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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Pince à gants

Objets pour les dames
Pince à gants gainé de cuir, photo Ebay
Vous en trouverez encore bien souvent dans les vide-greniers, les foires à tout ou les braderies. Ces pinces sont faciles à trouver mais parfois, il y a un léger quiproquo au sujet de l'objet : il n’y a pas si longtemps, je suis tombée sur un vendeur, qui m’annonce, tout fier : « Ah ! Ma bonne dame, c’est une pince à cornichons ! »
J'adore ces grands moments de solitude... 
 
La pince à gant fût employée par les belles et autres élégantes pour détendre les doigts de leurs gants.
Mouillés, entortillés, neufs, un peu étriqués, et hop, la pince entrait en action. D’ailleur, elle s'appelle aussi « pince à ouvrir les gants ».
 
Il faut savoir que le cuir des gants d’autrefois était infiniment plus souple et plus fin que celui des gants d’aujourd’hui.
La paire de gants était un accessoire essentiel à toute femme, quel que soit son rang social. Les gants étaient de sortie pour de nombreuses occasions, même pour le petit peuple : messe dominicale, mariage, baptême, enterrement, mais aussi lorsque les femmes allaient à la ville ou à la foire régionale.
Ils étaient en cuir, en tissu, en dentelle, réalisés au crochet, … Mais seuls les gants en cuir méritaient une pince à gant.
 
La pince à gant est une belle pince en bois, souvent en hêtre. Les plus belles sont incontestablement en ivoire. Quelques-unes sont en plastique, simple imitation de l’ivoire. Les pinces sont toujours dépourvues de décors, parfois un élégant monogramme vient animer l’une des branches.
Ce type de pince mesure de 20 à 35 cm de long. Comme toute pince, elle est dotée de deux branches articulées entre elles, certaines par un ressort mais les plus élégantes par une demie-patte courbe qui agit comme un ressort, fixée sur l’une des pattes et qui vient rebondir sur l’autre. Les deux pattes sont reliées entre elles soit par une boule en bois, soit par un élément en bois en forme de balustre ou de petit champignon ou encore par une petite charnière métallique quasiment invisible. 
Le débattement d’ouverture est d’une faible amplitude : 5 cm tout au plus (mais bon, qui a un doigt de 5 cm d’épaisseur ?).
La partie « prise » ou « poignée » est large et arrondie alors que la partie qui s’insère dans les doigts est fuselée et s’affine nettement pour ne pas endommager le gant.
 
La pince peut élégamment prendre place dans un nécessaire composé d'un crochet à bottine, d'un polissoir à ongle, d'un chausse-pied, d'une brosse, d'un miroir, … Ce nécessaire, quel que soit sa composition, était contenu dans une boite en bois dont l’intérieur était de tendu de joli tissu, bref, c’est ce qui s’appelle un « écrin ».
 
Et pour les sceptiques : la pince à cornichons possède des petites dents ou rainures parallèles à l’extrémité de ses branches, de manière à saisir le légume sans le laisser tomber.

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