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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Plaque muletière

Outils et instruments des métiers d'autrefois
Plaque muletière XVIIIème siècle, laiton embouti, photo Auxerre Enchères
Très bel objet d’Art Populaire, la plaque muletière est souvent méconnue.
 
Les plaques les plus anciennes dateraient du XVIème siècle.
La plaque muletière servait à relier les diverses pièces du harnachement des mules. C’est aussi un attribut décoratif et personnalisé qui permet l’identification du cheptel.
Les plaques sont soit attachées sur le front de l'animal, permettant un mouvement de la plaque lors de la marche de la bête et ainsi créer des jeux de lumière, des reflets, des refléchissements. En paire, elles sont fixées sur les côtés, de part et d'autree. Elles servent aussi d’œillères.
Elles ont une attache au sommet (souvent aujourd’hui cassée ou disparue) et celles-ci étaient percées en haut, sur le côté droit et le côté gauche, trous dans lesquels passaient des chaînettes ou des courroies qui contribuaient aussi à l’ornementation de l’animal.
 
Ces plaques sont presque toutes en cuivre ou en laiton.
Chaque plaque a un diamètre de 15 à 18 cm.
Les plaques muletières sont rondes, d’où leur autre nom « Lune ». Elles sont généralement plates. Il arrive parfois qu’elles soient bombées ou cintrées.
En tous cas, elles sont toujours décorées!
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La gravure est réalisée à la pointe ou au ciseau permettant la réalisation d’un motif fin et précis. Le décor peut être travaillé en repoussé. Quelques petits motifs, les fleurs de lys par exemple, sont quant à eux estampés.
 
Les décors les plus courants sur de telles plaques sont des armoiries, des phrases fantaisistes, telles que « Jaime le lis jaime la rose » (sic) ou bien « Jaime Marion jaime son non » (sic), des animaux, des angelots, des représentations de Saint Eloi, saint patron et protecteur des muletiers…
Elles constituaient ainsi un support privilégié pour la personnalisation et de la distinction du muletier, de ses mules et de son convoi.
Les plaques muletières étaient réalisées par les selliers, qui appartenaient de la même confrérie que les fondeurs.
En tant que signe distinctif, elles incarnent l’un des symboles les plus fort de l’ancienne corporation des convoyeurs.
 
Les muletiers assuraient, comme dans d'autres zones de montagne en France, le transport des marchandises.
Croisement de la jument et de l'âne, le grand mulet est bien plus résistant que le cheval. La région du Gévaudan était productrice réputée de mulets.
Et c’est normalement des régions du Velay, du Vivarais, du Gévaudan, de la Savoie, de la Provence et du Béarn que proviennent les plaques muletières.
Ces véritables caravanes animalières étaient repérables de loin, tant grâce aux reflets du soleil sur les plaques, qu'au son des nombreux grelots et clochettes accrochés aux colliers, rênes et autres courroies.
 
Le muletier était un personnage respecté. Véritable agent de liaison entre les territoires, il était propriétaire de 6 à 25 bêtes entretenues et harnachées.
 
Les plaques muletières sont les vestiges d’une activité disparue sous la forme pittoresque des convois de marchandises.

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