Nous utilisons des cookies pour garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser celui-ci, nous considérons que vous en acceptez l'utilisation. plus d'informations
fr
Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
Menu
Rechercher un objet

Gite à lièvre

Céramiques régionales
Exceptionnel gite à lièvre par Jean Guincestre, photo Sauvin
Voici un très joli objet culinaire : le "gîte à lièvre", que nos ancêtres appelaient aussi plus prosaïquement "terrine à pâté de lapin" et plus archaïquement "lapinière" ou encore "levrière".
Ce récipient couvert est à la fois un moule, puisque les cuisinières y faisaient cuire des terrines ou des pâtés et un contenant simple car elles y placaient la viande durant la marinade qui précède la préparation au pâté.
Il est aussi indubitable que le gîte à lièvre a dû servir de cocote, pour une cuisson à l’étouffée de ladite bête, en rôti, en sauce, à l'étouffée, …
 
Alors, pourquoi cet objet est-il plus intéressant qu’une simple terrine couverte ?
Mais pour son décor, bien évidemment!
 
La forme générale du gîte imite celle du lièvre couché dans son gîte, qui est une dépression creusée au milieu des herbes hautes. Le couvercle offre un relief empruntant plus ou moins la forme de la bête vue du dessus, évoquant une forme violonée, joliment asymétrique. Certains gîtés présentent le lièvre vif et d’autres, écorché.
Les plus anciens, datant du XVIIIème siècle ou peut-être d'avant se reconnaissent aisément : l’animal n’est plus du tout stylisé, il est très figuratif et son abdomen est le contenant. Ces modèles sont vraiment superbes.
 
Les parois du contenant sont très souvent décorées avec des formes ou des motifs rapportés : pastillage d’étoiles, fleurs, roues, fleurs de lys, lièvres courant, scènes de chasse, …
Un engobe coloré, des coulures au barolet, un tamponnage à l’éponge sont autant de décors supplémentaires, qui, en outre, permettent d’identifier la région de provenance du gite.
 
Le gite est très souvent en faïence polychrome. L’intérieur est souvent blanc, le couvercle doté d’un anneau de prise ou d’un bouton dit "frétel" et parfois de deux petites anses latérales. Comme vous le constaterez sur une photo ci-dessous, il existe différentes tailles de gîtes.
Ceux de l’orléanais se reconnaissent par leur couleur foncée voir noire.
Vous en rencontrerez aussi en Touraine, région qui accueillaient autrefois en outre de nombreux fabricants.

Galerie photos