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ABECEDAIRE



Les premiers abécédaires sont apparus au Moyen-Age.

A l’initiale, on les appelait « marquoirs » ou encore « marquettes », parce que réalisés au point de marque.

Ces petits ouvrages, uniquement réalisés par les demoiselles, se reconnaissent par leur petite taille et leur broderie réalisée au fil rouge si typique.

Autrefois, c’était les religieuses qui apprenaient aux jeunes filles des institutions catholiques, des internats mondains et des écoles privées, les points les plus simples. Avec le temps, elles acquéraient la dextérité nécessaire pour effectuer les points les plus compliqués.

Cet enseignement avait pour but de permettre à ces futures épouses accomplies de marquer leur trousseau de leurs initiales, chiffrer leurs draps et leurs nappes, broder des napperons et des mouchoirs, confectionner leurs dessus de lit, …

Pour débuter, elles brodaient ces fameux « marquoirs », qui sont en fait des échantillon de divers chiffres et lettres, en majuscule, en minuscule et dans différentes typographies, qui devaient servir de modèles à leurs futurs travaux, plus aboutis.

Ainsi, les jeunes filles apprenaient la lecture, l’écriture et les chiffres en même temps, pour compléter leur éducation.

A la fin du XIXème siècle et encore au début du XXème siècle, toutes les jeunes filles apprenaient la couture, quel que soit leur rang social et leur destinée. Les jeunes filles de simple extraction apprenaient la couture à l’école communale, si elles étaient scolarisées, ou à la maison avec leur maman.

 

On remarque sur les marquoirs du Moyen Age, soit à partir de la fin du XVIème, que les lettres et les chiffres s’alignent d’une façon plus ordonnée que sur les modèles antérieurs, des motifs décoratifs, des frises apparaissent, toujours destinés à servir de modèles pour embellir le linge de maison. A cette époque, ce sont des longues bandes que l’on roule et que l’on range dans un coin de la commode.

Au début du XVIIIème siècle, apparaissent les abécédaires qui  s’éloignent, de la par la qualité d’exécution et de par leur recherche dans leur composition, des marquoirs et des marquettes. On fait alors appel à l’imagerie populaire, aux versets de la Bible, à des proverbes et maximes, pour égayer les lettres et chiffres brodés.

On reproduit des animaux, des fleurs, des scènes amoureuses, des maisons, des arbres généalogiques… autant de symboles moraux de la vie quotidienne. De ce fait, la taille des abécédaires s’agrandit et ils deviennent de plus en plus carrés.

Les abécédaires sont réalisés principalement par les jeunes filles, mais les femmes plus âgées en brodaient aussi.

 

Les abécédaires aujourd’hui les plus rencontrés, sont réalisés au point de croix, qui est le point le plus simple à effectuer, même par une fillette. Ils sont brodés à même sur un canevas, puis selon l’habilité de chacune, sur une toile de lin ou sur étamine de lin.

Sur les marquoirs, on peut y voir en plus des dates, des prénoms, des âges, des localisations géographiques, ce qui permet de les dater aisément, mais pas sur les abécédaires.

Ces marquoirs présentent bien souvent des imperfections, des erreurs de broderie, car ce sont des essais de jeunesse. Ce sont d’émouvants souvenirs de moments de la vie d’une jeune fille.

Les abécédaires sont mieux finis et souvent impeccables en terme de broderie.

La dextérité de ces jeunes filles devenues jeunes femmes, fut très employée pour la broderie des vêtements ecclésiastiques et des ornements liturgiques.

 

En Angleterre, les marquoirs sont appelés « samplers » ; ils connaissent la même évolution que nos marquoirs, qui deviennent « abécédaires ».

Leur apogée, celle des « samplers », se situe durant l’ère victorienne et il reste de splendides exemplaires dans les musées anglo-saxons. De là, les pionnières emmenèrent vers le Nouveau Monde leur tradition et leur technique, principalement en Nouvelle-Angleterre. Là encore, les témoignages restant sont stupéfiants de beauté, encore plus lorsqu’ils sont sur un fond de lin brun, avec des fils de soie, ce qui augmente leur valeur.

Les Quakers  ou les Amishs eurent aussi leurs habitudes et leurs particularités. Les Amishs ont, par exemple, pour habitude de broder un alphabet de petites lettres pour le linge de maison et de capitales pour marquer la cape noire dont ils se revêtent. Les abécédaires Quakers se distinguent quant à eux par l’emploi de lettres majuscules droites et d’un caractère moderne. Abécédaires anglais et américains présentent de nombreuses similitudes, mais vous les distinguerez aux noms des lieux brodés, aux phrases historiques, aux emblèmes… et au fait que la laine est rarement utilisée Outre-Atlantique.

Au XIXème, ils  sont de véritables œuvres d’art aux couleurs variés. D’ailleurs, dès 1866, les premiers fils de teinture synthétique, dont l’aspect est plus brillant. Le recherche dans les motifs est de plus en plus soignée : on remarque la fréquence des perroquets, symboles de médisance, les dessins rappellent de plus en plus l’amour divin, les colombes symbolisent le Saint-Esprit et la Paix, …

 

En France, ce type de broderies pour demoiselle, trouva son inspiration dans de petits catalogues remplis de modèles. Les premiers recueils nous viennent d’Italie, apportés par les colporteurs, transmettant ainsi le savoir de région en région.

En France, les fameux catalogue Sajou, ancêtres de notre DMC actuel, paraissent au siècle dernier dans le « Journal des Damoiselles », « la Brodeuse », « Le Magasin des demoiselles », journaux pour jeunes filles bien élevées.

Les amateurs et chineurs peuvent toujours trouver des catalogues anciens proposant des modèles d’abécédaires en tricot, datant pour la plupart du XIXème siècle. Les modèles en tricot n’étaient pas faits pour être exposés.

 

La mode des abécédaires s’est éteinte vers 1950, avec l’habitude de marquer son trousseau.

Mais depuis quelques années, un réel engouement pour ces derniers les a remis au gout du jour. On recommence à broder des abécédaires et on encadre les pièces anciennes, marquoirs ou abécédaires.

 

Les abécédaires anciens et en bon état sont rares, les prix s’envolent donc.

Les marquoirs brodés en rouge sont les plus faciles à trouver et se dégotent à prix abordables.

Les abécédaires anciens ne sont pas onéreux lorsqu’ils datent du XIXème ou du début du XXème siècle. En revanche, les pièces plus anciennes se négocient bien plus cher…

 

Pour celles qui possèdent des ouvrages brodés et souhaitent leur donner un petit coup de fer, sachez qu’ils se repassent toujours à l’envers et uniquement s’ils sont propres, car repasser une tâche la fixe !

 

Source unique dont larges extraits : revue Aladin, octobre 1997, n°112, p.30-37




MARQUETTE ANCIENNE

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