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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Plat à matafan

Céramiques régionales
PLAT A MATAFAN provenant de Bellevaux, photo MEG, Genève
Le "plat à matafan" est un contenant, type grande assiette ou plat de présentation, à léger rebord et dont le diamètre est généralement supérieur à 30 cm.
 
Le « matafan » ou « matefaim » est, comme son nom l’indique, une recette très nourrissante, voire même roborative.
Il s’agit d’une très ancienne recette paysanne qui se retrouve sur l'ensemble du territoire de locution du franco-provençal, aussi bien dans le Forez qu'en Savoie.
 
« Matafan » est un mot franco-provençal qui n'a pas été francisé et dont la traduction littérale serait « mate-faim ». Dans certaines régions de langue franco-provençale (le Lyonnais et la Loire notamment), le nom a été francisé en « matefaim ».
 
Dans le nord de l'Ardèche et certaines parties du Jarez, vous trouverez aussi le mot « crique » pour nommer ce plat.
 
Originellement, il s'agissait de galettes de pommes de terre qui étaient préparées par les paysans et mangées tôt le matin pour leur permettre de tenir jusqu'au repas lors des travaux des champs.
 
Il est traditionnellement confectionné en Haute-Savoie à base d’œufs, de farine, d’eau ou de lait, auquel on ajoute parfois du lard, des herbes ou du fromage.
 
Aujourd'hui, le « matefaim » est encore servi comme accompagnement de plats.
 
La recette a aussi été adaptée version sucrée en remplaçant les pommes de terre par des pommes et en enrichissant la pâte de sucre, de levure et de sucre vanillé, parfois aromatisée au génépi, ce qui la rapproche d'une classique pâte à crêpe.
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Revenons au sujet qui nous intéresse : le plat.
 
Il s’agit d’un plat rond en terre cuite vernissée, dont les bords légèrement remontants sont soit lisses soit festonnés.
Il est souvent plat, parfois légèrement profond.
Le fond est souvent jaune parfois ocre, plus rarement vert, orné de décors simples ou géométriques, avec une guirlande de fleurs sur le marli.
Au centre, se trouvent différents décors, qui agissent un peu comme des cartes de visite, car ils permettent d’identifier la fabrique qui les a crées.
Ainsi, vous verrez peints cerfs, oiseaux, coqs, lièvres bondissants, biches, mais aussi des patronymes, des sentences ou des inscriptions avec des dates, …
Les décors floraux ne sont pas négligés : ils sont faits de fleurs locales comme la pyrole, le coquelicot, les clochettes, les tulipes, ou encore de fleurs imaginaires, soit stylisées soit au naturel.
Les décors sont réalisés au barolet ou à l’éponge.
 
Beaucoup de ces plats sont issus du Chablais et plus précisément de Bellevaux ou de Marclaz.
A Bellevaux, les plats souvent sont dotés d’un socle à leur base.
 
Les plats à matefaim sont souvent en bon état, sans doute, ménagés par les femmes qui pouvaient les avoir reçus en cadeau de mariage.
Le plat était préparé dans une poêle noire et le plat était mis sur la table, dans les plus belles pièces de poterie savoyarde que possédait le foyer.
 
Les informations de cet article sont issues des sources suivantes :
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Matafan
-« Poteries domestiques de Savoie », par Anne Buttin et Nicole Pachoud-Chevrier, Editions le Vieil Annecy, 2007
 
LA TOTALITE DES PHOTOGRAPHIES REPRODUITES CI-DESSOUS PROVIENNENT DU SITE DU MUSEE D’ETHNOGRAPHIE DE GENEVE :  
http://www.ville-ge.ch/meg
Tous ces plats et les nombreux autres qui composèrent une infime partie de la collection Amoudruz sont tous visibles sur le site du musée. A VOIR !

Galerie photos