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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Malaxeur à beurre

Autour du beurre et du fromage
Faire son beurre autrefois en Normandie
Autrement nommé « pétrisseur à beurre », « essoreuse à beurre », « chasse-beurrée »…
 
Le malaxeur à beurre est un instrument servant à extraire le babeurre et de le rendre plus homogène. Cette action permet de pouvoir conserver plus longtemps le beurre ainsi « essoré ».
 
Le malaxeur à beurre est constitué d’une épaisse plaque de bois, le plus souvent en demi-cercle, parfois en cercle complet, plus rarement en ligne, comme celui présenté ci-dessous. Le plan est légèrement incliné, à fond rainuré et à hauts rebords. Sur un bord extérieur de cette plaque, vous pourrez voir une charnière fixée qui permet d’actionner un pilon de bois de forme tronconique cannelé, pourvu d’une belle manivelle. Comme moi, vous noterez qu'il affecte la forme d'un parapluie fermé, mais tout en bois ! Le bord extérieur du plateau est doté d’une crémaillère et le pilon d’un engrenage. En faisant tourner la manivelle, le plateau tourne et le pilon tourne sur lui-même. La manivelle roule horizontalement et une pâle adjacente au pilon de bois rabat le beurre au centre pour qu’il soit de nouveau brassé.
 
Au-dessus de cet ingénieux système, une fontaine prend place. Elle permet d’arroser le beurre fraîchement malaxé, d’un fin filet d’eau fraîche. En actionnant la manivelle, le beurre est malaxé et lavé en même temps. Il est ainsi débarrassé de son babeurre ou petit lait, matière qui fermante rapidement et fait rancir le beurre.
 
Le malaxeur à beurre peut être constitué de deux pilons cylindriques cannelés, horizontaux, fixés dans un cadre et actionnés par une manivelle latérale, entre lesquels le beurre est pressé, puis recueilli dans un tiroir placé au-dessous.
Ces explications sont valables pour les modèles mécaniques, qui sont pratiques et permettent d’économiser temps et énergie.
Les modèles manuels sont plus rustiques et le pilon est uniquement actionné par l’huile de coude ! Certaines femmes plus « costaudes » travaillaient le beurre directement dans une jatte, un bol ou une  auge en bois avec une cuillère en bois.
Pour la confection du beurre, le barattage puis le malaxage doivent être réalisés à une température relativement fraîche, pour que la consistance du beurre soit impeccable.
 
Cette opération fastidieuse, que peu de personnes connaissent, s’appelle le « délaitage » et cela ne se fait qu’à l’eau claire et bien fraiche.
Elle se réalise environ deux heures après le barattage du beurre, car celui-ci doit se reposer pour atteindre l’homogénéité voulue.
Ce lavage peut très bien se faire dans une baratte.
Pour que le beurre ne colle pas dans cette manipulation, il faut passer tous les ustensiles à l'eau très froide avant de commencer, et même de temps à autre pendant le travail.
Le petit lait issu de ce malaxage était donné à consommer aux animaux, mélangé à leur pitance. Il ne leur était donné que lorsque le petit lait n’était pas aigre, sinon, passé, il pouvait les empoisonner et oui, ni plus, ni moins. Ce sont les porcs et la volaille qui se régalaient de ce festin.
 
Sources pour cet article :
Objets civils domestiques, C.Arminjon et N.Blondel,  p.74
http://www.bmlisieux.com/normandie/beurre.htm 

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