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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Marotte

Objets pour les dames
Marotte ancienne, photo Expertissim.com
Qu’est ce qu’une marotte ?
Il existe plusieurs définitions pour le mot "MAROTTE" et toutes ont un lien avec la tête.
Une "marotte" est une tête de mannequin dans l'univers de la mode et de la coiffure.
La "marotte", c’est l'attribut des fous du roi. Il s’agit d’un bâton au bout duquel est attaché une figurine burlesque, qui doit faire rire.
Cette définition de la marotte regroupe d’ailleurs tous les sceptres faits d'un bâton, surmonté d'une tête de poupée.
Pour les linguistes, les mots "marotte", "marionnette" et "mariole" (cf : faire le mariole) ont donc des origines similaires.
La "marotte" est aussi synonyme d’idée, d’obsession, de dada, de manie.
En outre, le prénom "Marotte" est le diminutif de "Marie", d’où la "marotte" étant par extension le visage de LA femme, simple, virginal et reconnaissable entre tous.
 
Pour finir, notre "marotte" ici concernée est un buste représentant une figure féminine sur lequel les coiffes et les bonnets sont fixés afin de ne pas s’abîmer et de ne pas se froisser.
Les marottes servaient aussi aux modistes comme gabarit pour réaliser les coiffes.
Certaines marottes en grès possèdent une large ouverture cintrée, souvent traitée comme une bouche stylisée, dans laquelle la repasseuse introduisait des braises pour repasser les coiffes et bonnets.
Bref tout se passe dans, par ou sur la tête !
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Les marottes sont apparues dès la seconde moitié du XVIIIème siècle.
Ce sont alors des bustes féminins réalisés en carton bouilli peint et laqué pour préserver le décor, qui représentent un visage et buste de femme.
 
Les visages peints ont la particularité d’être simples et toujours plus ou moins similaires.
Des yeux, des sourcils en forme d’une ligne courbe, une bouche rouge fermée et un peu pincée, un bandeau de cheveux souvent noirs au sommet du front et qui ne recouvre pas la totalité de l’arrière du crâne. Et parfois une petite coquetterie comme un grain de beauté.
Le décolleté est toujours habillé, en simulant des vêtements et des petits rubans noués. Le cou est dégagé ce qui permettait d’y nouer de vrais foulards ou de vrais rubans, mais aussi des cols et ainsi que d’y fixer des bijoux.
Sur certaines marottes, il y a des motifs peints juste au dessus de la poitrine : il s’agit souvent d’une ou plusieurs petites fleurs polychromes.
 
Les marottes de modiste se reconnaissent par les bandes de peau qu’elles portent autour du visage et à la naissance du cou. Elles permettaient à la couturière de piquer ses aiguilles afin d’ajuster sa réalisation.
Pourtant tous différents, les traits relativement fins de ces visages toujours lisses et dépouillés ne permettent pas d’identifier quelqu’un. C’est un visage passe partout !
 
Ces têtes ont un côté naïf et enfantin qui leur confère un charme et une présence indéniables.
Les marottes sont en carton bouilli pour un grand nombre.
 
Quelques unes ont une âme de bois recouverte de carton bouilli.
Les marottes en carton étaient fabriquées à Paris, notamment chez deux fabricants, les "Ets Paindebled" et "Danjard", puis diffusées en province.
Les autres sont plus rustiques et de production locale.
Elles sont en bois tourné et/ou sculpté. Lorsqu’elles sont en bois, elles sont rarement polychromes. Les yeux, le nez et la bouche sont alors sculptés.
 
Dans les Deux Sèvres, certaines marottes sont en grès tourné. Elles sont très basiques : deux yeux, une bouche, un nez et une ouverture un guise de prise. Les poteries sont originaires de La Guérinière, près de Ménigoute ou ceux de La Pagerie, près de Vasles. Cette ouverture permettait en outre de ranger les épingles qui permettaient de fixer la coiffe et servait aux modistes de rangement pour les outils nécessaires à la fabrication de celles-ci.
 
Une marotte en carton bouilli mesure entre 35 et 40 cm de haut.
Une marotte en grès tourné mesure à peu près 30 cm, comme celles en bois.

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