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MOINE



Question sémantique, nos ancêtres étaient parfois joueurs car voilà un objet dont le nom n’évoque pas du tout ce qu’il est en fait.

 

Un moine est un système de chauffage qui appartient à la famille des chaufferettes.

Cet « radiateur  portatif » avait la particularité de réchauffer les draps et d’en chasser l’humidité. Le moine était bien sur utilisé durant les longs mois d’hiver.

 

Gardez en mémoire 3 informations, elles vous permettront de mieux comprendre l’usage du moine.

- Les draps anciens sont tissés très épais : ils sont en coton, en lin ou en métis. Ils sont donc facilement humides.

- Auparavant, toutes les pièces de la maison n’étaient pas chauffées par soucis d’économie. Seule la pièce à vivre collective possédait une cheminée.

- La fée électricité fait son arrivée dans les foyers français vers 1896.

 

Le moine est composé d’une ossature en bois qui fait penser à deux patins de luges anciennes fixés en sens opposés.

Au centre de ce dispositif et sur les deux faces se trouve un genre de reposoir carré en bois ou en tôle. Sur l’un des deux reposoirs se trouve un crochet qui permettait de suspendre la chaufferette ou le récipient contenant les braises incandescentes.

Ce récipient est en fer ou en cuivre, il est souvent muni d’un couvercle repercé de trous ou joliment ajouré. Mais parfois il n’en possède pas ou il l’a perdu.

Il peut être rond, carré, rectangulaire.

Il ressemble parfois à une petite casserole, pourvue d’un manche et d’une anse de suspension. Il est alors appelé « cassot ».

L’armature du moine mesure de 30 à 40 cm de haut. Entre ces deux arceaux et sur certains moines, il y a une barre en fer verticale qui assure la rigidité du moine.

 

La carcasse en bois permettait de ne pas toucher les draps, évitant ainsi de les abîmer en les brûlant et prévenait de possibles incendies.

Issue de la même famille, la bassinoire est un autre dispositif qui permettait de réchauffer les draps (vous pouvez lire un article sur la bassinoire sur le site).

 

Glissé quelques minutes entre les draps, le moine était là pour permettre un couché agréable.

C’est donc le moine qui bassinait votre lit, tout en vous attendant, travail de patience, digne d’un moine certainement !

Cet appareil de chauffage a été utilisé partout en France jusque dans les années 50, période à laquelle l’électricité s’est démocratisée et avec elle la pose et l’usage de radiateurs dans les pièces de la maison jusqu’alors non chauffées.

 

Il semblerait que l’usage du moine remonte au XVIème siècle mais c’est sans certitude aucune, car aucun écrit clair ne l’atteste.

En revanche, dès le XVIIème siècle, il est fait mention dans divers inventaires de succession de moine, dont l’orthographe n’a semble-t-il pas évolué.

L’usage du moine n’est pas que campagnard. Partout, y compris à la Cour, ses précieux services ont été utilisés.

Voici une petite anecdote qui l’atteste.

« Ajoutons qu’on ne s’en servait pas seulement à la ville, mais encore à la cour ; témoin de l’aventure drolatique que rapporte Saint-Simon, comme étant arrivée à la princesse de Furstemberg : «Un soir, écrit-il (Mém., t. X ;p. 67 ), que Madame de Foix s’étoit amusée fort tard à jouer chez M. Le Grand, elle trouva la princesse de Furstemberg couchée qui, d’une voix lamentable, lui dit qu’elle se mouroit et que c’étoit tout de bon. Mme de Foix s’approche, lui demande ce qu’elle a ; l’autre dit qu’elle ne sait, mais que, depuis deux heures qu’elle est au lit, les artères lui battent, la tête lui fend et qu’elle a une sueur à tout percer, qu’enfin elle se trouve très mal et que le cœur lui manque. Voilà Madame de Foix bien en peine et qui, de plus, n’ayant pas d’autre lit, va par l’autre ruelle, pour se coucher au petit bord ; en se fourrant doucement pour ne pas incommoder son amie, elle heurte contre du bois fort chaud ; elle s’écrie, une femme de chambre accourt avec une bougie ; elles trouvent un moine dont on avoit chauffé le lit, que la Furstemberg n ’ avoit point senti et qui, par sa chaleur, l’avoit mise dans l’état où elle étoit. Mme de Foix se moqua bien d’elle, et toute la Cour le lendemain.»

