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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Rondeau à hosties

Art religieux
La découpe des hosties, photo le Carmel de Lisieux
Bon, il faut être honnête, il n’y a pas grand-chose à dire sur les rondeaux. 
Mais, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas découvrir cet objet, ni même s’y intéresser.
 
Le rondeau est un emporte-pièce, qui sert à découper très proprement les hosties, conformément au dogme religieux.
Cet outil est pourvu d’un manche en bois tourné, qui peut être joliment travaillé, au bout duquel se trouve un cercle métallique évidé. Il est maintenu au manche par deux pattes métalliques, qui se fichent sur les bords du cercle et sur une douille à emmanchement (cercle métallique qui épouse la base du manche).
 
Il existe différents diamètres de cercles pour la coupe, toutes les hosties ne mesurant pas la même taille. Cependant, les cercles de coupes ne s'intervertissent pas : il faut posséder différents rondeaux, chacun avec son manche.
Vous pourrez aussi les trouver sous le nom de « découpoir à hosties » ou "emporte-pièce à hosties".
Il existe un second type de rondeau : il est mécanique. Il s’agit d’un emporte-pièce qui fonctionne par pression du manche. Vous en verrez une photo ci-dessous.
 
Comme c’est à peu près tout ce qu’il y a à dire, je vous propose de mieux connaitre ce petit morceau de pain qu'est l'hostie.
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HISTOIRE DE L'HOSTIE
 
L’une des premières peintures murales représentant le pain eucharistique fût découverte dans les catacombes de Saint-Calixte : elle date du IIIème siècle.
 
L'hostie, dans les rites liturgiques chrétiens, est le pain sans levain que l'officiant consacre pendant la célébration de l'Eucharistie, pour le partager avec les fidèles au cours de la Communion.
Le Christianisme connait, comme d'autres religions, la notion de sacrifice et d'offrande au dieu mais à la place de l'immolation d'une hostia (victime) constituée souvent par un animal, il utilise le pain pour représenter le corps de Jésus-Christ, victime « après laquelle nulle autre ne doit plus être immolée », pendant la messe, au moment de la consécration.
L'hostie fut initialement appelée « oblata », « oiste » en ancien français, « oublie », « pain d'autel », « pain à chanter », « pain des anges », « pain de communion », « agneau », « nebula », « neulle » et « nieulle » (en Flandre).
Finalement, le pain destiné à la consécration a gardé ce nom de « hostie ».
 
L’hostie est d’abord d’un pain ordinaire dont les fidèles font l'oblation volontaire, offrande qui devient obligatoire au VIème siècle après le deuxième concile de Mâcon. La totalité du pain apporté par les fidèles n'est pas utilisée pour la consécration. Ce qui reste est béni, prend le nom « d'eulogie » et est distribuée aux personnes qui n'ont pas communié le jour même. Les catéchumènes, les pécheurs connus et reconnus et les concubines des clercs sont exclus de la distribution. On prête aux eulogies la vertu de fortifier le corps et l'esprit contre les maladies.
 
Plus tard, l'hostie est faite d’un pain sans levain, spécialement préparé pour la messe. Le seizième concile de Tolède décide en 693 que le pain qui va être consacré doit être petit, entier, propre et fabriqué expressément pour cet usage.
Jean Mabillon écrit dans « De azymo » qu'on utilise des fers pour mouler les hosties dès le IXème siècle pour les faire plus petites et plus nettes.
Ce sont donc des femmes vouées au service de l'église qui les confectionnent.
Dès le XIIème siècle, l'hostie est devenue une rondelle de pâte cuite entre deux plaques de fer, tout comme l’est l’oublie confectionnées par les oubloyers (ou oublieurs) qui, eux, ont le droit de fabrication, alors que les pâtissiers ne l'ont pas. Ce produit forme, d’ailleurs, une part considérable de leur commerce.
Les statuts de la corporation, précisent en 1406 que les oubloyers, qui peuvent pâtisser les oublies en tant que pâtisserie pour le public, ne peuvent fabriquer de « pain à célébrer en Église ».
 
Les hosties sont souvent enjolivées. Les décors imprimés en relief dans la pâte, sont réalisées par le décor en creux des fers. On y voit alors les monogrammes IHS et IHC ou des scènes religieuses comme, par exemple la Cène, la Flagellation, la Crucifixion, etc…
Voici les étapes de la fabrication de l'hostie par les moines, telle qu'elle s'est pratiquée dans les monastères jusqu'au XVème siècle : tri des grains, un par un, séchage au soleil, moulage entre des meules lavées, pétrissage de la fleur de farine avec de l'eau froide sur une table à bords relevés, cuisson de six hosties à la fois dans les fers sur un feu clair, découpe des hosties avec un rondeau avant dépôt dans un plat couvert d'un linge blanc.
Cette fabrication se faisait lorsqu’on en avait besoin, mais surtout avant Noël et Pâques.
Après la Révolution française, les oublieurs français perdent le commerce des hosties, fabriquées désormais par les religieux, notamment par les Clarisses et les Carmélites qui deviennent les plus gros fournisseurs en France.
 
L’hostie faite de pain azyme prend peu de place et se conserve bien.
S'il reste des hosties consacrées après la communion, elles sont placées dans une pyxide ou dans un ciboire recouvert et rangé dans le tabernacle. S'il est impossible de les y placer, elles doivent être mangées par le prêtre ou par les fidèles.
Seules les hosties consacrées destinées à la communion des malades et placées dans une custode, ou celle qui est placée dans l'ostensoir pour une procession comme celle de la Fête-Dieu, peuvent sortir d'une église.
Petite anecdote : en 868, le concile de Worms recommande aux prêtres et aux évêques d’utiliser l’hostie dans le cadre de « l'ordalie », L'innocence d'un prêtre accusé est prouvée s'il avale sans difficulté une hostie consacrée.
 
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hostie

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