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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Parilla

Croyances et coutumes
Le veuve au Pays-Basque, photo issue du site http://bazkazane.blogspot.fr
La parilla est une planchette de bois sur laquelle s'enroule une cire de deuil.
La parilla est donc le support pour stocker et faire brûler ces très longs cordons de cire. C’est un élément très important dans le culte des morts.
Ce type d’objet provient généralement du Pays-Basque mais vous en trouverez aussi de l’autre côté de la frontière espagnole. Au Pays Basque, ce support de bois prend le nom d’ « argizaiola vasca ». Étymologiquement, ce mot est formé par les termes « argizaia » qui signifie « cire » et « ola » traduit par « table », qui ici, prend un sens de « tablette ».
Dans les régions espagnoles voisines, son nom castillan est « cerillero de difuntos », soit en français « cire des âmes » ou « cire des défunts ».
 
Habituellement sculptées en hêtre ou en chêne, les parillas sont décorées de différents motifs sculptés, différentes représentations ainsi que des monogrammes.
La qualité de la sculpture qui orne la planchette de bois est représentative de la qualité de la famille qui est en propriétaire. Plus le décor est somptueux, plus la famille est aisée.
 
Au Pays-Basque, les parillas s'allumaient pendant toutes les cérémonies religieuses et ceci durant un an après le décès de la personne que la cire représentait. Elles étaient surtout utilisées le jour de la Toussaint, pour faire revivre l’âme du défunt, tout du moins montrer sa présence. La bougie restait alors allumée durant toute la célébration religieuse. Il fallait parfois retourner la parilla pour que la bougie puisse se consumer de l’autre côté de la tablette.
Ce type de rite met en avant un culte des ancêtres très prégnant dans la société basque. Celle-ci est, depuis toujours, très liée à ses prédécesseurs, non seulement d'une manière spirituelle, mais aussi sociale et économique.
L'importance de ces liens générationnels est représentée à travers le feu, signe de vie qui purifie et accompagne les morts.
Le feu, c’est aussi le foyer, signe de propriété. D’ailleurs, la parilla se transmettait car c’était un objet a forte fonction symbolique, malgré le fait que cela ait été un objet domestique.
 
Les croyances populaires leur ont aussi donné des usages de protection et de guérison.
 
Seules les femmes utilisaient les parillas car l’usage des cires de deuil leur était réservé car elles prenaient place dans la nef de l’église alors que les hommes se tenaient dans les tribunes. L’emploi
des cires de deuil était, en outre, un excellent moyen d’éclairage de l’intérieur des édifices religieux basques, réputés pour être sombres.
Les hommes confectionnaient le cordon de cire, leur rôle s’arrêtait là. Pour les fabriquer, ils faisaient passer une cordelette de lin ou de coton dans un bain de cire chauffée, plus ou moins liquide. Une fois légèrement refroidi et mis au diamètre voulu, le cordon était enroulé sur la parilla.
Les parillas les plus anciennes datent de la fin du XVIème siècle et sont de forts témoignages ancestraux des rites funéraires et de la richesse spirituelle de la région.
 
Le Musée San Telmo de San Sebastián possède une collection de plus de 50 argizaiolas, dont certains datent de la fin du XVIe.
 
En 1964, l' ethnologue Luis Pedro Peña Santiago a écrit une monographie sur les parillas.

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