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Sophie Sesmat,
spécialiste en arts
et traditions populaires
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Saute-ruisseau

Objets pour les dames
Saute-ruisseau, beau modèle ancien, photo Auction.fr
Un peu de poésie, de délicatesse et de coquetterie féminine... Voilà le sujet de cet article!
 
Le nom ne vous évoque rien ?
 
Un saute-ruisseau est une pince que les femmes accrochaient à la ceinture de leur jupe ou de leur robe et qui leur permettait de relever leurs jupes et jupons afin de ne pas les abîmer ou souiller lors du franchissement d’un trottoir. Idéal pour enjamber un obstacle, éviter la poussière, la boue, une flaque d’eau, le saute-ruisseau évitait bien des lessives!
 
La pince « saute-ruisseau » est reliée à une cordelette, un lien de passementerie, un ruban, une chaînette métallique ou un élastique qui est généralement fixé à un petit crochet. Ce crochet venait se positionner à cheval sur la ceinture. C’est un simplement un « clavier ».
L’autre mode d’accroche est plus rudimentaire : la femme nouait à son poignet l’autre extrémité du lien et n’avait qu’à lever le bras ou raccourcir le cordon avec sa main pour relever sa jupe.
Et plus rarement, un système de broche avec épingle à nourrice permettait de fixer l'objet et son ruban, toujours au niveau de la ceinture.
 
Le saute-ruisseau porte aussi le nom ravissant de « Suivez-moi jeune homme », car, de manière coquine, les jupes relevées des dames étaient peut être une invitation à de doux moments…
« Initialement, les « Suivez-moi jeune homme » étaient des rubans attachés sur les chapeaux des femmes, qui ondulaient sur la nuque et qui, par leurs mouvements gracieux, étaient une invitation aux jeunes gens à suivre leurs balancements puis à les saisir en retirant le chapeau de la dame. »
Informations issues du site : http://oliaklodvenitiens.wordpress.com/category/modes-et-couture
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Nos grand-mères les appelaient aussi plus communément « relève-jupe ».
Vous trouverez d’autres appellations, qui sont toutes fausses en terme de lexicographie, mais qui, explicite l’objet faute d’en connaître le nom exact : "pince à jupe", "trousse-jupon", "accroche-jupe", "page", …
Le "saute-ruisseau" date de la fin du XIXème siècle. Il s’en trouve d’ailleurs sur lesquels figurent des dates de la fin du XIXème siècle. Les historiens situent son apparition autours de 1870-1875.
 
Dans de vieux dictionnaires, vous pourrez trouver les définitions suivantes, pour lesquelles, les dates de parution sont intéressantes et permettent de situer l’usage et la période d’intérêt de l’objet :
« Relève-jupe n.m. 
1896 - «Relève-jupe mobile.» La Mode illustrée.
1904 - «RELEVE-JUPE n.m. invar. Petite pince dont les femmes se servent pour relever leur jupe [...] Système de bandes élastiques fixées à la ceinture et relevant la jupe au moyen de pinces.» Nouv. Lar. Illustré. »
Extrait issu du site : http://cnrtl.fr/definition/bhvf/retrousse-jupe
 
Il fut aussi utilisé lors du port du costume régional, ce qui montre sa large diffusion.
C’était un accessoire féminin incontournable dans les années 1880.
 
Ce qui est intéressant au-delà de l’objet pratique, c’est la décoration qui orne la pince.
Certains sont monogrammés et la fine ciselure du décor induit que l’objet a appartenu à une dame de qualité.
C’est typiquement ce genre de détail qui intéresse les collectionneurs, ainsi que la rareté du modèle et bien sur son état de conservation.
Il existe différentes qualités de réalisation, en métal plus ou moins précieux.
 
Techniquement parlant, le saute-ruisseau est une pince munie de deux pattes, dont les extrémités sont soit rondes et bombées, soit rectangulaires et légèrement rainurées. L’intérieur de certains patins est garni de patins de cuir ou de feutre.
Cela permettait de maintenir le tissu serré sans l’endommager.
Les pattes s’écartent par une simple pression manuelle comme pour une pince à escargots, pour les pinces les plus courantes.
D’autres systèmes d’ouverture existent, ils sont moins courants. Vous pourrez les découvrir sur les photos ci-dessous.
 
De nombreuses pinces ont perdu leur lien d’origine. Cependant vous regarderez attentivement, chacune possède un trou ou un anneau permettant l’accroche de ce lien.

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