Informations issues du site : http://www.chaufferettes.com

 

Un moine aujourd’hui a plus une valeur décorative qu’une grosse valeur financière. Comptez autours des 30-60 € pour acquérir un tel objet.

 

J'ai commis une erreur et je la corrige, merci à Florent pour ses lumières!

 

"MOINE (bidouillé en lampe!)" c’est ce quej’ai marqué ci-après, comme légende d’une photo et voici le message que j’ai reçu à ce sujet :


« Oui, mais en fait non.

J'ai le même à la maison (de famille) et ce n'est pas un "bidouillage en lampe", mais la simple modernisation afin d'en conserver l'usage. En effet, la fonction de chauffage des braises est remplacée via électrification par l'usage d'une ampoule à filament, voire sa version de couveuse agricole.

Ce n'est donc pas une lampe, mais un moine électrique... L'avantage étant de pouvoir déshumidifier un lit sans avoir à attendre d'avoir des braises, choses appréciable quand on arrive dans une maison de campagne humide.

Le désavantage, outre la consommation électrique conséquente, c'est que l'on perd l'odeur de feu de bois qui vient en bonus de l'utilisation des braises. 

 

Et pour finir, voici les paroles d’une chanson populaire qui, j’en suis sûre, vous fera sourire !

 

LE MOINE DU COMMANDANT

 

1-Ah, quel événement
Cré bon sang de bon sang !
J'étais l'ordonnance pour lors
Chez l' commandant major
Y m' dit : J'ai froid aux pieds
Avant qu' j'aille me coucher,
Comme il gèlera cette nuit,
Mets un moine dans mon lit

 

2-Un moine, que je me dis
En voilà un fourbi !
J' connais pas d' cordelier
Dedans tout le quartier
Encore je comprendrais
Si ça s'rait un curé
Mais un moine, nom de d'là !
Où c' que j' vas trouver ça ?
 

3-Je confie mon chagrin
A Joseph, un copain
Un moine, qui m' dit Joseph
J'en connais pas bésef
Mais y a pas bien loin
Un couvent d' capucins
Bon, que j' lui dis en souriant
Et je trotte au couvent
 

4-Un vieux moine rigolo
Qu'avait pas d' godillots
Me dit : Mon fils, bonsoir
Entrez dedans l' parloir
Salut, papa, qu' j'y dis
En r'tirant mon képi
Par ordre du commandant
Suivez-moi médiatement

 

5-Le moine s'écrie : Jésus !
Votre maître est donc perdu !
En ce cas, nous pourrions
Porter l'extrême-onction
Portez c' que vous voudrez
Que j' dis, mais dépêchez !
Bref, y m' fit plantonner
Le temps d' mettre ses souliers

 

6-Arrivés chez l' major
Je dis au moine : Pour lors
Mettez-vous vite au lit
Dormez bien et bonne nuit !
Le moine resta baba
Et comme y bougeait pas
J' l'attrape par le milieu
Et je vous l' colle dans l' pieu

 

7-Là-dessus, v'là l' capucin
Qui crie à l'assassin
Et l' major survenant
Qui m' dit en m'engueulant :
Espèce d'idiot d' fourneau
Espèce de gourde en flot !
Moi, j'y dis en souriant :
C'est l' moine, mon commandant

 

Chanson de Pierre-Paul Marsalés dit Polin, chanteur de café-concert.

(né le 13 août 1863 à Paris - décédé le 8 juin 1927 à La Frette-sur-Seine).



Informations complémentaires


MOINE (le contenant n'est pas d'origine)

MOINE ET SON CONTENANT D'ORIGINE

MOINE ET SON CONTENANT D'ORIGINE

MOINE ET SON CONTENANT D'ORIGINE appelé CASSOT photo issue du site www.chaufferettes.com

MOINE ET SON CONTENANT D'ORIGINE

MOINE ET SON CONTENANT DU XVIIIème s.

VUE D'UN MOINE EN SITUATION

BEAU MOINE ANCIEN

MOINE

MOINE

MOINE

MOINE (bidouillé en lampe!)