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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Porte-dîner

Objets de la vie pastorale et agricole
Porte-dîner double, photon Webmuseo
Tout honnête travailleur travaille encore mieux le ventre plein!
 
Un porte-diner est un récipient servant à stocker et transporter son déjeuner aux champs ou sur tout autre lieu de travail.
Finalement, si on y regarde bien, le porte-dîner est l’ancêtre du fameux "Tupperware" !
Comme il est son aïeul, il est forcément plus « rustique » : il est en bois, en terre vernissée, en grès, en aluminium, en fer blanc ou en étain.
 
C’est un contenant toujours muni d’un couvercle et d’une ou deux anses.
Le porte-diner peut être constitué par un contenant seul, mais aussi deux ou trois récipients accolés ou superposés. Il est toujours à fond plat et se trouve dans une grande variété de dimensions identiques ou non.
 
Seuls les récipients en bois ou en métal sont en nombre supérieurs à 2 et peuvent se superposer, se visser ou s’emboiter les uns au-dessus des autres. Dans ce cas, ils sont généralement munis de deux brides symétriques qui se glissent dans un passant fixe de part et d’autre de chaque gamelle. Cette courroie sert d’anse et maintient le tout bien fermé lors du transport.
Certains autres modèles sont dotés d’une anse supérieure fixe ou mobile, en plus de la sangle de maintien des gamelles entre-elles.
 
Le couvercle est toujours circulaire. Il est souvent doté d’un petit anneau ou d’un petit bouton situé sur l’aile du couvercle qui permet de le saisir. Ce détail du bouton vaut pour les porte-diners en céramique et en étain. Un grand nombre d’entre eux possèdent un bouton de prise central et plat, plutôt large : il constitue un petit pied stable lorsqu’il est retourné en écuelle.
Et oui, vous ne l'avez peut-être pas remarqué mais une fois retourné, le couvercle devient une assiette et est utilisé comme telle.
 
Les attaches d’anses peuvent être décorées ou ornées de motifs rapportés, comme des têtes d’angelots, par exemple.
L’intérieur des porte-diners en terre vernissée est toujours émaillé : le contenant ne doit pas être poreux car il peut contenir soupe, potage, sauce, ...
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Le porte-dîner d’autrefois tenait bien difficilement le repas au chaud. Ceci explique que certains modèles à compartiments superposés, le récipient inférieur du porte-dîner pouvait contenir de l’eau chaude pour maintenir les aliments chauds ou au moins tièdes. Cette forme de porte-dîner est directement inspirée par les porte-dîners chinois.
 
Le porte-dîner pouvait être enveloppé dans une doublure en vannerie comportant parfois un réceptacle latéral pour une bouteille. Il pouvait aussi prendre place dans un panier à couvercle plat, doté d’une charnière au centre, permettant d’ouvrir le couvercle en deux parties égales, l’un des bords étant échancré pour le passage d’une bouteille.
 
Cet objet se nomme aussi « porte-manger », « potager », « pot des champs », « bedon », « bergère », « pot à soupe », « porte-soupe », « écuelle des champs »… Que de poétiques qualificatifs !
 
La « boite de champs » (autrement nommée « boite à beurre », « boite à fromage », « boite de moissonneur ») est un porte-dîner en bois, en forme de boite, de dimensions variées, plus ou moins sphérique, à couvercle vissé, dépourvu d’éléments de prise. Cette boite peut être composée de plusieurs réceptacles superposés, emboîtés et vissés les uns sur les autres.
 
Le porte-dîner s’appelle encore « pornier ». Ce mot est un mot-valise constitué par la compression
de « porte » et « dîner ». Ce mot s'employait dans le Poitou, la Saintonge, l’Aunis. Il est défini comme un « vase en fer-blanc formé de deux compartiments qui s'enchâssent l'un dans l'autre et dont on se sert pour porter la soupe et le dîner à ceux qui travaillent au loin dans les champs ». En Touraine, le « pornier » pouvait être en terre ou en bois.
Certains porte-dîners sont aussi joliment appelés «déjeuners de bergère ». Ils sont composés de deux petites gamelles côte à côte, l’une pour la soupe, l’autre pour d’autres aliments solides.
 
Les porte-dîners sont très recherchés, aujourd’hui, par les amateurs et collectionneurs d'objets d'Art Populaire. Les modèles en étain, en terre vernissée, en bois sont plus traqués que les autres, ainsi que ceux comportant deux ou trois gamelles accolées les unes aux autres. Les porte-dîners en alu et en fer blanc sont, quant à eux, de plus en plus recherchés, après une période de parfait dédain, la matière, jugée peu noble avait alors freiné les collectionneurs.

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