nombre d’outils, l’état, la provenance, …



Informations complémentaires


FLAMME DE VETERINAIRE

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