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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Montre de berger

Objets de la vie pastorale et agricole
Berger en Provence autrefois
Un cadran de berger est un cadran solaire portatif, positionné dans le sens de la hauteur et permettant de lire l'heure sur une surface verticale.
 
Les anciens l’appellaient aussi « montre de berger ». Son nom provient directement de son utilisation par les bergers des Pyrénées. Très utilisés pour cause d'éloignement des villages et donc de la cloche indiquant l'heure, les bergers se servaient d'un tel objet durant la transhumance et l'emmontagnement des troupeaux.
 
Ce modèle de cadran solaire particulier est constitué d´un cylindre mesurant une dizaine de centimètres de hauteur sur lequel figurent des courbes horaires (variables suivant les saisons et dépendant de la latitude) et d'une lame métallique (gnomon ou style) qui, pendant le transport du cadran, est rangée à l'intérieur du cylindre et qui, pour son utilisation, doit être placée en position verticale, fixé sur un bord du cylindre.
 
Le cylindre peut être en bois, souvent du buis ou en métal. Les graduations sont soit imprimées sur un papier fixé sur le cylindre, soit gravées directement sur celui-ci.
 
La montre de berger est surmonté d'un chapeau tournant équipé d'un gnomon perpendiculaire au corps cylindrique. 
 
Pour lire l´heure, il faut procéder en 3 temps et faire quelques manipulations. On reprend donc!
En lire plus
Dévisser la boucle supérieure, puis ôtez le chapeau support de style. Sortir le style du corps de la montre, qui est creux. Remettre le chapeau, puis le revisser grâce à l'anneau supérieur, sans le bloquer. Loger le style dans le trou du chapeau, prévu à cet effet. Tourner le chapeau avec son style de manière à faire coïncider ce dernier avec la graduation du jour de la mesure. Bloquez l'anneau. Prendre l'anneau entre le pouce et l'index et laisser pendre le cadran. Orienter celui-ci face au soleil de manière à obtenir une ombre bien verticale. Puis, faire tourner la lame sur le dessus du cylindre de façon à ce qu'elle soit située en face de la date du jour. Tenir le cylindre bien verticalement (certains modèles disposent d'un fil permettant de le suspendre, comme on le fait lorsque l'on tient un fil à plomb). Enfin, il faut orienter le cylindre vers le soleil, de manière à ce que l'ombre de la lame soit verticale et aussi mince que possible.
 
L´extrémité de l'ombre de la lame sur le cylindre se trouve alors sur une courbe horaire correspondante à l´heure solaire. Petit rappel : pour obtenir l'heure légale officielle, n’oubliez pas qu’il faut ajouter +1h en hiver et +2h en été.
 
Le signe zodiacal est aussi donné par l'extrémité de l'ombre du style, sur certaines montres.
 
Un cadran de berger est conçu pour une latitude donnée. Il ne donne donc l'heure que si l'on ne s'éloigne pas trop du parallèle correspondant.
 
Son principe d'utilisation est très ancien : un modèle similaire a été retrouvé à Este près de Padoue (Italie) et remonte au premier siècle de notre ère. Son principe de fonctionnement est redéfini au XIème siècle par le moine allemand, astronome et mathématicien, Hermann der Lahme (Hermann-le-Boiteux ou le-Perclus, 1013-1054) et il semble avoir été d'un usage fréquent aux XIème et XIIème siècles et ce type de cadran était sans doute utilisé dès le VIIème siècle dans les monastères. Ce type de montre fût employé partout en Europe.
 
Elle a ensuite été adoptée par les bergers des Pyrénées (d’où son nom) au début du XXème siècle, mais existe des modèles français antérieurs.
 
AUTRE SOURCE TRES INTERESSANTE : 
 
« Le cadran solaire a été décliné sous de nombreuses formes y compris des modèles portables à l’usage des voyageurs ou des bergers. 
Lorsqu’on tient entre deux doigts le cordon qui permet de le faire penduler, tel un fil de plomb se lit d’est en ouest. Chaque cadran solaire est calculé pour une latitude, souvent pour le 45ème nord. Ce type de cadran est dit de hauteur, c’est-à-dire que le calcul de l’heure est basée sur les variations de hauteur du soleil. 
Il existe de très astucieuses montres pliables, car le stylet se déplie comme une lame de couteau de poche. Dans le cabochon de cette petite quille, se cache le style, une fragile lame métallique qu’il faut déplier à l’horizontale afin que son ombre portée puisse indiquer l’heure sur la table. 
 
Puis, il faut faire une mise au point, en tournant le chapeau autour de l’axe central, il s’agit d’amener le style au –dessus de la date du jour, qui se lit à la base du fut, ou l’on trouve les initiales des mois. Chacune est subdivisée en 3 décades, ce qui donne 18 parties égales. Cette division annuelle couvre deux fois six mois, une même verticale servant deux fois pour des dates symétriques par rapport aux solstices d’été ou d’hiver. 
 
Cette opération terminée, on oriente le style en direction du soleil. Son ombre doit se projeter verticalement sur la colonne. Pour une meilleure lecture, il est préférable d’attendre que l’ombre du style coïncide avec une ligne horaire. Ces courbes horaires sont numérotées en deux rangées verticales de chiffres : celles du matin de haut en bas jusqu’à midi et celles de l’après-midi qui remontent. Le bout de l’ombre indique l’heure solaire vraie du lieu. 
Il ne faut pas oublier d’ajouter les deux heures supplémentaires durant l’été. » 
 
« Très populaire dès le XIème siècle, l’usage de cet ancêtre de la montre était il y a encore peu de temps, très courants chez les bergers des Pyrénées. 
L’évaluation de l’heure présente une grande importance pour l’homme. Aussi le précieux cadran solaire était-il conservé dans un écrin de cuir ou de bois. 
Même dans sa fabrication la plus sobre, en buis tourné, il reliait voyageurs et bergers à l’observation de la nature et aux mouvements des astres. 
Gravées sur le fût du cadran, la succession des mois rappelle l’évolution annuelle du globe terrestre autour du soleil. 
Les techniques utilisées par les facteurs de cadrans varient selon leur dextérité : le diagramme peut être gravé ou peint sur le bois, voire imprimé sur du papier collé et vernis, pour les cadrans fabriqués en petites séries, on y joint alors parfois une notice. Symboles des constellations, les douze signes du zodiaque complètent parfois l’ornementation et des inscriptions sont souvent calligraphiées : dates, lieu, devises et blasons, signature du cadraniers ou du propriétaire. 
Ces précieux garde-temps furent bien longtemps l’apanage des princes et des cours royales qui avaient chacune leur astronome-horloger. » 
 
Extrait de la revue Alpe 97-98, édition Glénat, Musée Dauphinois, tome 1 gens de l’Alpe., sujet rédigé par Jean-François Dana et Christiane Guichard. 
 
Une montre de berger se vendait pour 5 francs à Paris en 1849 !
Aujourd’hui, on n’en trouve plus à ce prix-là ! 
 
 
 
POUR EN SAVOIR PLUS 
 
- « les montres solaires de bergers dans les Pyrénées », P.Claracq, bulletin de la Société Ramond, 
1998, n°133, pp 71-112, ISSN 1153-8015 
La description et le principe des montres solaires pyrénéennes sont décrits, ainsi que leurs défauts et leurs imprécisions 
 
Site internet consulté : 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cadran_de_berger  
http://www.nathalie-javaloyes.weonea.com/page/13833 
Voilà le site d'une personne qui en fabrique encore. 

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