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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Gouriz

Autour du costume et du linge
Breton de Quimper
Le mot « gouriz » provient directement du moyen-breton « gouris » qui signifie « ceinture » et du vieux-breton « guocris » qui signifie aussi « ceinture ». Pour les linguistes chevronnés, il est composé de « guo », préfixe affaiblissant, qui a donné «gou » en breton moderne et de « cris » qui signifiait « ceinture » puis « vêtement».
Les bretons disent « un gouriz » puisque ce mot breton est masculin, contrairement au mot « ceinture » qui est féminin en français.
Cet élément du costume breton est ESSENTIEL chez l’homme. En effet, il est important de souligner d’emblée que la fonction du gouriz, large ceinture de cuir, était plus d’apparat qu’utilitaire, donnant au paysan aisé une attitude avantageuse. Le gouriz ne retient pas du tout le bragou, qui est la culotte bouffante du costume breton, comme pourrait le faire une ceinture classique. Elle peut éventuellement servir à maintenir les reins, mais elle est surtout là pour donner bonne allure à notre fier breton! Elle se positionne juste au-dessus du boten-bragou.
Il était porté lors des mariages, des grands évènements de la vie et dès que le costume traditionnel était porté.
De nombreux historiens pensent que l’origine du gouriz se situerait dans les pays du Maghreb, tout comme les éléments qui constituent les pendeloques des épingles de Pardon, parfois très « arabisantes » (fausses piécettes de laiton embouties, étoiles, croissants de lune, …)
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La boucle et le passant étaient en cuivre jaune, décorés de motifs estampés ou ajourés : frises de cercles, petites croix, fleurettes, …  Il est courant d’y remarquer des symboles chrétiens et païens s’additionnant conjointement. Le cœur est le symbole païen de l’amour et il est très souvent associé à la croix, fort élément de protection de l’homme face aux aléas de la vie.
L’extrémité de la ceinture se terminait en Cornouaille par une pointe en forme de cœur, au décor similaire.
La grande beauté de ces ceintures contraste fortement avec la modestie des matériaux employés.
Derrière les ajours, comme sur les passants, un velours rouge mettait en valeur le travail ornemental. La date de fabrication de la pièce est très souvent inscrite au revers du cœur, permettant ainsi de situer une majeure partie de la fabrication des gouriz dans le deuxième quart du XIXème siècle, apogée de cet artisanat.
Un beau gouriz est toujours très recherché par les amateurs d’Art Populaire breton. Il se vend parfois juste les parties métalliques (boucles, plaques, passants) lorsque la partie en cuir a été trop endommagée. Ne les jetez donc pas !
 
Sources pour cet article : 
https://fr.wiktionary.org/wiki/gouriz
Arts Populaires de Bretagne, Philippe le Stum, éditions Ouest-France

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