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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Insigne de conscrit

Objets pour les messieurs
Insigne de conscrit
Le conscrit est un jeune homme qui est appelé à servir son pays, lors d’une guerre.
C’est au tout début du XIXème siècle que la conscription bat son plein. 
C’est la loi Jourdan qui l’institue en 1798 (an VII) : tous les hommes peuvent être mobilisés en temps de guerre, tandis qu’en temps de paix l’armée fait principalement appel à des engagés volontaires.
Pour mettre en œuvre cette décision, tous les hommes âgés de 20 ans (sauf les hommes mariés, les infirmes, etc.) seront inscrits ensemble sur une liste de recrutement, d’où le terme de conscription.
Ce système de l’obligation militaire sera supprimé à la Restauration.
La conscription devient alors un rite.
 
Il y a d’abord le tirage au sort, puis la visite médicale qui permet d’éliminer ceux qui sont impropres au service militaire.
Pour les « chanceux » qui auront passé la visite médicale avec succès, on leur remet un insigne, objet de cet article, sur lequel il y a noté en gros et en lettre rouge bien visibles: BON POUR LES FILLES !
Cette épinglette est alors accrochée sur le couvre chef du conscrit.
Il semblerait aussi que l’on puisse trouver des billets qui s’épinglent aussi sur le chapeau avec noté, bien visible : BON POUR LES FEMMES NUES.
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L’insigne se compose d’une plaque emboutie, fixées sur une épingle, sous laquelle pend parfois un emblème militaire.
Certains insignes arborent juste un BON et la date de la conscription.
 
Assez, fréquemment et lorsque l’épingle est complète de son petit pendentif, il est facile de savoir dans quel corps d’armée le conscrit était affecté : un parachute pour les Parachutistes, une grenade pour l’Artillerie…
Au dessus, il peut y avoir une petite photo grivoise mise sous verre ou une gravure représentant un conscrit sous la toise (lors de la visite médicale), validant sa conscription.
Ces médailles sont en laiton ou en cuivre embouti. Certaines sont polychromes et de très nombreuses étaient dorées.
Cet insigne est un faire-valoir de virilité à la fois recherché et qui permettait bien des comportements délurés avant le départ. C’est aussi le badge que tout le monde redoutait !
Le conscrit est aussi couvert de multiples cocardes, médailles et épinglettes.
C’est pour eux l’occasion de se montrer et de repérer les filles à marier en frappant à toutes les portes, tout cela en faisant des farces et en buvant abondamment.
Ils reçoivent à ce moment là leur canne de conscrit, canne en verre contenant de l’alcool (objet d’un autre article).
 
Quoiqu’il en soit, le mythe des conscrits, joyeux, insouciants, partis fleur au fusil est tenace.
En 1914, c’est avec la peur au ventre que les conscrits iront au front se faire massacrer.

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