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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Saladier à l'arbre d'Amour

Céramiques régionales
Saladier à l'Arbre d'Amour, fin du XVIIIème siècle, Nevers
Superbe objet que voilà et en prime, il en fera sourire plus d’un !
 
C’est à Nevers, du milieu du XVIIIème siècle à la fin du XIXème siècle, que furent fabriqués ces saladiers, parfois appelés « jattes ». Généralement, les jattes sont une variété de saladiers moins hauts et souvent carrés aux angles.
Cette iconographie très drôle, dite à "L'arbre d'Amour", qui présente de nombreux hommes tentant d’échapper à des femmes semblant être prise d'hystérie, est cependant connue depuis le XVIème siècle, mais uniquement sur des gravures. Ce n’est donc que tardivement qu’elle fut reprise sur la céramique.
 
Ces saladiers sont tous dits « patronymiques » : ils font état des noms des mariés, accompagnés de la date de leur union. 
Vous y verrez aussi dépeint de manière très amusante, des femmes très occupées à dénicher les hommes perchés dans un arbre.
 
L’une tente de scier le tronc, l’autre d’appâter un galant avec une tabatière, une autre avec un chapeau, une autre encore tente de les faire tomber avec une perche ou une corde, une autre agile monte à l’échelle pour aller les attraper directement… Et ces messieurs semblent bien placidement assis sur leur branche, l’air de rien. Au milieu de cette scénette franchement amusante, un angelot, Cupidon, est juché en haut de l’arbre, prêt à décocher ses flèches.
 
C’est TOUJOURS la même scène qui est représentée, plus ou moins une petite variante, comme la présence du titre « l’arbre d’amour », accompagné d'un plus ou moins long texte situé sur l’aile du plat. Les couleurs changent aussi au gré de la créativité de l’artiste.
Le motif de l’Arbre d’Amour connaît un engouement exceptionnel tant dans le domaine de l’estampe que dans celui de la faïence. 
 
Les femmes tentent tout pour se dégoter un homme : soyons honnête, la femme se cherche un mari ! 
Entre séduction ou cadeaux, tous les stratagèmes sont bons, même s’y mettre à deux ! 
Et les textes qui accompagnent la scène sont toujours très croustillants! Ils oscillent entre le ridicule et l’amusant : « D’agréable manière - Recevés cette tabatière » ou « La charmante Isabeau - Lui présente un beau chapeau ». 
Sur l’aile, vous pourrez parfois lire les paroles d’un chant populaire, toujours sur le thème de l’Amour ou de la recherche de l'être aimé.
Dans la plupart des cas présentés, il semble que la séduction ne suffise pas : il est donc nécessaire de passer à des méthodes plus efficaces et directes.
Symboliquement, "l’arbre d’Amour" explicite le fait que les bons maris sont des oiseaux difficiles à dénicher... et en filigrane, que l'homme est supérieur à la femme, qui est sous l'arbre. Cette scène est clairement un coup de patte à l’égard de ces filles qui sont à la recherche d’un mari et tant qu'à faire d'un bon parti. Comme des dindes, elles sont prêtes à tout, même au ridicule.
 
En même temps, cette iconographie est assez avant-gardiste car elle donne aux femmes l’initiative de la conquête amoureuse.
Ce décor, tout comme celui « au pont de Nevers », est le plus célèbre des faïences populaires nivernaises appelées « faïences parlantes ». Ces pièces patronymiques millésimées, sans doute offertes à l'occasion d'une fête ou d'un anniversaire, jouissent tout au long du XVIIIème siècle, d'un grand succès.
 
Un tel saladier mesure, à la louche, 30/35 cm de large et environ 10 cm de haut.
Nombre de ces saladiers ont été accidentés et restaurés, avec des agrafes (restaurations anciennes) ou à la colle (restauration contemporaine). L’extérieur est souvent godronné.
Vu leur âge, ils sont nombreux aussi à avoir des égrenures ou des fêles.
 
Excellent investissement, je ne saurai que trop vous conseiller d’en faire l’acquisition, mais attention les prix grimpent vite !

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