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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Jeu de l'oie

Jeux et jouets
Jeu de l'oie décor par Benjamin Rabier
Le jeu de l'oie est un jeu de société, dit « de parcours » sur lequel les joueurs déplacent leur pion en fonction du résultat cumulé obtenu en jetant deux dés. 
Traditionnellement, le jeu de l'oie comprend 63 cases, qui sont disposées en spirale enroulée, de l’extérieur vers l'intérieur. Parmi ces cases souvent joliment illustrées, certaines comportent des pièges, empêchant le participant d’avancer à sa guise lorsqu’il s’arrête dessus. 
Le but du jeu est d'arriver le premier sur la dernière case, en tirant aux dés le nombre exact de cases qu’il reste à parcourir, sous peine d’avoir à reculer.
Le titre original du jeu français est « Le jeu de l'oye, renouvelé des Grecs ». Cependant, il est aujourd’hui certain que les Grecs n’ont pas du tout connu ce jeu. Cette référence aux Grecs serait un « effet commercial » car le goût de l'époque pour l'hellénisme est très marqué et cette astuce des marchands d'autrefois donnait un air ancien à un jeu parfaitement nouveau.
Vous l’aurez deviné, le jeu de l’oie est un jeu de pur hasard, qui est, en outre, considéré comme l'ancêtre des jeux actuels de parcours et de plateau.
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Probablement inventé à la fin du XVIème siècle, ce jeu semble connaître un succès rapide à travers toute l'Europe : il est déposé au Registre des Libraires de Londres en 1597, imprimé en France vers 1600 et mentionné en 1614 dans le Saint-Empire et en Italie en 1617. Cette mention italienne provient de l'ouvrage de Pietro Carrera consacré aux jeux d’échecs, dans lequel l'auteur affirme que ce jeu fut inventé à Florence une génération auparavant, et que François Ier de Médicis en aurait envoyé un exemplaire à Philippe II d'Espagne. 
Certains auteurs attribuent son succès au caractère ésotérique du parcours qu'il propose. Certains joueurs peuvent aussi y voir la figuration du chemin de la vie humaine, avec ses aléas. 
Sur le plan symbolique, l'oie annonce le danger. D’ailleurs, ce mot aurait les mêmes racines que « oreille » et « entendre » (« jeu de l’oye » est à mettre en parallèle avec le très connu « oyez, oyez bonnes gens » !)
Le jeu de l'oie permettrait ainsi de mieux comprendre le monde. Sa forme de spirale rappelle le labyrinthe, chemin symbolique, à parcourir pour parvenir à LA connaissance de l’Homme et de la Vie, en passant par la mort.
Pont, puits, prison, mort sont autant de cases qui font directement référence à des étapes de la vie humaine et qui ont leur correspondance ésotérique dans les images du tarot.
Le tracé du jeu, imprimé sur une feuille de papier ou de carton, a donné lieu à de multiples variantes qui en font un des archétypes de l'imagerie populaire de tous les pays d’Europe.
Il est, en outre, à l'origine d'un genre graphique et littéraire très répandu en Espagne et surtout en Catalogne, « l'auca » (traduction de « oie »), qui est une feuille imprimée avec une succession d'images accompagnées de textes rimés.
Plus de 10 000 variantes ont été recensées comme le « jeu Militaire », le « jeu du Chemin de Fer », « Jusqu’au bout, nouveau jeu de la guerre de 1914 », « Jeu des petites Misères », …. Elles abordent tous les domaines : l'éducation, la morale, la religion, la littérature, l'histoire, l'héraldique, les sciences, la publicité, les sports, etc…
Le jeu de l'affaire Dreyfus publié en 1898 par le journal l'Aurore est sans doute le jeu historique le plus connu.
Le « jeu de la casserole », inspiré de l’affaire du même nom, est un jeu de l'oie antimaçonnique en 33 cases qui fut mis en vente dès 1905. 
Inversement, plusieurs œuvres ont été illustrées par un jeu de l'oie. Dès le XVIIIème siècle, les Fables d'Ésope, puis de la Fontaine, Don Quichotte, les contes de Perrault servent de base à des parcours originaux.
C'est Henry d'Allemagne qui, en 1950, initia, en France, la première tentative de classement. Il est aujourd’hui compliqué de se procurer son livre, qui fait référence en la matière.
Une dernière information, les collectionneurs de jeux de l'oie sont appelés « ocaludophiles ».
 
Petit rappel des règles pour jouer au jeu de l’oie : 
 
La règle de base est toujours identique. Le jeu se joue avec 2 dés. 
Un premier jet de dé décide de celui qui va commencer. 
L'oie signale toujours les cases fastes disposées de 9 en 9. Personne ne peut s'arrêter sur ces cases bénéfiques : il faut alors relancer les dés.
Qui fait 9 au premier jet, ira au 26 s'il l'a fait par 6 et 3, ou au 53 s'il l'a fait par 4 et 5.
Qui tombe à 6, où il y a un pont, ira à 12.
Qui tombe à 19, où il y a un hôtel, se repose quand chacun joue 2 fois.
Qui tombe à 31, où il y a un puits attend qu'on le relève.
Qui tombe à 42, où il y a un labyrinthe retourne à 33.
Qui tombe à 52, où il y a une prison attend qu'on le relève.
Qui tombe à 58, où il y a la mort, recommence.
Le premier arrivé à 63, dans le jardin de l'oie, gagne la partie, à condition de tomber juste.
 
Il existe un lieu fabuleux pour les amateurs : le Musée du jeu de l'oie à Rambouillet
VOICI DE LA DOCUMENTATION SUR LE SUJET : 
 Giochi dell'oca e di percorso (Jeux de l'oie et de parcours) par L.Ciompi et A.Seville
Jeux nouveaux, jeux renouvelés article de Thierry Depaulis sur le site de la BnF
Le Noble Jeu de l'oie en France de 1640 à 1950 par H.d'Allemagne. Editions Grund. 1950
L'Histoire de France racontée par le jeu de l'oie par Alain Girard et Claude Quétel. Editions Balland / Massin. 1982
Thierry Depaulis, Sur la piste du jeu de l'oie, in Le Vieux Papier, Paris, fascicule 345, octobre 1997 
http://www.giochidelloca.it/storia/tourdumonde.pdf

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